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Éducation à la Défense et à la Sécurité nationale
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Sous la pression des attaques terroristes des années 2015/2016, le Gouvernement a décidé de renforcer l’Éducation à la Défense à tous les étages du système éducatif.

Les enseignants du primaire, du secondaire mais aussi du supérieur sont donc invités à prendre rapidement connaissance du dernier protocole interministériel - « Développer les liens entre la jeunesse, la Défense et la sécurité nationale » - promulgué le 20 mai 2016 (BOEN n° 26), et suivi d’une circulaire d’application (BOEN n° 43) en date du 22 novembre 2016 (1).

Ce nouveau protocole établi par les Ministères de la Défense, de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la recherche et de l’Agriculture, réalise et élargit une synthèse des précédents protocoles et partenariat. Il ne pourra mieux dire combien l’École est plus que jamais actrice de l’Éducation à la Défense, mais qu’elle est également une cible clairement désignée du terrorisme. À ce titre, trois exercices annuels sur le thème de l’intrusion armée ont été imposés dans le Plan Particulier de Mise en Sûreté (PPMS) de tous les écoles, collèges et lycées à partir de la rentrée 2016.

Il est à noter que le nouveau protocole insiste sur la formation des professeurs aux problématiques de défense et de sécurité (2).

__________

  1. Voir aussi les « Textes réglementaires ».
  2.  Cf. La fiche mode d’action I4 : «  La formation des enseignants  ».


Le 7e numéro du magazine de propagande de l’État islamique, Dar al-Islâm, appelle à s’en prendre à l’Éducation nationale au lendemain des attentats de Paris (novembre 2015)

 

63 600 établissements scolaires

Les établissements scolaires font partie des 6 catégories de cibles définies par le Gouvernement à partir de décembre 2015, consécutivement aux tueries de masse de Paris (attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan). Avec les médias, les centres commerciaux, les gares de transport, les lieux de culte et les bâtiments officiels, les 63 600 écoles, collèges et lycées sont désormais considérés comme des objectifs potentiels pouvant intéresser les terroristes islamistes. À ces derniers, l’action de tueurs schizophrènes (et non "fous") n’est pas non plus exclue.

Les motivations pouvant faire d’un établissement scolaire le lieu d’une tuerie de masse sont malheureusement multiples et ne relèvent pas de scenarii abstraits. Il existe des précédents, certes surtout aux États-Unis, mais il faut nous rendre à l’évidence sous peine de ne pouvoir anticiper un massacre. En effet, il existe aujourd’hui des constats objectifs qui posent la question « quand cela se produira-t-il ? » plutôt que « est-ce que cela se produira-t-il un jour ? »

Le premier constat est d’abord celui du nombre important d’établissements scolaires, qu’ils soient du premier ou du deuxième degré. Ce nombre et leur dissémination sur tout le territoire empêche d’emblée toute sécurisation active et permanente dans l’état actuel des moyens de la sûreté intérieure. La sécurisation ne peut donc être que passive en interne (filtrage, veille, télésurveillance…) ou, en externe, du fait d’équipes mobiles dont la présence et le passage restent aléatoires (1).

À cela, s’ajoute un deuxième constat : l’extrême diversité des sites scolaires. Leur superficie, l’architecture des bâtiments, leur configuration extérieure comme intérieure, le nombre de personnes (adultes/élèves) que l’on y trouve, l’environnement immédiat (centre-ville, milieu urbanisé ou rural), sont autant de caractéristiques qui peuvent s’avérer très différentes d’un établissement à un autre sur une même commune. Il ne peut donc y avoir que des Plans Particuliers de Mise en Sûreté (PPMS), et un groupe d’intervention devra rapidement intégrer dans sa Méthode de Raisonnement Tactique (MRT) les caractéristiques des écoles, collèges et lycées de son secteur. La connaissance des lieux à l’échelle locale la plus fine conditionnera la rapidité et l’efficacité de toute intervention.

13 000 000 d’écoliers, de collégiens et de lycéens

Le troisième constat touche à la nature même de l’objectif. Les établissements scolaires concentrent durant la plus grande partie de la semaine un nombre élevé de cibles potentielles à des heures régulières. Les populations scolaires sont normalement encadrées dans une enceinte fermée, souvent constituée de grilles et de grillages, dont l’expérience montre que l’accès reste relativement aisé. La convergence de ces deux facteurs que sont la concentration et l’enfermement sont en soi des préalables à une tuerie de masse.

La question du transport scolaire doit être aussi intégrée à cette analyse, car la concentration des effectifs scolaires se fait également en-dehors des établissements avant et après les cours. Durant les jours ouvrables des milliers d’élèves de tous âges empruntent des cars scolaires matins et soirs à des heures fixes. En zones rurales, ces cars scolaires peuvent utiliser de longs trajets, souvent sur des itinéraires peu fréquentés pouvant très bien faire l’objet d’une attaque, d’une interception ou d’une prise d’otages.

Des cibles à haute valeur symbolique

Le quatrième constat est celui de la nature cette fois symbolique d’une attaque à l’encontre de la population scolaire. Au-delà du massacre en lui-même, le symbole qu’il représenterait serait de loin bien plus important du fait des conséquences traumatiques infligées à la société. L’attaque de l’école juive Ozar Hatorah par Mohamed MERAH, le 15 mars 2012, fut un précédent sans en être véritablement un, car le massacre ne visait que la communauté juive. Si demain, une école, un collège ou un lycée public était pris pour cible, c’est l’ensemble de la société - et toutes les familles scolarisées du pays - qui se sentirait concerné. Il est même permis de penser que le traumatisme serait d’autant plus violent que les victimes seraient jeunes. L’attaque d’une école maternelle ou primaire n’aurait ni les mêmes conséquences (incapacité des élèves à fuir ou à se défendre) ni exactement le même retentissement médiatique que l’attaque d’un lycée. Il se pourrait même qu’un seuil de rupture psychologique soit atteint dans ce cas de figure.

La sensibilité médiatique d’une telle attaque serait immédiate, et ses répercussions seraient – dans l’heure qui suit - tout aussi immédiatement nationales si ce n’est internationales. Pour cela point besoin de frapper au centre de Paris. Une école isolée de province pourrait suffire et ce n’est pas ce qui manque. Dans une autre configuration d’action terroriste, sans que le principe ne diffère pour autant, l’attaque de Radouane LAKDIM (23 mars 2018) a bien montré qu’une petite ville provinciale de moins de 6000 habitants pouvait très bien faire l’objet d’une tuerie à fort retentissement.

L’autre dimension symbolique à ne pas négliger non plus, est qu’un établissement scolaire public reste, par essence, la représentation même de l’idée laïque haïe par les islamistes. Comment oublier qu’au lendemain des attentats de Paris de novembre 2015, l’État islamique avait incité les élèves musulmans à déserter les écoles françaises comme il avait aussi appelé à tuer les professeurs « mécréants » enseignant la Laïcité ? (2)

Les vulnérabilités de la communauté éducative

À ces constats objectifs il faut en ajouter un autre tout aussi fondamental qui - dans l’état actuel de la situation - ne pourrait qu’amplifier une éventuelle tuerie de masse dans un établissement scolaire. Car s’il est une institution qui se devrait d’être la matrice de l’Esprit de défense, c’est bien l’École qui paradoxalement à elle-même si bien abandonné son devoir de défense. De nos jours, tout est à construire en termes de culture de défense dans les établissements scolaires, et s’il fallait souligner l’impréparation – pour ne pas dire l’inconséquence si ce n’est l’inconscience - des communautés scolaires et éducatives face à la menace des tueries de masse, les exemples ne manqueraient malheureusement pas.

Il suffit pour cela d’observer l’absence de rigueur, de discipline, voire de sérieux, avec lequel les élèves, de manière générale, se prêtent aux exercices de sécurité. Combien d’entre eux savent se déplacer en silence, rapidement et en ordre dans les couloirs ? Combien savent faciliter l’appel de leurs professeurs sur leurs lieux de regroupement sans se mélanger avec d’autres élèves d’autres classes ? Combien savent réellement qui sont les personnes référentes en cas de crise ? Combien ont vraiment appris les gestes de premiers secours et savent où se situent la mallette d’urgence ou les défibrillateurs ? Combien ont tout simplement reçu une culture de défense ?

Jusqu’en 2016, la sécurité concernait essentiellement des Exercices Prévention d’Incendies (EPI) ou des Exercices Prévention des Risques (EPR). Ces exercices nécessitent déjà en soi un certain nombre de réflexes, sachant que les conduites à tenir et les lieux de rassemblement ne sont pas les mêmes selon que l’on doit réagir à un incendie ou à un confinement. Depuis 2016 est venu se greffer aux EPI et EPR un nouvel exercice obligatoire : l’alerte attentat/intrusion armée. 13 000 000 d’élèves de tous âges sont ainsi passés de la posture du risque à celle de la menace avec un exercice de loin plus anxiogène car plus imprévisible et plus complexe à mettre en œuvre.

Des années passées en collèges et en lycées amènent invariablement au même constat : l’absence d’une culture de défense au sein de la communauté éducative. Dans leur ensemble, les professeurs sont indifférents à cette culture comme à sa transmission, et ils n’en perçoivent ni l’importance ni l’urgente nécessité. Trop peu sensibilisés durant leur carrière, ils sont dans leur grande majorité quasi ignorants des enjeux de défense. Pire, une partie de la communauté éducative professe ouvertement son hostilité à toute introduction d’une culture de défense dans les écoles. Une posture essentiellement idéologique, héritière du sentiment anti-autorité et anti-armée des années 1960-1980, qui n’est pas non plus sans ramifications avec ce que l’on appelle désormais de nos jours l’islamo-gauchisme.

Quand on parcourt le « Plan de sécurité des écoles, des collèges et des lycées » (3), il est symptomatique de constater que sur les cinq niveaux d’action définis par le Ministère de l’Éducation nationale pour prévenir et faire face à une crise - les rectorats, les préfectures, les directions départementales de l’EN, les brigades de gendarmerie et les commissariats de police, les établissements scolaires –, toutes prévoient une cellule dédiée, un état-major ou, a minima, un référent sur la question à l’exception des seuls principaux intéressés : les établissements scolaires. Alors que ces derniers sont dans le même temps définis comme les objectifs potentiels du terrorisme islamiste ; alors que le constat de leur situation impose plus que jamais une souplesse opérationnelle ainsi qu’une importante marge d’initiative locale, il n’est même pas officiellement formalisée une structure spécifique, pas même un référent sécurité attentat par établissement.

Comme d’habitude tout est laissé à des directions d’établissement plus ou moins éclairées, psychologiquement inhibées, constamment contraintes administrativement, toujours débordées par les missions les plus diverses où, finalement, l’exercice attentat/intrusion n’est qu’une formalité administrative parmi d’autres. Dans ce contexte, qui pourrait reprocher quoi que ce soit à des élèves, qui ne sont, in fine, que le produit des démissions de la communauté éducative elle-même à l’endroit d’enjeux de sécurité devenus aujourd’hui des enjeux de sûreté ? Des enjeux pourtant hautement civiques.

 

 

Propositions

On l’aura compris, la situation reste particulièrement grave et dangereuse, ne laissant à espérer que la schizophrénie institutionnelle quasi systémique n’amplifie - on ne saurait malheureusement comment - une catastrophe à court, moyen ou long terme. Qu’il nous faille attendre un sanglant RETEX pour mettre en place des solutions de bons sens, pourtant faciles à mettre en œuvre pour peu qu’un certain esprit d’initiative soit accepté. Il existe, certes, un encadrement interministériel sur la sécurisation et la gestion de crise dans les établissements scolaires depuis 2017 (cf. infra), mais il ne se traduit pas par une véritable prise de conscience ni par une mobilisation efficace à l’échelle des communautés d’établissements à l’exception peut-être de certaines écoles et de certains collèges et lycées situés dans des secteurs particulièrement sensibles.

Si l’on reprend la terminologie des spécialistes de la sûreté anti-terroriste, les établissements scolaires combinent à la fois les caractéristiques des cibles dites « dures » et des cibles dites « molles ». Les premières sont symboliques et permettent de faire de nombreuses victimes : une église lors d’une messe importante pour la communauté chrétienne par exemple. Les secondes sont impossibles à défendre totalement du fait de leur nombre et de leur dispersion sur tout le territoire. Si l’on compte en effet 45 000 églises en France, elles ne sont pas en revanche toutes occupées ni fréquentées par les foules quotidiennement. Si l’on prend l’exemple des centres commerciaux et des supermarchés - impossibles à protéger du fait de leur grand nombre également, et bien plus fréquentés que les églises -, leur dimension symbolique est en revanche beaucoup moins importante.

On comprendra d’emblée la problématique pour les établissements scolaires. En cas d’attaque d’une école par un ou plusieurs individus armés et déterminés, personnels et élèves ne pourront tous être protégés ni sauvés qui plus est lorsque l’on sait que le ou les assaillant(s) bénéficieront toujours de l’effet de surprise. L’équation portera donc sur le fait de savoir comment faire pour qu’une telle attaque ne fasse, par exemple, que trois morts au lieu de dix voire davantage.

Il ne s’agit pas de transformer le réseau des établissements en une nouvelle Ligne Maginot, mais de bien prendre en compte le fait que leur défense sera la combinaison à la fois d’un dispositif statique de fait et d’un dispositif mobile, à savoir l’action des premières unités d’intervention dans un délai théorique de 20 minutes. Encore faudrait-il pouvoir donner ce temps (voire bien plus) aux unités primo-intervenantes en renforçant le dispositif statique c’est-à-dire les établissements. Si l’on s’en tient à ce qui revient dans tous les RETEX de crises et de catastrophes, à savoir que c’est le mental qui conditionne la capacité à survivre de l’individu comme du groupe, ce renforcement pourra (et devra) s’opérer en préparant les esprits à l’inévitable effet de surprise et en donnant aux communautés scolaires un certain nombre de moyens de parade. Partant deux grands objectifs préparatoires stratégiques pourront être proposés :

  • Un objectif de court terme - Dans chaque établissement, mettre sur pied une structure permanente entièrement dédiée à ce type de crise. Cette structure dont le format peut varier selon la taille et les effectifs des établissements sera en charge d’élaborer et d’organiser les mesures de protection spécifiques à chaque site scolaire. Il s’agit de créer un état-major local capable d’organiser en interne et de communiquer en externe avec les services de sûreté et de sécurité.
  • Un objectif de moyen et long terme – En installant une sensibilisation et un entraînement pérennes face à ce type de crise, il s’agit de faire naître une véritable culture de défense dans tous les établissements scolaires qu’ils soient écoles, collèges ou lycées. Cette culture de défense s’intègrera naturellement dans l’Éducation à la défense, et en impliquant les familles au-delà des seuls élèves elle travaillera concrètement à la résilience et à l’Esprit de défense.

De ces objectifs on pourra déduire un certain nombre de pistes de réflexion et d’axes de travail dont le détail pourra être téléchargé :

La sensibilisation et la formation des personnes à tous les échelons de l’établissement : de la direction jusqu’aux élèves. Cette première étape est la condition sine qua non de la mise en défense de l’établissement. Il ne peut y avoir de défense s’il n’y a pas une conscience de la menace. Cette sensibilisation nécessite une posture anticipatrice (4) qui accepte, de fait, la probabilité d’une attaque, en refuse le déni sous prétexte d’un discours soi-disant « anxiogène » (5), et ne se contente plus de dispositifs passifs destinés à la gestion émotionnelle d’un attentat.

Définir les missions de la structure de crise sur deux modes : la prévention et l’action. La prévention consistera en une veille active en amont de la crise ; recherche et mutualisation d’informations sur ce qui se fait dans les autres établissements, dans les entreprises, dans les autres ministères ; contacts avec les acteurs locaux de la Défense (Gendarmerie, polices nationale et municipale, correspondant Défense…) ; élaboration d’une stratégie locale à partir d’un constat des vulnérabilités de l’établissement. Le volet action consistera en la mise en pratique de cette stratégie à travers l’application de mesures préparatoires (création de sanctuaires permanents par exemple) et d’exercices concrets.

Établir une préparation opérationnelle partant du principe que les actes réflexes ne peuvent s’improviser, et doivent faire l’objet d’un apprentissage préalable systématique. Le jour de la crise, il sera trop tard. Un exercice pourra donc être décomposé en deux phases d’apprentissage. Dans un premier temps avec le professeur et sa classe (écoles maternelles et primaires) ou par niveaux de scolarité en collèges/lycées (6e, 5e, 2nde…), pour ensuite être joué à l’échelle de l’établissement (toutes classes et niveaux confondus). Il est important que ce cycle opérationnel fasse intervenir des observateurs extérieurs sur les deux phases afin d’enrichir les RETEX : gendarmes, policiers, réservistes citoyens militaires.
__________

  1. Ce qui est aussi une tactique.
  2. Cf. « Ô vous qui avez cru ! Préservez vos personnes et vos familles d’un Feu », Dar Al-Islâm, « La France à genoux », n° 7, 30 novembre 2015, pp. 12-17. Dar Al-Islâm était le magazine francophone de l’État islamique, publié par son service médiatique Al-Hayat. Le magazine était diffusé sur Twitter en version pdf.
  3. Cf. Eduscol [en ligne]. Ministère de l’Éducation nationale [consulté le 31 mars 2018]. « Consignes de sécurité applicables dans les établissements relevant du ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ». Disponible sur http://www.education.gouv.fr/cid85267/consignes-de-securite-applicables-dans-les-etablissements-relevant-du-ministere.html
  4. D’aucuns diraient de manière inexacte « proactif ».
  5. Il sera rappelé, non inutilement, que ce n’est pas celui qui explique le terrorisme islamiste et ses intentions qui est en soi anxiogène, mais la réalité dudit terrorisme telle que l’actualité nous la renvoie.

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Cadres et dispositifs existants


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Précis de la puissance maritime (2020)

Analyste maritime, Yan GIRON présente une approche conceptuelle de la puissance maritime, insistant en particulier sur l’appropriation des ressources halieutiques et l’économie portuaire comme enjeux géopolitiques. Son dernier ouvrage est présenté par le site de la revue Conflits.

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  • GIRON (Yan), Précis de la puissance maritime. Agir sur les océans, Éditions Bernard Giovanangeli, 2020, 176 p.

 

 

 

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Assiégés (2020)

Camp, FOB et COP

Le titre du film Assiégés de Rod LURIE est traduit de l’américain : The Outpost (L’Avant-poste). Les Combat Outpost (COP) sont des postes de combat avancés déployés par les forces américaines en Afghanistan et en Irak. Situés en fin de réseau après les infrastructures lourdes que sont les Forward Operating Base (FOB) et les camps, les COP devaient jouer un rôle important dans le cadre d’une stratégie de contre-insurrection (1). Portes d’entrée de l’imposante projection de l’US Army dans un pays étranger, les camps et les FOB rayonnent à l’échelle d’une région ou d’une province. Vastes, permanents, bien protégés et destinés à recevoir des flux importants en hommes et en matériels, ils disposent d’infrastructures bétonnées, d’un réseau routier et, pour certains, accueillent même un aéroport.

La réalité des COP est toute autre. Éloignés des camps et des FOB, perdus au milieu de populations civiles, voire...

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Je serai soldat

 

Apprentissage essentiel aux origines de toute démarche intellectuelle, la lecture n’est pas forcément un acquis dans notre société développée surtout lorsque l’on constate le nombre important de jeunes qui - arrivant au lycée - peinent encore à lire un paragraphe ou une page de manuel, butant sur la compréhension de mots pourtant courants. L’intrusion massive d’écrans au quotidien n’est point tant une cause que l’accélérateur d’un mal dont les racines profondes tiennent davantage à l’orientation idéologique des programmes scolaires depuis des décennies, ainsi qu’aux ravages du pédagogisme et d’une méthode d’apprentissage (de la lecture) globale.

Je serai soldat est une méthode de lecture publiée par les éditions Le Centurion. Elle met en avant la méthode d’apprentissage traditionnelle dite syllabique, qui consiste d’abord à déchiffrer les parties du mot avant d’accéder à sa...

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40 ans dans les cités

 

40 ans dans les cités est un ouvrage passionnant qui, paradoxalement, ne nous apprendra pas grand-chose tant la situation sociale dégradée de notre pays est connue du plus grand nombre à la date de la publication du livre (2019). Fragmentation, communautarisme, contre-société, insécurité, crise de l’État… Tout ce qui s’entend depuis des années dans diverses analyses venues d’horizons aussi divers que ceux des sciences politiques, de l’économie, de la démographie, de la sociologie, de la criminalité, se dévoile au fil des pages pour converger vers une inquiétante conclusion : celle d’une guerre civile en gestation. Le thème n’est certes pas nouveau mais c’est la plume qui le met ici en forme qui en renouvellera l’intérêt. Alors que ce que nous y trouverons-nous semblera déjà dit et redit depuis des années, le propos de Michel AUBOIN se lira sans aucun ennui, bien au contraire.

Comment expliquer ce paradoxe si ce n’est déjà par le...

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La condition physique aux armées

 

Pour des raisons évidentes, la condition physique et son entretien tiennent une place permanente dans le métier des armes. Si tous les militaires, sans distinction de grade ni de sexe, ont pour devoir d’entretenir leur aptitude physique, un certain nombre de tests sportifs leurs sont imposés annuellement. Cette évaluation physique permanente à l’échelle d’un contrat ou d’une carrière intervient dans la notation globale annuelle du militaire.

D’abord connue sous l’acronyme BATIVAP (Batterie de Tests Individuels de Valeur d’Aptitude Physique), cette évaluation a été renommée COVAPI pour Contrôle Obligatoire de la Valeur Physique Individuelle jusqu’en 2010. À des épreuves communes dont les barèmes étaient adaptés aux sexes et aux catégories d’âge, pouvaient aussi s’ajouter des épreuves spécifiques selon les armées. À partir de 2010, les COVAPI ont été remplacés par le Contrôle de la Condition...

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Géostratégie de la Mer Baltique

 

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Peu connue du grand public au-delà des milieux universitaires et militaires tournés vers la recherche stratégique, Stratégique est la revue trimestrielle de l’Institut de Stratégie Comparée (ISC). L’ISC a été fondé par Hervé COUTAU-BÉGARIE (1956-2012) en 1994.

Stratégique consacre son dernier numéro à la Mer Baltique : un espace maritime dont l’importance est assez mal connue nonobstant sa proximité géographique. Dirigé par Matthieu CHILLAUD, ce dossier est présenté par Georges-Henri SOUTOU, président de l’ISC et membre de l’Institut. Dans son éditorial, M. SOUTOU rappelle l’importance de cette mer dès le Moyen-Âge, que les époques moderne et contemporaine ont depuis confirmé jusqu’aux deux guerres...

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L’Institut Supérieur d’Économie Maritime, créé en 1997, est situé dans la métropole Nantes-Saint-Nazaire. L’ISEMAR est un observatoire qui étudie l’économie maritime dans tous ses aspects : les transports, les infrastructures portuaires, l’industrie de la construction navale mais aussi toutes celles liées à la mer, les questions juridiques...

Fonctionnant comme un institut d’expertise indépendant, l’ISEMAR s’intéresse également à la dimension géopolitique des mers, des océans. À ce titre, certains de ses travaux seront particulièrement utiles aux professeurs d’Histoire, de Géographie et d’Économie. L’option Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences politiques, dès la classe de Première, ne sera pas non plus en reste. Ces travaux permettront d’approfondir les connaissances indispensables à la compréhension des évolutions actuelles, et l’attention sera notamment...

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Études et témoignages se suivent et se ressemblent depuis longtemps. Tous décrivent la même réalité à savoir la déliquescence de l’Éducation nationale française. Un phénomène sciemment entretenu et alimenté par nos élites politiques, que l’on pourrait résumer par un affaiblissement constant de la transmission des connaissances et – plus grave encore – de la capacité à utiliser celles-ci à travers un raisonnement construit, logique et cohérent. Parmi les auteurs qui ont pu écrire sur le sujet, souvent avec brio et conviction, citons Jean-Paul BRIGHELLI et François-Xavier BELLAMY (1).

Désormais, il faudra y ajouter le dernier livre de René CHICHE, La désinstruction nationale (2). Agrégé de philosophie et enseignant en lycée, M. CHICHE est également membre supérieur du Conseil de l’Éducation et vice-président du syndicat Action et démocratie CFC-CGC. Son regard est donc celui d’un praticien de l’enseignement, mais aussi de...

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Comment la France s’organise pour déjouer des attentats ?

 

 

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L’affolement du monde

Dans un livre paru en janvier 2019 - que l’on pourra contextualiser avec une année de recul (1) -, Thomas GOMART décrit, autour de 10 enjeux majeurs , la situation géopolitique du monde. Que ce soit à travers l’émergence de la puissance chinoise, le retour d’une Russie nationaliste, l’unilatéralisme des États-Unis, le directeur de l’IFRI (2) analyse une période de rupture profonde qui voit le déclin du modèle européen et met l’humanité au bord du gouffre. Son pessimisme (réalisme ?) suit également les problématiques transversales que sont les enjeux énergétiques et climatiques, mais aussi les mutations de la guerre liées aux menaces cybernétiques.

Cet essai sera utilement croisé avec les analyses de l’ancien CEMA, le Général Pierre de VILLIERS, et de son successeur, le Général François LECOINTRE. Il permettra aussi d’éclairer les enseignants en charge de la nouvelle option « Histoire-Géographie,...

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Mondes en guerre

La mondialisation de la guerre a désormais son histoire. Phénomène largement présenté sous un angle géoéconomique et contemporain, la mondialisation peut aussi être abordée comme un jeu d’échelles sur plusieurs millénaires. C’est en tout cas le pari relevé par Hervé DRÉVILLON et plusieurs équipes de chercheurs qui - avec la collection Mondes en guerre (1) - privilégient une explication globale à partir de cette réalité anthropologique aussi ancienne que l’Humanité elle-même : la guerre (2). Pour reprendre la formule de M. DRÉVILLON, la problématique de cette somme érudite - dont les deux premiers volumes viennent de paraître à l’automne 2019 - pourrait se résumer par « comment le monde fait la guerre et comment la guerre fait le monde ».

Professeur à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne où il dirige l’Institut des Études sur la guerre et la paix, directeur de recherches au Service Historique de la Défense (SHD), Hervé DRÉ

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L’archipel français

 

Observateur averti de l’état de l’opinion et du pays, sondeur reconnu pour l’équilibre de ses analyses, Jérôme FOURQUET est le directeur du département « Opinion et stratégies d’entreprise » de l’IFOP. Analyste politique et spécialiste de géographie électorale, il est l’auteur de nombreux livres dont le dernier - L’archipel français. Naissance d’une nation multiple et divisée (1) - a remporté le Prix du Livre politique de l’année 2019.

Ouvrage remarqué dès sa parution, L’archipel français dit l’essentiel dans son titre. Quelles sont les grandes fractures qui traversent notre société actuelle, et en quoi ont-elles atteint un degré inédit ? Comment la culture républicaine a-t-elle évolué ? Quelles sont les conséquences de l’immigration pour la société et que révèlent les affrontements sociétaux ? Les questions abordées sont d’emblée très vastes. Elles parcourent l’ensemble de la société française.

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Les attentats islamistes dans le monde 1979-2019

  • Située dans la région de Raqqa en Syrie, Tabqa est une ville stratégique où se trouvent à la fois un barrage et une base aérienne. C’est sur cette dernière que l’État islamique capture 200 soldats syriens le 24 août 2014 (cf. photographie supra). Ils seront tous exécutés.

 

La France en première ligne

De 1979 à 2019, la France a été frappée par 71 attentats dans lesquels ont péri au moins 317 personnes. À regarder de plus près ce bilan, on constatera une accélération du phénomène de 2013 à nos jours avec 42 attentats et 272 morts, soit en moyenne 6 attaques meurtrières par an. La France est finalement le pays de l’Union européenne le plus touché par les attaques islamistes - 54,3% des attentats revendiqués par l’État islamique – avec une sensibilité particulière pour les grandes régions urbaines : Île-de-France, Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes et PACA. Les terroristes islamistes peuvent aussi cibler de petites villes,...

14/16 Lire la suite
Périscope : la nouvelle revue de presse stratégique du CESM

 

Situé dans l’École de Guerre de Paris, le Centre d’Études Stratégiques de la Marine (CESM) produit régulièrement des études de qualité sur les questions maritimes et navales. Afin de renforcer son pôle recherche stratégique, il vient de lancer en octobre 2019 une nouvelle revue de presse destinée à réaliser une synthèse bimensuelle de l’actualité française, et étrangère, mais aussi des travaux universitaires et ceux d’autres centres de recherches spécialisées sur ces questions.

L’importance des mers et des océans étant affirmée dans les nouveaux programmes du Lycée - plus particulièrement avec la mise en place d’une nouvelle option Histoire/Géopolitique -, Périscope, au même titre que les publications déjà existantes, apportera les éclairages les plus précieux aux enseignants.

 

 

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Le MOOC du SGDSN « Faire face ensemble »

Attaque du Bataclan, novembre 2015 (source - Reuters)

 

Depuis des années le plan VIGIPIRATE accompagne notre quotidien. Si nous en avons intégré la nécessité et le principe, nous n’avons paradoxalement pas réussi à associer de manière active les citoyens au sein d’un dispositif lourd et insuffisant pour protéger tout le monde. Cette association ne peut passer que par une formation d’Éducation à la Défense à laquelle le Secrétariat Général à la Défense et à la Sécurité Nationale (SGDSN) vient d’apporter une réponse concrète.

Une menace toujours présente

La destruction récente du califat instauré par l’État islamique (EI) ne signifie en rien une défaite définitive de ce dernier. De l’avis de tous les responsables des questions de défense, que ce soit ici ou outre-Atlantique, la guerre se poursuit mais avec un changement de nature (1). L’EI s’y est préparé qui, actuellement, a basculé dans la clandestinité recherchant,...

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La Journée Défense Citoyenneté

 

Avec le recensement, la Journée Défense Citoyenneté (JDC) constitue l’une des étapes importantes du parcours citoyen. Anciennement appelée Journée d’Appel et de Préparation à la Défense (JAPD), la JDC est une obligation civique pour les garçons comme pour les filles entre leur 17 et leur 18 ans. Elle se réalise par convocation - le plus souvent durant leur année de Terminale - , et après le recensement normalement effectué en mairie l’année de leur 16 ans.

La JDC s’articule autour de trois questions, qui structurent l’organisation de la journée entre les jeunes et les acteurs de la Défense.

  • Pourquoi une Défense ?
  • Comment le pays est-il défendu ?
  • Quelles sont les voies de l’engagement civique ?

Les thèmes de la sécurité routière et du Service national ont été, par la suite, intégrés aux ateliers de la JDC. Temps de sensibilisation, de formation et d’orientation, la JDC est aussi un moment privilégié pour évaluer...

Comment se comporter en homme debout au XXIe siècle ?

  • Votre dernier essai s’intitule Pour quoi serions-nous encore prêts à mourir ? Le mot « encore » signifie-t-il que mourir pour un idéal est une faculté que nous avons perdue ? Quand est-ce arrivé ?

Alexandra LAIGNEL-LAVASTINE - Je dirais que l’Europe s’est construite, depuis 1945, sur le désaveu du Mal radical. Le voyant revenir sous une forme imprévue et embarrassante — l’islamo-fascisme —, elle a choisi de faire l’autruche. Quant à la guerre, elle s’est perdue dans les méandres du XXe siècle. Et outre notre ramollissement consumériste, un autre facteur joue en sous-main : nous vivons sur l’idée folle selon laquelle, pour se débarrasser des tragédies du XXe siècle, il suffirait d’en finir avec le tragique lui-même. D’où le fait que nous nous savons en guerre, mais que nous ne voulons toujours pas le savoir : nous voulons avoir la paix !

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