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Éducation à la Défense et à la Sécurité nationale
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Sous la pression des attaques terroristes des années 2015/2016, le Gouvernement a décidé de renforcer l’Éducation à la Défense à tous les étages du système éducatif.

Les enseignants du primaire, du secondaire mais aussi du supérieur sont donc invités à prendre rapidement connaissance du dernier protocole interministériel - « Développer les liens entre la jeunesse, la Défense et la sécurité nationale » - promulgué le 20 mai 2016 (BOEN n° 26), et suivi d’une circulaire d’application (BOEN n° 43) en date du 22 novembre 2016 (1).

Ce nouveau protocole établi par les Ministères de la Défense, de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la recherche et de l’Agriculture, réalise et élargit une synthèse des précédents protocoles et partenariat. Il ne pourra mieux dire combien l’École est plus que jamais actrice de l’Éducation à la Défense, mais qu’elle est également une cible clairement désignée du terrorisme. À ce titre, trois exercices annuels sur le thème de l’intrusion armée ont été imposés dans le Plan Particulier de Mise en Sûreté (PPMS) de tous les écoles, collèges et lycées à partir de la rentrée 2016.

Il est à noter que le nouveau protocole insiste sur la formation des professeurs aux problématiques de défense et de sécurité (2).

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  1. Voir aussi les « Textes réglementaires ».
  2.  Cf. La fiche mode d’action I4 : «  La formation des enseignants  ».


Le 7e numéro du magazine de propagande de l’État islamique, Dar al-Islâm, appelle à s’en prendre à l’Éducation nationale au lendemain des attentats de Paris (novembre 2015)

 

63 600 établissements scolaires

Les établissements scolaires font partie des 6 catégories de cibles définies par le Gouvernement à partir de décembre 2015, consécutivement aux tueries de masse de Paris (attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan). Avec les médias, les centres commerciaux, les gares de transport, les lieux de culte et les bâtiments officiels, les 63 600 écoles, collèges et lycées sont désormais considérés comme des objectifs potentiels pouvant intéresser les terroristes islamistes. À ces derniers, l’action de tueurs schizophrènes (et non "fous") n’est pas non plus exclue.

Les motivations pouvant faire d’un établissement scolaire le lieu d’une tuerie de masse sont malheureusement multiples et ne relèvent pas de scenarii abstraits. Il existe des précédents, certes surtout aux États-Unis, mais il faut nous rendre à l’évidence sous peine de ne pouvoir anticiper un massacre. En effet, il existe aujourd’hui des constats objectifs qui posent la question « quand cela se produira-t-il ? » plutôt que « est-ce que cela se produira-t-il un jour ? »

Le premier constat est d’abord celui du nombre important d’établissements scolaires, qu’ils soient du premier ou du deuxième degré. Ce nombre et leur dissémination sur tout le territoire empêche d’emblée toute sécurisation active et permanente dans l’état actuel des moyens de la sûreté intérieure. La sécurisation ne peut donc être que passive en interne (filtrage, veille, télésurveillance…) ou, en externe, du fait d’équipes mobiles dont la présence et le passage restent aléatoires (1).

À cela, s’ajoute un deuxième constat : l’extrême diversité des sites scolaires. Leur superficie, l’architecture des bâtiments, leur configuration extérieure comme intérieure, le nombre de personnes (adultes/élèves) que l’on y trouve, l’environnement immédiat (centre-ville, milieu urbanisé ou rural), sont autant de caractéristiques qui peuvent s’avérer très différentes d’un établissement à un autre sur une même commune. Il ne peut donc y avoir que des Plans Particuliers de Mise en Sûreté (PPMS), et un groupe d’intervention devra rapidement intégrer dans sa Méthode de Raisonnement Tactique (MRT) les caractéristiques des écoles, collèges et lycées de son secteur. La connaissance des lieux à l’échelle locale la plus fine conditionnera la rapidité et l’efficacité de toute intervention.

13 000 000 d’écoliers, de collégiens et de lycéens

Le troisième constat touche à la nature même de l’objectif. Les établissements scolaires concentrent durant la plus grande partie de la semaine un nombre élevé de cibles potentielles à des heures régulières. Les populations scolaires sont normalement encadrées dans une enceinte fermée, souvent constituée de grilles et de grillages, dont l’expérience montre que l’accès reste relativement aisé. La convergence de ces deux facteurs que sont la concentration et l’enfermement sont en soi des préalables à une tuerie de masse.

La question du transport scolaire doit être aussi intégrée à cette analyse, car la concentration des effectifs scolaires se fait également en-dehors des établissements avant et après les cours. Durant les jours ouvrables des milliers d’élèves de tous âges empruntent des cars scolaires matins et soirs à des heures fixes. En zones rurales, ces cars scolaires peuvent utiliser de longs trajets, souvent sur des itinéraires peu fréquentés pouvant très bien faire l’objet d’une attaque, d’une interception ou d’une prise d’otages.

Des cibles à haute valeur symbolique

Le quatrième constat est celui de la nature cette fois symbolique d’une attaque à l’encontre de la population scolaire. Au-delà du massacre en lui-même, le symbole qu’il représenterait serait de loin bien plus important du fait des conséquences traumatiques infligées à la société. L’attaque de l’école juive Ozar Hatorah par Mohamed MERAH, le 15 mars 2012, fut un précédent sans en être véritablement un, car le massacre ne visait que la communauté juive. Si demain, une école, un collège ou un lycée public était pris pour cible, c’est l’ensemble de la société - et toutes les familles scolarisées du pays - qui se sentirait concerné. Il est même permis de penser que le traumatisme serait d’autant plus violent que les victimes seraient jeunes. L’attaque d’une école maternelle ou primaire n’aurait ni les mêmes conséquences (incapacité des élèves à fuir ou à se défendre) ni exactement le même retentissement médiatique que l’attaque d’un lycée. Il se pourrait même qu’un seuil de rupture psychologique soit atteint dans ce cas de figure.

La sensibilité médiatique d’une telle attaque serait immédiate, et ses répercussions seraient – dans l’heure qui suit - tout aussi immédiatement nationales si ce n’est internationales. Pour cela point besoin de frapper au centre de Paris. Une école isolée de province pourrait suffire et ce n’est pas ce qui manque. Dans une autre configuration d’action terroriste, sans que le principe ne diffère pour autant, l’attaque de Radouane LAKDIM (23 mars 2018) a bien montré qu’une petite ville provinciale de moins de 6000 habitants pouvait très bien faire l’objet d’une tuerie à fort retentissement.

L’autre dimension symbolique à ne pas négliger non plus, est qu’un établissement scolaire public reste, par essence, la représentation même de l’idée laïque haïe par les islamistes. Comment oublier qu’au lendemain des attentats de Paris de novembre 2015, l’État islamique avait incité les élèves musulmans à déserter les écoles françaises comme il avait aussi appelé à tuer les professeurs « mécréants » enseignant la Laïcité ? (2)

Les vulnérabilités de la communauté éducative

À ces constats objectifs il faut en ajouter un autre tout aussi fondamental qui - dans l’état actuel de la situation - ne pourrait qu’amplifier une éventuelle tuerie de masse dans un établissement scolaire. Car s’il est une institution qui se devrait d’être la matrice de l’Esprit de défense, c’est bien l’École qui paradoxalement à elle-même si bien abandonné son devoir de défense. De nos jours, tout est à construire en termes de culture de défense dans les établissements scolaires, et s’il fallait souligner l’impréparation – pour ne pas dire l’inconséquence si ce n’est l’inconscience - des communautés scolaires et éducatives face à la menace des tueries de masse, les exemples ne manqueraient malheureusement pas.

Il suffit pour cela d’observer l’absence de rigueur, de discipline, voire de sérieux, avec lequel les élèves, de manière générale, se prêtent aux exercices de sécurité. Combien d’entre eux savent se déplacer en silence, rapidement et en ordre dans les couloirs ? Combien savent faciliter l’appel de leurs professeurs sur leurs lieux de regroupement sans se mélanger avec d’autres élèves d’autres classes ? Combien savent réellement qui sont les personnes référentes en cas de crise ? Combien ont vraiment appris les gestes de premiers secours et savent où se situent la mallette d’urgence ou les défibrillateurs ? Combien ont tout simplement reçu une culture de défense ?

Jusqu’en 2016, la sécurité concernait essentiellement des Exercices Prévention d’Incendies (EPI) ou des Exercices Prévention des Risques (EPR). Ces exercices nécessitent déjà en soi un certain nombre de réflexes, sachant que les conduites à tenir et les lieux de rassemblement ne sont pas les mêmes selon que l’on doit réagir à un incendie ou à un confinement. Depuis 2016 est venu se greffer aux EPI et EPR un nouvel exercice obligatoire : l’alerte attentat/intrusion armée. 13 000 000 d’élèves de tous âges sont ainsi passés de la posture du risque à celle de la menace avec un exercice de loin plus anxiogène car plus imprévisible et plus complexe à mettre en œuvre.

Des années passées en collèges et en lycées amènent invariablement au même constat : l’absence d’une culture de défense au sein de la communauté éducative. Dans leur ensemble, les professeurs sont indifférents à cette culture comme à sa transmission, et ils n’en perçoivent ni l’importance ni l’urgente nécessité. Trop peu sensibilisés durant leur carrière, ils sont dans leur grande majorité quasi ignorants des enjeux de défense. Pire, une partie de la communauté éducative professe ouvertement son hostilité à toute introduction d’une culture de défense dans les écoles. Une posture essentiellement idéologique, héritière du sentiment anti-autorité et anti-armée des années 1960-1980, qui n’est pas non plus sans ramifications avec ce que l’on appelle désormais de nos jours l’islamo-gauchisme.

Quand on parcourt le « Plan de sécurité des écoles, des collèges et des lycées » (3), il est symptomatique de constater que sur les cinq niveaux d’action définis par le Ministère de l’Éducation nationale pour prévenir et faire face à une crise - les rectorats, les préfectures, les directions départementales de l’EN, les brigades de gendarmerie et les commissariats de police, les établissements scolaires –, toutes prévoient une cellule dédiée, un état-major ou, a minima, un référent sur la question à l’exception des seuls principaux intéressés : les établissements scolaires. Alors que ces derniers sont dans le même temps définis comme les objectifs potentiels du terrorisme islamiste ; alors que le constat de leur situation impose plus que jamais une souplesse opérationnelle ainsi qu’une importante marge d’initiative locale, il n’est même pas officiellement formalisée une structure spécifique, pas même un référent sécurité attentat par établissement.

Comme d’habitude tout est laissé à des directions d’établissement plus ou moins éclairées, psychologiquement inhibées, constamment contraintes administrativement, toujours débordées par les missions les plus diverses où, finalement, l’exercice attentat/intrusion n’est qu’une formalité administrative parmi d’autres. Dans ce contexte, qui pourrait reprocher quoi que ce soit à des élèves, qui ne sont, in fine, que le produit des démissions de la communauté éducative elle-même à l’endroit d’enjeux de sécurité devenus aujourd’hui des enjeux de sûreté ? Des enjeux pourtant hautement civiques.

 

 

Propositions

On l’aura compris, la situation reste particulièrement grave et dangereuse, ne laissant à espérer que la schizophrénie institutionnelle quasi systémique n’amplifie - on ne saurait malheureusement comment - une catastrophe à court, moyen ou long terme. Qu’il nous faille attendre un sanglant RETEX pour mettre en place des solutions de bons sens, pourtant faciles à mettre en œuvre pour peu qu’un certain esprit d’initiative soit accepté. Il existe, certes, un encadrement interministériel sur la sécurisation et la gestion de crise dans les établissements scolaires depuis 2017 (cf. infra), mais il ne se traduit pas par une véritable prise de conscience ni par une mobilisation efficace à l’échelle des communautés d’établissements à l’exception peut-être de certaines écoles et de certains collèges et lycées situés dans des secteurs particulièrement sensibles.

Si l’on reprend la terminologie des spécialistes de la sûreté anti-terroriste, les établissements scolaires combinent à la fois les caractéristiques des cibles dites « dures » et des cibles dites « molles ». Les premières sont symboliques et permettent de faire de nombreuses victimes : une église lors d’une messe importante pour la communauté chrétienne par exemple. Les secondes sont impossibles à défendre totalement du fait de leur nombre et de leur dispersion sur tout le territoire. Si l’on compte en effet 45 000 églises en France, elles ne sont pas en revanche toutes occupées ni fréquentées par les foules quotidiennement. Si l’on prend l’exemple des centres commerciaux et des supermarchés - impossibles à protéger du fait de leur grand nombre également, et bien plus fréquentés que les églises -, leur dimension symbolique est en revanche beaucoup moins importante.

On comprendra d’emblée la problématique pour les établissements scolaires. En cas d’attaque d’une école par un ou plusieurs individus armés et déterminés, personnels et élèves ne pourront tous être protégés ni sauvés qui plus est lorsque l’on sait que le ou les assaillant(s) bénéficieront toujours de l’effet de surprise. L’équation portera donc sur le fait de savoir comment faire pour qu’une telle attaque ne fasse, par exemple, que trois morts au lieu de dix voire davantage.

Il ne s’agit pas de transformer le réseau des établissements en une nouvelle Ligne Maginot, mais de bien prendre en compte le fait que leur défense sera la combinaison à la fois d’un dispositif statique de fait et d’un dispositif mobile, à savoir l’action des premières unités d’intervention dans un délai théorique de 20 minutes. Encore faudrait-il pouvoir donner ce temps (voire bien plus) aux unités primo-intervenantes en renforçant le dispositif statique c’est-à-dire les établissements. Si l’on s’en tient à ce qui revient dans tous les RETEX de crises et de catastrophes, à savoir que c’est le mental qui conditionne la capacité à survivre de l’individu comme du groupe, ce renforcement pourra (et devra) s’opérer en préparant les esprits à l’inévitable effet de surprise et en donnant aux communautés scolaires un certain nombre de moyens de parade. Partant deux grands objectifs préparatoires stratégiques pourront être proposés :

  • Un objectif de court terme - Dans chaque établissement, mettre sur pied une structure permanente entièrement dédiée à ce type de crise. Cette structure dont le format peut varier selon la taille et les effectifs des établissements sera en charge d’élaborer et d’organiser les mesures de protection spécifiques à chaque site scolaire. Il s’agit de créer un état-major local capable d’organiser en interne et de communiquer en externe avec les services de sûreté et de sécurité.
  • Un objectif de moyen et long terme – En installant une sensibilisation et un entraînement pérennes face à ce type de crise, il s’agit de faire naître une véritable culture de défense dans tous les établissements scolaires qu’ils soient écoles, collèges ou lycées. Cette culture de défense s’intègrera naturellement dans l’Éducation à la défense, et en impliquant les familles au-delà des seuls élèves elle travaillera concrètement à la résilience et à l’Esprit de défense.

De ces objectifs on pourra déduire un certain nombre de pistes de réflexion et d’axes de travail dont [le détail pourra être téléchargé :->http://education-defense.fr/spip.php?article606]

La sensibilisation et la formation des personnes à tous les échelons de l’établissement : de la direction jusqu’aux élèves. Cette première étape est la condition sine qua non de la mise en défense de l’établissement. Il ne peut y avoir de défense s’il n’y a pas une conscience de la menace. Cette sensibilisation nécessite une posture anticipatrice (4) qui accepte, de fait, la probabilité d’une attaque, en refuse le déni sous prétexte d’un discours soi-disant « anxiogène » (5), et ne se contente plus de dispositifs passifs destinés à la gestion émotionnelle d’un attentat.

Définir les missions de la structure de crise sur deux modes : la prévention et l’action. La prévention consistera en une veille active en amont de la crise ; recherche et mutualisation d’informations sur ce qui se fait dans les autres établissements, dans les entreprises, dans les autres ministères ; contacts avec les acteurs locaux de la Défense (Gendarmerie, polices nationale et municipale, correspondant Défense…) ; élaboration d’une stratégie locale à partir d’un constat des vulnérabilités de l’établissement. Le volet action consistera en la mise en pratique de cette stratégie à travers l’application de mesures préparatoires (création de sanctuaires permanents par exemple) et d’exercices concrets.

Établir une préparation opérationnelle partant du principe que les actes réflexes ne peuvent s’improviser, et doivent faire l’objet d’un apprentissage préalable systématique. Le jour de la crise, il sera trop tard. Un exercice pourra donc être décomposé en deux phases d’apprentissage. Dans un premier temps avec le professeur et sa classe (écoles maternelles et primaires) ou par niveaux de scolarité en collèges/lycées (6e, 5e, 2nde…), pour ensuite être joué à l’échelle de l’établissement (toutes classes et niveaux confondus). Il est important que ce cycle opérationnel fasse intervenir des observateurs extérieurs sur les deux phases afin d’enrichir les RETEX : gendarmes, policiers, réservistes citoyens militaires.
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  1. Ce qui est aussi une tactique.
  2. Cf. « Ô vous qui avez cru ! Préservez vos personnes et vos familles d’un Feu », Dar Al-Islâm, « La France à genoux », n° 7, 30 novembre 2015, pp. 12-17. Dar Al-Islâm était le magazine francophone de l’État islamique, publié par son service médiatique Al-Hayat. Le magazine était diffusé sur Twitter en version pdf.
  3. Cf. Eduscol [en ligne]. Ministère de l’Éducation nationale [consulté le 31 mars 2018]. « Consignes de sécurité applicables dans les établissements relevant du ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ». Disponible sur http://www.education.gouv.fr/cid85267/consignes-de-securite-applicables-dans-les-etablissements-relevant-du-ministere.html
  4. D’aucuns diraient de manière inexacte « proactif ».
  5. Il sera rappelé, non inutilement, que ce n’est pas celui qui explique le terrorisme islamiste et ses intentions qui est en soi anxiogène, mais la réalité dudit terrorisme telle que l’actualité nous la renvoie.

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Cadres et dispositifs existants


 

Décryptages ARTE du 3 février 2020 (Léo SANMARTY)

 

Chronologie

  • Mardi 31 décembre 2019 – Les autorités chinoises déclarent à l’OMS 27 cas d’une pneumonie d’origine inconnue. En fait, dès la mi-décembre plusieurs personnes sont déjà hospitalisées. Il se pourrait même que les premières manifestations de cette maladie remontent au mois de novembre.
  • Vendredi 24 janvier 2020 – Les premiers cas d’infection par le COVID-19 sont signalés en France à Paris et à Bordeaux.
  • Mercredi 26 février 2020 – Décès du premier Français dans l’Oise, Dominique V. professeur en lycée.
  • Jeudi 12 mars 2020 – Allocution télévisée du Président Emmanuel MACRON annonçant le confinement jusqu’à nouvel ordre de plus de 12 millions d’écoliers, de collégiens et de lycéens.
  • Samedi 14 mars 2020 – Entrée en phase 3 du Plan national de pandémie grippale. À minuit tous les lieux publics sont désormais fermés à l’exception des « commerces essentiels ». Les départs de Parisiens et d’habitants de la région Île-de-France vers la province s’intensifient.
  • Lundi 16 mars 2020 - Allocution télévisée du Président MACRON annonçant officiellement le passage en phase 3 et un confinement national de 15 jours reconductible. À cette occasion, il parle de situation de « guerre ».
  • Samedi 21 mars 2020 – Décès à Compiègne du premier médecin hospitalier urgentiste suite à une contamination du COVID-19.
  • Mardi 24 mars 2020 – Le seuil du premier millier de morts (en France) est atteint et dépassé.
  • Mercredi 25 mars 2020 – Allocution télévisée du Président MACRON depuis Mulhouse où sont annoncés le lancement d’un plan massif de soutien à l’hôpital public lorsque la crise sera terminée, ainsi que le lancement de l’opération Résilience.
  • Vendredi 27 mars 2020 – Le seuil des 2000 décès est atteint.

Une catastrophe sanitaire en cours

Avec un peu de recul et comme on écrit de nos jours sur la grippe dite « espagnole » (1), on décrira demain cette épidémie partie de Chine en novembre/décembre 2019 - et qui toucha de manière exceptionnelle le Monde, l’Europe et notre pays - comme un cas d’école. Exceptionnel à l’échelle de notre histoire récente, le phénomène est pourtant loin d’être inédit. À travers le télescopage de ses conséquences et les réactions du temps (réactions politiques, économiques, médiatiques, sociales), il nous offre matière à analyser une situation absurde où la connaissance des problèmes n’aura pas suffi à empêcher la catastrophe. Cela est malheureusement souvent le cas dans l’histoire des tragédies humaines, mais ainsi va l’Humanité.

À l’heure où ces lignes s’écrivent, une catastrophe sanitaire de masse est déjà largement amorcée en France comme dans de nombreux autres pays voisins et plus lointains. Il ne s’écoule un jour sans que les plus hautes autorités politiques et sanitaires ne s’expriment sur tous les canaux médiatiques sans pouvoir cacher une inquiétude grandissante à travers laquelle on imagine la panique qui peut régner dans les ministères et les institutions les plus concernées par la crise. Car le pire de la catastrophe est encore devant nous avec des scenarii qui décrivent déjà ici et là une hécatombe pouvant aller jusqu’à 300 000 voire 500 000 morts (en situation hors confinement). Rien qu’en Italie, 1000 personnes sont décédées du COVID-19 dans la journée du 27 mars, portant le bilan italien à plus de 9000 morts. La situation est également hors de contrôle en Espagne où l’on approche les 5000 morts. Alors que toutes les frontières de l’espace Schengen se referment, et que les États se replient sur des plans de lutte nationaux, l’Union européenne, tétanisée, se révèle incapable de fournir un cadre d’action mutualisé et efficace aux États membres. Alors que c’est la Chine qui fournit actuellement du matériel sanitaire à l’Italie, le nouvel épicentre de l’épidémie mondiale, il n’est pas impossible que l’UE connaisse à terme des remises en cause fondamentales du fait de cette tragédie humaine.

Dans une société d’abondance et de confort matériel, bercée par tous les discours sur la prévention et le principe de précaution, nous avons trop souvent cru que les éléments de langage pouvaient se substituer à une véritable politique de protection et de défense, mais voilà que le réel nous rattrape avec le COVID-19 : un organisme de 40 à 120 nanomètres qui nous rappelle brutalement combien nos sociétés sont mortelles, que nous restons vulnérables devant la nature quand bien même vivrions-nous à l’ère de l’humain augmenté et de l’intelligence artificielle. Alors que le pays compte déjà 2000 décès au 27 mars (2), et que le nombre de victimes augmente d’heure en heure, la question qui se pose désormais est de savoir si la crise fera seulement des milliers, ou des dizaines voire des centaines de milliers de victimes.

Beaucoup dépendra de la résilience de la société française (notamment de ses structures médico-sanitaires), de la capacité des citoyens à comprendre et à intégrer concrètement le risque sur la durée, de leur discipline collective pour ne pas dire leur civisme, et pourquoi pas - osons le dire - de leur Esprit de défense. Alors que le « pic épidémique » est encore devant nous, que notre personnel soignant est directement exposé au virus, souvent sans masques, que les mesures de confinement seront fatalement prolongées et durcies, rien n’est assuré à l’heure qu’il est. Ce qui est certain, c’est que la catastrophe ne fait que commencer et que le COVID-19 tuera encore beaucoup.

 

Évacuation en urgence d’un malade infecté par le COVID-19 (source - Public Sénat)

 

Du mauvais usage des mots « guerre » et « ennemi »

Est-ce pour autant une « guerre » ? Sommes-nous « en guerre » comme l’affirmait le Président MACRON dans son discours du 16 mars dernier, répétant le mot à six reprises ? Certes, l’allocution présidentielle du 16 mars marque une rupture. Le pays passe désormais en phase 3 du plan jusqu’à présent dédié à ce genre de situation : le Plan pandémie grippale (3). La phase 3 constitue le stade le plus sensible : celui qui correspond à la situation la plus grave alors que l’interdiction du territoire national au virus, et l’arrêt de sa diffusion, ont échoué. Les mesures prises au stade 3, prévues sur une durée de 8 à 12 semaines, sont les plus fortes. Il s’agit moins de soigner les personnes en tant que cas particuliers que de préserver le système sanitaire de toute saturation. Le stade 3, c’est aussi et surtout veiller au bon fonctionnement de l’économie générale à un moment où se multiplient les arrêts maladies. Or, ce sont ces deux aspects essentiels qui sont remis en cause par l’extrême contagiosité du COVID-19 et son taux de létalité supérieur à celui de la grippe. La situation oblige à prendre des mesures plus radicales que celles adoptées face à une grippe saisonnière classique. Le gouvernement a ainsi décidé un confinement national de quinze jours, prolongé d’une deuxième quinzaine au 27 mars. Un confinement qui vient s’ajouter au retrait de plus de 12 millions d’élèves des écoles, collèges et lycées, et qui signifie ni plus ni moins la mise à l’arrêt physique des administrations, des entreprises et d’une grande partie des réseaux de transports.

La mobilisation induite par l’arrêt du pays et de son économie n’est pourtant pas la guerre au même titre qu’il n’y a pas d’ « ennemi invisible ». Depuis trop longtemps, l’exercice politique a substitué la communication au principe de réalité. Il est devenu habituel de vouloir entretenir la réflexion de nos contemporains dans un environnement mental et culturel lénifiant, où l’objectif est moins l’exigence de vérité due aux citoyens que celle de ne pas déclencher un processus d’affolement. Hormis le fait que cette posture communicante insulte l’intelligence de celles et ceux qui font notre démocratie, ne traduisant rien d’autre qu’un profond mépris de la Cité et de la chose publique, elle s’avère contre-productive à faire justement le lit d’un affolement encore plus grand. Surtout, si la rupture de normalité encore douce - mais que nous vivons déjà - devait s’amplifier (4).

« Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde » écrivait Albert CAMUS. La guerre désigne un affrontement collectif entre des groupes organisés, avec une stratégie, des objectifs et des moyens conçus. L’ensemble de ces éléments permettent d’identifier effectivement un ennemi, dont la caractéristique est qu’il cherche à nous détruire par tous les moyens, y compris dans le cyberespace où l’on pourra ici parler d’invisibilité. Cet ennemi est dès lors une menace constituée là où le COVID-19 n’est qu’un risque dépourvu de toute intention. À la guerre, l’ennemi est non seulement celui qui tue mais c’est aussi, et surtout, celui qui veut tuer : une volonté consciente que l’on pourrait difficilement prêter à un organisme tel que le COVID-19.

Alors pourquoi tant de confusion dans l’usage des mots de la part de personnes que l’on assimile à une élite ? La posture martiale des autorités face à la pandémie du COVID-19 n’est que mauvaise rhétorique. Elle voudrait une fois de plus jouer des émotions à bon marché du populo, pensant créer un sursaut civique au sein d’une société où la parole publique n’a jamais été autant démonétisée. Une société a fortiori menacée par la double convergence de l’atomisation individualiste et de la fragmentation communautariste. Une société éruptive, travaillée sur le temps court par deux années consécutives de graves conflits sociaux. S’il devait y avoir une qualification objective d’un risque de guerre, c’est ici, au sein même de la communauté nationale, de ses fractures et de ses plaies vives, d’un point de vue politique et non sanitaire.

Cette guerre civile encore hypothétique mais non impossible commence avec la manipulation des termes et des idées. Les Français s’habituent d’ailleurs au mot, brandi dans les discours présidentiels et gouvernementaux depuis 2015. Le prédécesseur d’Emmanuel MACRON avait ainsi employé le mot « guerre » à bon escient certes, sans pour autant réussir à qualifier le terrorisme qui s’abattait alors sur les Français (5). Le courage manque souvent en politique et à mal nommer les choses il y a bien pire : ne pas vouloir les nommer du tout. Le déni finit alors par s’installer vidant les mots de leur substance. Par une contagion qui a aussi sa viralité, il affaiblit les esprits critiques en entretenant les confusions sémantiques et intellectuelles. La rhétorique n’est pas la réalité, et le COVID-19 n’a déclenché aucune guerre. Il correspond en revanche à une crise sanitaire de masse dont les effets économiques et sociaux peuvent rompre par ricochets le fragile équilibre de la paix civile.

 

L’unité de réanimation militaire établie par le SSA à proximité de l’hôpital de Mulhouse le dimanche 22 mars (source - Public Sénat). La mobilisation des forces armées ne traduit pas une situation de "guerre" mais elle illustre la notion d’une Défense globale de la population et du territoire.

 

COVID-19 et défense globale

Les fragilités que l’actuelle crise sanitaire de masse révèle sont pourtant connues, redoutées et soulignées depuis longtemps. Certains faits ne datent pas d’hier : l’augmentation exponentielle de la population mondiale depuis la deuxième moitié du XXe siècle ; la métropolisation : plus d’un humain sur deux est désormais citadin ; l’explosion des flux migratoires ; la mise en réseau de tous les flux et son corollaire idéologique : le « sans-frontiérisme » qui blesse les identités ; la concurrence sur les ressources naturelles et la crise environnementale… S’il y a un domaine de la réflexion politique qui a compris la situation globale induite par cet état des lieux, c’est bien celui de la Défense parce qu’il pose (et posera toujours) la question fondamentale de la survie de la société. Une question à laquelle ne peut malheureusement pas accéder un gouvernement des hommes qui confond l’horizon politique avec un horizon essentiellement économique. Or ce dernier qui ne devrait être qu’une préoccupation de moyens et d’outils, ne voit et ne privilégie que le gain matériel à court-terme.

Parce qu’elle a pour préoccupation une société dans son ensemble et non uniquement d’un point de vue économique, une politique de défense ne peut s’inscrire que dans le long terme. Il n’y a pas de politique de défense sans durée ni sans cohérence dans la durée où, sans tout redouter, « il faut se préparer à tout » comme le disait le Cardinal de RICHELIEU (1585-1642). Les vulnérabilités de la société doivent être identifiées loin en amont avant la survenue d’une guerre ou d’une crise, souvent les deux en même temps. De nos jours, eu égard à la spécificité de l’environnement mondial, ces vulnérabilités renvoient à des menaces mais aussi à des risques multiples. Les premières faisant intervenir une volonté de nuire alors que les secondes ne concernent que des accidents pouvant se produire de manière aléatoire. Ces accidents peuvent être naturels ou anthropiques ; ils peuvent se combiner, être de grande ampleur et de nature à provoquer une catastrophe majeure comme c’est le cas avec le COVID-19. Pire, du fait d’interactions inévitables dans un monde démographiquement dense, traversé de flux et de réseaux, un risque peut engendrer une guerre en fragilisant les relations internationales et les États ou en exacerbant des tensions déjà préexistantes au sein des sociétés. Inversement, il n’est pas rare de voir une guerre amplifier un ou plusieurs risques (6).

Ce n’est donc pas un hasard si le traditionnel Livre blanc de la Défense nationale (dont le premier date de 1972) est devenu, en 2008, un Livre blanc de la Défense et de la Sécurité nationale. Interactions et hybridations des menaces et des risques liées à notre modernité ont conduit à une globalisation de notre Défense nettement perceptible dans l’ordre international post-Guerre froide. Cette globalisation se décline désormais sur le volet classique des menaces extérieures (les menaces militaires liées aux États ou à des groupes) et intérieures (les menaces liées au terrorisme et au crime organisé, celles pesant sur l’économie), mais également sur le volet des risques mondialisés et des crises majeures qu’ils font courir à l’ensemble du corps social (risques naturels et anthropiques, crises sanitaires). Rappelons ainsi que le Plan national « pandémie grippale » est une émanation du Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale (SGDSN) (7).

Les militaires travaillent depuis des années sur la question d’une pandémie planétaire de type COVID-19 au sein d’une unité de veille sanitaire de défense, et ne sont nullement surpris par les événements actuels. Cependant, ils réfléchissent dans une dimension anticipatrice qui n’intéresse pas le court-termisme de dirigeants sans véritable horizon politique. Le problème est le même aux États-Unis où un rapport de la CIA datant de 2008 (et qui précédait d’un an l’épidémie de grippe H1N1) décrivait déjà avec exactitude les causes et les effets de la catastrophe sanitaire actuelle (8).

C’est que l’effort de défense et de protection de la société n’est pas rentable. Il s’inscrit dans une durée qui dépasse les mandats électoraux selon une logique dont la finalité n’est pas productive. Le scandale des masques FFP2 illustre cette difficulté des gouvernements actuels à vouloir regarder au plus loin (cf. infra). La crise sociale née des coupes budgétaires et d’une réduction constante des moyens affectant des métiers tels ceux de sapeur-pompier, de policier, d’urgentiste, d’hospitalier et d’infirmière, sans parler de la difficile sanctuarisation du budget du Ministère des Armées, sont des témoins allumés depuis des décennies. Ils reflètent également cette incohérence de l’action publique à l’endroit d’une véritable politique de défense globale. Ce sont donc des métiers déjà affaiblis - pourtant situés au cœur de notre pacte social – qui, aujourd’hui, sont plus que jamais mobilisés face à une crise sanitaire globale.

Mobilisés, les acteurs de la défense le sont massivement tout en étant particulièrement exposés à la contamination par le COVID-19. Pompiers, policiers et gendarmes sont engagés sans masques ni protections particulières. Plus de 10 000 membres des forces de sûreté sont déjà infectés et confinés, provoquant la mobilisation de tous les élèves et stagiaires des écoles de formation, d’application et jusqu’aux officiers de la Gendarmerie candidats au brevet de l’École de Guerre qui ont été réaffectés dans des états-majors de crise. Quant aux personnels sanitaires, leur situation est non seulement dramatique, mais elle est aussi potentiellement explosive. Aux effets de saturation qui peuvent paralyser le système sanitaire (9), alors que l’on commence à compter des médecins parmi les victimes, imaginons les conséquences épidémiologiques et sociales que provoquerait l’élimination d’une partie importante des effectifs de nos soignants du fait de leur exposition directe et prolongée au COVID-19. Cela peut aller très vite et pose la question du seuil de rupture du système. À partir de quel niveau de perte ou de neutralisation le système sanitaire ne serait-il plus opérationnel : 20% des personnels, un tiers, 40% ?

 

La polémique concernant les masques Filtering Facepiece 2 ou FFP2 est l’illustration de ce qu’il coûte à ne pas vouloir comprendre qu’une politique de défense et de protection se conduit sur la durée au-delà de préoccupations exclusivement économiques. Ces masques qui, aujourd’hui, manquent cruellement à nos médecins, réanimateurs et personnels soignants sans même parler du reste de la société, faisaient l’objet de stocks stratégiques gérés par l’État jusqu’en 2011. Roselyne NARQUIN-BACHELOT, Ministre de la Santé, de la Jeunesse et des sports (2007-2010), était à l’origine de la constitution de stocks importants de ces masques : 580 millions d’unités d’après l’Établissement de Préparation et de Réponses aux Urgences Sanitaires (EPRUS). Il est vrai qu’en 2009, la Ministre avait eu à gérer la crise sanitaire du H1N1, mais ses achats massifs de FFP2 avaient été d’emblée très critiqués. Suite à un avis du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) du 1er juillet 2011, l’efficacité des FFP2 est remise en cause, et la réduction des stocks est préconisée pour des raisons de coûts auprès du nouveau ministre de la Santé, Xavier BERTRAND (2010-2012). Désormais, il est recommandé de ne réserver les FFP2 qu’aux personnels les plus directement exposés en cas de crise grave. Quant aux réserves de ce matériel, l’État s’en désengage pour le mettre à la charge de professionnels libéraux et hospitaliers ; les pharmacies devant pouvoir également fournir des FFP2. Cette réorientation est confirmée en 2013 par la Ministre, Marisol TOURAINE (2012-2017) qui supprime également l’EPRUS en 2016. Quant à la production industrielle des FFP2, elle était déjà délocalisée en Chine. Le mardi 3 mars 2020 - alors que la question n’est plus est-ce que l’épidémie va toucher l’ensemble des Français, mais combien de morts va-t-elle faire ? -, le nouveau Ministre des solidarités et de la Santé, Olivier VÉRAN, reconnaissait l’inexistence de stocks stratégiques de FFP2.

 

La véritable opération « résilience » c’est insuffler l’Esprit de défense

Toutes les institutions de défense sont donc aujourd’hui mobilisées. La crise sanitaire provoquée par le COVID-19 met tous les acteurs de notre Défense sur le pont à commencer par les personnels médicaux et soignants. Cela se traduit par la mise en œuvre du Plan blanc et par la mobilisation de la réserve sanitaire ; cette dernière se distinguant de la Garde nationale elle aussi mobilisée pour renforcer les effectifs nécessaires à faire respecter les mesures de confinement et les premiers couvre-feux instaurés dans certaines villes. Quant aux forces armées, elles ne sont pas en reste fournissant 5 millions de masques que la société civile n’a pas en stock. L’Armée de l’Air et le Service de Santé des Armées (SSA) ont déjà mis en œuvre les modules MORPHÉE pour convoyer et rapatrier des personnes infectées, et un hôpital militaire de campagne a été établi à Mulhouse dans le Haut-Rhin, l’un des foyers majeurs de l’épidémie.

Dans l’allocution télévisée du 25 mars, le Président de la République annonçait le lancement d’une nouvelle opération militaire appelée « Résilience ». Au-delà de l’effet d’annonce d’une opération dont les contours demeurent encore flous, on comprendra d’emblée un certain nombre de missions telles que le soutien aux autorités civiles, celui aux populations, la protection de sites sensibles (en élargissement à l’opération Sentinelle), la protection des réseaux et des flux logistiques particulièrement vulnérables, la mise à disposition des 8 hôpitaux d’instruction aux armées et peut-être l’installation prochaine d’un deuxième hôpital de campagne en Île-de-France (la région désormais la plus touchée). Engagées de manière ponctuelle depuis le 18 mars, les forces armées voient dorénavant leurs actions coordonnées par un Centre de Planification et de Conduite des Opérations (CPCO) particulièrement dédié, en charge de leur intégration dans un dispositif interministériel plus vaste.

La dimension globale de notre Défense n’aura peut-être jamais été autant révélée qu’avec cette crise sanitaire majeure qui survient alors que la menace terroriste reste élevée ; alors que dans le même temps des milliers de soldats français continuent de se battre aux confins du Sahara (10). Or, les moyens sont comptés sur tous les fronts (11). Pour ne prendre que l’exemple des moyens sanitaires civils, la France ne compte que 5000 lits de réanimation dont 2000 seulement sont affectés à l’Île-de-France (plus de 10 millions d’habitants). La société française à qui il est imposé un confinement exceptionnel appelé à se durcir, le comprend-elle ? Tiendra-t-elle surtout face à un effort général nécessitant une discipline sociale, une conscience civique et un sens du Bien commun qui, seuls, pourraient faire accepter un changement durable des habitudes de vie ?

Nous ne sommes pas en guerre, et ce mauvais usage du mot passe mal. Quand bien même des centaines de Français périssent quotidiennement du COVID-19, ce n’est pas avec des effets d’annonce rhétorique et médiatique qu’on parviendra à mobiliser une société ainsi, du jour au lendemain. Certes, les Français ont su, par le passé, affronter de terribles épreuves collectives, mais il s’agissait d’autres Français capables d’endurer parce qu’ils s’inscrivaient dans un destin commun, non ces contemporains minés par l’hédonisme, le matérialisme et l’individualisme : ces modernes qui ont préféré substituer l’émotion à l’intelligence. Les solidarités traditionnelles étaient alors des sémaphores allumés dans la tempête, et il y avait aussi des époques où l’École - encore républicaine dans son esprit – jouait son rôle de ciment social. Le Bien commun restait ancré dans les préoccupations et le patriote n’avait pas à rougir de honte. Le respect de ce que pouvait représenter le drapeau permettait à la fois l’assimilation et la transcendance. Entre ces Français, ceux de 1914 pourtant pas si lointains que ça, et ceux d’aujourd’hui, c’est bien plus qu’une leçon d’histoire qui les sépare, c’est désormais une véritable distance culturelle, sociétale, voire anthropologique.

Le Président de la République ne s’y est pas trompé lorsqu’en annonçant l’opération Résilience il mentionna de suite l’affectation de deux bâtiments de guerre aéronavale (12) : le BPC Mistral L 9013 à destination de la zone Mayotte/La Réunion et le BPC Dixmude L 9015 pour la zone Guyane/Antilles. Véritables poudrières sociales et ethniques, pour certains d’entre eux, ces territoires lointains, oubliés depuis longtemps par la République, sont les plus vulnérables à une crise sanitaire qui pourrait engendrer de véritables insurrections qui, pour le coup, autoriseraient à parler de guerre civile. Sommes-nous, en métropole, préservés de ce genre de risque glissant vers la catastrophe majeure pour ensuite muter en menace directe pour le corps social ?

Si le Président MACRON et ses prédécesseurs, ainsi que les différents ministres de l’Éducation nationale qui les ont accompagnés, avaient été pénétrés de l’intérêt supérieur de la Nation – supérieur à la durée de leurs mandats, à leurs perceptions idéologiques du pouvoir et de la politique, supérieur aux seuls intérêts économiques - c’est à l’École qu’ils auraient d’abord déclenché la véritable opération Résilience. Ce n’est pas lorsque la catastrophe est en cours qu’il faut parler de résilience, et ce n’est pas lorsque les Français meurent en masse d’une maladie qu’il faut parler de guerre. En revanche, c’est l’Esprit de défense qui peut forger la capacité des individus et d’une société à résister, puis à réagir au plus fort d’une crise. Cela ne peut se faire du jour au lendemain cependant, et il faudra de longues années que seule l’École peut accompagner, suffisamment tôt dans la vie d’un individu pour lui donner cette culture de défense, partant lui insuffler un Esprit de défense.

C’est également en éveillant les consciences civiques aux menaces et aux risques dès l’École, que l’on fera naître des valeurs partagées qui nous prémuniront au mieux d’un affrontement intérieur entre individus, groupes et communautés. Une guerre civile que personne, à ce jour, ne peut dire si elle surviendra, comme personne ne pourra non plus en nier les prodromes (13).

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  1. Cf. SPINNEY (Laura), La grande tueuse, Albin Michel, 2018, 432 p. La grippe « espagnole » fit son apparition dans les camps d’entraînement de GI’s aux États-Unis avant de se répandre sur le front occidental, puis au-delà puisqu’elle finit par s’étendre au reste du monde au cours de trois cycles entre mars 1918 et juillet 1921. Apparentée à un virus H1N1, elle fut qualifiée à tort d’espagnole car c’est la presse espagnole qui en parla pour la première fois dans un contexte de censure des presses nationales. Elle fit une quarantaine de millions de morts dans le monde tous pays confondus, ce qui en fit une pandémie encore plus meurtrière que la peste de 1348.
  2. Cf. À cette date, seuls sont comptabilisés les décès dans les hôpitaux. Ce n’est qu’après cette date que les victimes en EHPAD (comme ailleurs) seront intégrées dans le recensement national quotidien. Or, c’est dans les EHPAD que le taux de mortalité est particulièrement élevé du fait de l’âge de la population de ces établissements.
  3. Cf. Le dernier Plan national de prévention et de lutte « Pandémie grippale » date d’octobre 2011. Il se présente comme un document officiel d’aide à la préparation et à la décision. Il distingue cinq étapes dans une crise sanitaire : l’Alerte initiale qui pose les premières mesures de prévention et de sécurité, un stade 1 dont l’objectif est de freiner l’introduction d’un virus sur le territoire national, un stade 2 qui vise à freiner la propagation du virus sur le territoire national, un stade 3 qui cherche à atténuer les effets de la vague épidémique. Le stade 4 prévoit le retour à la situation antérieure et la préparation à une éventuelle nouvelle vague épidémique. Ces cinq étapes s’organisent autour de quatre actions principales : l’état des lieux, les axes de réflexion, le schéma des mesures pouvant être prises, les mesures possibles avec leur nomenclature.
  4. Cf. Parmi les ouvrages traitant du « politiquement correct » ou de la « bien-pensance », citons BOCK-CÔTÉ (Mathieu), L’empire du politiquement correct, Cerf, 2019, 304 p. DELPORTE (Christian), Une histoire de la langue de bois, Flammarion, 2011, 382 p. et LÉVY (Élisabeth), Les Rien-pensants, Éditions du Cerf, 2017, 432 p. On verra dans ce problème majeur pour notre démocratie la source profonde des fake news et des postures conspirationnistes pourtant condamnées par les autorités politiques et publiques.
  5. Cf. FONDAPOL, « Les attentats islamistes dans le monde 1979-2019 », novembre 2019, 69 p. Les attentats islamistes ont tué 317 personnes en France depuis 1979 avec, cependant, une forte accélération à partir de 2013.
  6. Cf. SGDSN, « Doctrine de protection des travailleurs face aux maladies hautement pathogènes à transmission respiratoire », rapport n° 241, 16 mai 2013, 10 p. Il faut cependant reconnaître que c’est ce même SGDSN qui reprend les conclusions du Haut Conseil de la Sécurité Publique (HCSP) remettant en cause l’efficacité des masques FFP2 et préconisant la fin de leur stockage par l’État. Un avis et un rapport qui vont peser dans la décision de la Ministre des solidarités et de la Santé de l’époque, Marisol TOURAINE (2012-2017). HCSP, « Avis relatif à la stratégie à adopter concernant le stock État de masques respiratoires », 1er juillet 2011, 6 p.
  7. Cf. L’exemple de la grippe espagnole.
  8. Cf. HUPIN (Christian), TANTI (Marc) et al. « Pandémie grippale 2009 dans les armées : l’expérience du veilleur », Médecine et armées, 40, 2012, pp. 389-396 et BAROTTE (Nicolas), « Quand les militaires envisageaient le risque de pandémie », in Le Figaro, 19 mars 2020.
  9. Cf. L’afflux en grande nombre de personnes infectées et la saturation des hôpitaux, l’insuffisance du nombre de lits de réanimation, celle du nombre de respirateurs artificiels, le tri imposé par la gestion des personnes à sauver en priorité, l’épuisement des personnels soignants…
  10. Cf. Afin de compléter ce spectre de menaces, ajoutons les cyberattaques en pleine recrudescence contre les institutions, les entreprises et les personnes. La crise fragilise les États et paralyse les administrations tout en augmentant le trafic numérique du fait du télétravail imposé par le confinement. Elle est donc une véritable opportunité pour l’intrusion dans les systèmes ainsi que le vol de données médicales et personnelles.
  11. Cf. CLEMENCEAU (François), « La cheffe du Service de Santé des Armées face au coronavirus : « Mes moyens ne sont pas illimités », in Le Journal du Dimanche, 21 mars 2020.
  12. Cf. Disposant donc de capacités sanitaires (hôpital embarqué) et de moyens aériens (hélicoptères).
  13. Cf. RIOUFOL (Ivan), La guerre civile qui vient, Éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2016, 208 p.

 

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La condition physique aux armées

 

Pour des raisons évidentes, la condition physique et son entretien tiennent une place permanente dans le métier des armes. Si tous les militaires, sans distinction de grade ni de sexe, ont pour devoir d’entretenir leur aptitude physique, un certain nombre de tests sportifs leurs sont imposés annuellement. Cette évaluation physique permanente à l’échelle d’un contrat ou d’une carrière intervient dans la notation globale annuelle du militaire.

Jusqu’en 2010, ces tests étaient connus sous l’acronyme COVAPI pour Contrôle Obligatoire de la Valeur Physique Individuelle. À des épreuves communes dont les barèmes étaient adaptées aux sexes et aux catégories d’âge, pouvaient aussi s’ajouter des épreuves spécifiques selon les armées. À partir de 2010, les COVAPI ont été remplacés par le Contrôle de la Condition Physique du Militaire (CCPM) lui-même divisé en deux modules : le Contrôle de la Condition Physique Générale (CCPG)...

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Géostratégie de la Mer Baltique

 

Une première dans l’Histoire : en juillet 2017, des bâtiments de guerre chinois ont réalisé un exercice naval avec des bâtiments de guerre russes en Mer Baltique (source - Sputniknews).

 

Peu connue du grand public au-delà des milieux universitaires et militaires tournés vers la recherche stratégique, Stratégique est la revue trimestrielle de l’Institut de Stratégie Comparée (ISC). L’ISC a été fondé par Hervé COUTAU-BÉGARIE (1956-2012) en 1994.

Stratégique consacre son dernier numéro à la Mer Baltique : un espace maritime dont l’importance est assez mal connue nonobstant sa proximité géographique. Dirigé par Matthieu CHILLAUD, ce dossier est présenté par Georges-Henri SOUTOU, président de l’ISC et membre de l’Institut. Dans son éditorial, M. SOUTOU rappelle l’importance de cette mer dès le Moyen-Âge, que les époques moderne et contemporaine ont depuis confirmé jusqu’aux deux guerres...

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ISEMAR

 

L’Institut Supérieur d’Économie Maritime, créé en 1997, est situé dans la métropole Nantes-Saint-Nazaire. L’ISEMAR est un observatoire qui étudie l’économie maritime dans tous ses aspects : les transports, les infrastructures portuaires, l’industrie de la construction navale mais aussi toutes celles liées à la mer, les questions juridiques...

Fonctionnant comme un institut d’expertise indépendant, l’ISEMAR s’intéresse également à la dimension géopolitique des mers, des océans. À ce titre, certains de ses travaux seront particulièrement utiles aux professeurs d’Histoire, de Géographie et d’Économie. L’option Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences politiques, dès la classe de Première, ne sera pas non plus en reste. Ces travaux permettront d’approfondir les connaissances indispensables à la compréhension des évolutions actuelles, et l’attention sera notamment...

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La désinstruction nationale

 

Études et témoignages se suivent et se ressemblent depuis longtemps. Tous décrivent la même réalité à savoir la déliquescence de l’Éducation nationale française. Un phénomène sciemment entretenu et alimenté par nos élites politiques, que l’on pourrait résumer par un affaiblissement constant de la transmission des connaissances et – plus grave encore – de la capacité à utiliser celles-ci à travers un raisonnement construit, logique et cohérent. Parmi les auteurs qui ont pu écrire sur le sujet, souvent avec brio et conviction, citons Jean-Paul BRIGHELLI et François-Xavier BELLAMY (1).

Désormais, il faudra y ajouter le dernier livre de René CHICHE, La désinstruction nationale (2). Agrégé de philosophie et enseignant en lycée, M. CHICHE est également membre supérieur du Conseil de l’Éducation et vice-président du syndicat Action et démocratie CFC-CGC. Son regard est donc celui d’un praticien de l’enseignement, mais aussi de...

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Comment la France s’organise pour déjouer des attentats ?

 

 

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1917 (2019)

En avril 1917 sur le front occidental, dans le secteur des Flandres, deux soldats britanniques (Blake et Schofield) reçoivent pour mission de porter un message de toute urgence devant annuler une attaque imminente. Cette dernière enverrait le régiment dans lequel le frère de Blake sert comme lieutenant dans un piège tendu par les Allemands. Au-delà de la situation personnelle de Blake, les deux hommes, qui doivent parcourir une quinzaine de kilomètres à travers le no man’s land et un secteur encore tenu par les Allemands, ont aussi le sentiment de tenir entre leurs mains le sort de 1600 soldats.

La prouesse de Sam MENDES est de réaliser un film qui se présente comme une course contre le temps filmée en un seul plan-séquence. Certes, il y a quelques coupures mais l’unité du plan-séquence qui tient sur deux journées et une nuit reste remarquable. Du début à la fin d’un film de deux heures, le spectateur est tenu par le rythme, le suspens et un...

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L’affolement du monde

Dans un livre paru en janvier 2019 - que l’on pourra contextualiser avec une année de recul (1) -, Thomas GOMART décrit, autour de 10 enjeux majeurs , la situation géopolitique du monde. Que ce soit à travers l’émergence de la puissance chinoise, le retour d’une Russie nationaliste, l’unilatéralisme des États-Unis, le directeur de l’IFRI (2) analyse une période de rupture profonde qui voit le déclin du modèle européen et met l’humanité au bord du gouffre. Son pessimisme (réalisme ?) suit également les problématiques transversales que sont les enjeux énergétiques et climatiques, mais aussi les mutations de la guerre liées aux menaces cybernétiques.

Cet essai sera utilement croisé avec les analyses de l’ancien CEMA, le Général Pierre de VILLIERS, et de son successeur, le Général François LECOINTRE. Il permettra aussi d’éclairer les enseignants en charge de la nouvelle option « Histoire-Géographie,...

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Mondes en guerre

La mondialisation de la guerre a désormais son histoire. Phénomène largement présenté sous un angle géoéconomique et contemporain, la mondialisation peut aussi être abordée comme un jeu d’échelles sur plusieurs millénaires. C’est en tout cas le pari relevé par Hervé DRÉVILLON et plusieurs équipes de chercheurs qui - avec la collection Mondes en guerre (1) - privilégient une explication globale à partir de cette réalité anthropologique aussi ancienne que l’Humanité elle-même : la guerre (2). Pour reprendre la formule de M. DRÉVILLON, la problématique de cette somme érudite - dont les deux premiers volumes viennent de paraître à l’automne 2019 - pourrait se résumer par « comment le monde fait la guerre et comment la guerre fait le monde ».

Professeur à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne où il dirige l’Institut des Études sur la guerre et la paix, directeur de recherches au Service Historique de la Défense (SHD), Hervé DRÉ

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L’archipel français

 

Observateur averti de l’état de l’opinion et du pays, sondeur reconnu pour l’équilibre de ses analyses, Jérôme FOURQUET est le directeur du département « Opinion et stratégies d’entreprise » de l’IFOP. Analyste politique et spécialiste de géographie électorale, il est l’auteur de nombreux livres dont le dernier - L’archipel français. Naissance d’une nation multiple et divisée (1) - a remporté le Prix du Livre politique de l’année 2019.

Ouvrage remarqué dès sa parution, L’archipel français dit l’essentiel dans son titre. Quelles sont les grandes fractures qui traversent notre société actuelle, et en quoi ont-elles atteint un degré inédit ? Comment la culture républicaine a-t-elle évolué ? Quelles sont les conséquences de l’immigration pour la société et que révèlent les affrontements sociétaux ? Les questions abordées sont d’emblée très vastes. Elles parcourent l’ensemble de la société française.

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MOOC « L’intelligence artificielle pour tous »

Un sujet vaste et fondamental

S’il y a bien un sujet à la mode dont beaucoup parlent sans forcément savoir précisément de quoi il ressort, c’est bien celui de l’intelligence artificielle (IA). Un sujet qui, cependant, au-delà de la mode médiatique qu’il suscite, annonce de véritables révolutions dans tous les domaines d’activités. Entre fantasmes et risques réels, entre souhait et illusion de pouvoir un jour donner une capacité de décision à une machine en attendant de pouvoir lui donner une conscience d’elle-même, le sujet connaît très certainement, en notre époque, un point de convergence entre la réalité et ce qui fut jusqu’à présent un thème de science-fiction.

Jusqu’où pousser l’optimisation des systèmes et à partir de quand commence l’augmentation de l’humain ? L’IA constitue un maillon important d’un ensemble de recherches scientifiques (génie génétique, bionique, robotique…) qui, dès aujourd’hui, dessine une...

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Les attentats islamistes dans le monde 1979-2019

  • Située dans la région de Raqqa en Syrie, Tabqa est une ville stratégique où se trouvent à la fois un barrage et une base aérienne. C’est sur cette dernière que l’État islamique capture 200 soldats syriens le 24 août 2014 (cf. photographie supra). Ils seront tous exécutés.

 

La France en première ligne

De 1979 à 2019, la France a été frappée par 71 attentats dans lesquels ont péri au moins 317 personnes. À regarder de plus près ce bilan, on constatera une accélération du phénomène de 2013 à nos jours avec 42 attentats et 272 morts, soit en moyenne 6 attaques meurtrières par an. La France est finalement le pays de l’Union européenne le plus touché par les attaques islamistes - 54,3% des attentats revendiqués par l’État islamique – avec une sensibilité particulière pour les grandes régions urbaines : Île-de-France, Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes et PACA. Les terroristes islamistes peuvent aussi cibler de petites villes,...

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« L’Islam en France, le temps des solutions »

  • En septembre 2019, à l’occasion de l’élection des délégués de parents d’élève, la FCPE diffuse cette affiche montrant une mère d’élève musulmane encadrant une sortie scolaire. S’affichant comme historiquement laïque, l’association - particulièrement marquée à gauche - a semé le trouble jusque dans ses propres rangs, brouillant la définition même de la Laïcité.

 

Après une récente étude de l’Institut Montaigne montrant la progression du Salafisme dans notre pays, un autre think tank vient de se pencher sur la question de l’intégration de l’Islam au sein de notre société. Chercheur associé à l’Institut Thomas More, et alors qu’une affiche de la FCPE a créé une polémique en cette rentrée scolaire, Sophie de PEYRET vient de commettre un rapport intitulé « L’Islam en France, le temps des solutions. 35 propositions pour agir maintenant ».

20e rapport édité dans le cadre du programme «

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Périscope : la nouvelle revue de presse stratégique du CESM

 

Situé dans l’École de Guerre de Paris, le Centre d’Études Stratégiques de la Marine (CESM) produit régulièrement des études de qualité sur les questions maritimes et navales. Afin de renforcer son pôle recherche stratégique, il vient de lancer en octobre 2019 une nouvelle revue de presse destinée à réaliser une synthèse bimensuelle de l’actualité française, et étrangère, mais aussi des travaux universitaires et ceux d’autres centres de recherches spécialisées sur ces questions.

L’importance des mers et des océans étant affirmée dans les nouveaux programmes du Lycée - plus particulièrement avec la mise en place d’une nouvelle option Histoire/Géopolitique -, Périscope, au même titre que les publications déjà existantes, apportera les éclairages les plus précieux aux enseignants.

 

 

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Le MOOC du SGDSN « Faire face ensemble »

Attaque du Bataclan, novembre 2015 (source - Reuters)

 

Depuis des années le plan VIGIPIRATE accompagne notre quotidien. Si nous en avons intégré la nécessité et le principe, nous n’avons paradoxalement pas réussi à associer de manière active les citoyens au sein d’un dispositif lourd et insuffisant pour protéger tout le monde. Cette association ne peut passer que par une formation d’Éducation à la Défense à laquelle le Secrétariat Général à la Défense et à la Sécurité Nationale (SGDSN) vient d’apporter une réponse concrète.

Une menace toujours présente

La destruction récente du califat instauré par l’État islamique (EI) ne signifie en rien une défaite définitive de ce dernier. De l’avis de tous les responsables des questions de défense, que ce soit ici ou outre-Atlantique, la guerre se poursuit mais avec un changement de nature (1). L’EI s’y est préparé qui, actuellement, a basculé dans la clandestinité recherchant,...

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La Journée Défense Citoyenneté

 

Avec le recensement, la Journée Défense Citoyenneté (JDC) constitue l’une des étapes importantes du parcours citoyen. Anciennement appelée Journée d’Appel et de Préparation à la Défense (JAPD), la JDC est une obligation civique pour les garçons comme pour les filles entre leur 17 et leur 18 ans. Elle se réalise par convocation - le plus souvent durant leur année de Terminale - , et après le recensement normalement effectué en mairie l’année de leur 16 ans.

La JDC s’articule autour de trois questions, qui structurent l’organisation de la journée entre les jeunes et les acteurs de la Défense.

  • Pourquoi une Défense ?
  • Comment le pays est-il défendu ?
  • Quelles sont les voies de l’engagement civique ?

Les thèmes de la sécurité routière et du Service national ont été, par la suite, intégrés aux ateliers de la JDC. Temps de sensibilisation, de formation et d’orientation, la JDC est aussi un moment privilégié pour évaluer...

Comment se comporter en homme debout au XXIe siècle ?

  • Votre dernier essai s’intitule Pour quoi serions-nous encore prêts à mourir ? Le mot « encore » signifie-t-il que mourir pour un idéal est une faculté que nous avons perdue ? Quand est-ce arrivé ?

Alexandra LAIGNEL-LAVASTINE - Je dirais que l’Europe s’est construite, depuis 1945, sur le désaveu du Mal radical. Le voyant revenir sous une forme imprévue et embarrassante — l’islamo-fascisme —, elle a choisi de faire l’autruche. Quant à la guerre, elle s’est perdue dans les méandres du XXe siècle. Et outre notre ramollissement consumériste, un autre facteur joue en sous-main : nous vivons sur l’idée folle selon laquelle, pour se débarrasser des tragédies du XXe siècle, il suffirait d’en finir avec le tragique lui-même. D’où le fait que nous nous savons en guerre, mais que nous ne voulons toujours pas le savoir : nous voulons avoir la paix !

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