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Le système FELIN
Article mis en ligne le 29 mai 2017

par Nghia NGUYEN


 

Un programme d’équipement récent

Le Fantassin à Équipements et Liaisons Intégrés (FELIN) est un programme d’équipement majeur de l’Armée de Terre, lancé en 2001 après plusieurs années d’étude. Emboîtant le pas à des programmes similaires dans d’autres pays – Land warrior aux États-Unis ou FIST en Grande-Bretagne – le projet FELIN est suivi par la société SAGEM (groupe SAFRAN) à partir de 2004. Jusqu’en 2008, les divers équipements du système sont soumis au banc d’essai. Une première livraison en pré-série permet un passage au banc d’évaluation en 2009. Cette année, plusieurs unités reçoivent le FELIN pour le tester dans des milieux considérés comme extrêmes pour l’engagement de l’infanterie : désert, jungle, montagne…

Aujourd’hui, le programme FELIN est arrivé à maturité, et est désormais opérationnel. Nous entrons dans la phase de production, qui voit le déploiement du matériel dans les unités. 22 588 tenues ont été ainsi commandées à la SAGEM, et les premières unités ont commencé à en être équipées dès la fin 2010. Avec le 1er RI, le 13e BCA a déjà perçu l’ensemble de ses tenues FELIN. Bientôt suivront les 16e BC, le 92e RI et le 35e RI. Il est ainsi prévu d’équiper 4 régiments d’infanterie par an jusqu’en 2015, année au cours de laquelle l’ensemble de l’Armée de Terre sera « félinisé ».

Le fantassin info-centré

Le FELIN est un système d’équipement individuel du combattant d’infanterie. Se présentant comme une plate-forme d’équipements associés, la tenue peut se voir ajouter ou, au contraire, se voir retirer des éléments au gré des circonstances. De conception modulaire, il comporte 90 pièces d’équipement permettant 16 configurations différentes selon les missions. Le FELIN fait véritablement entrer notre infanterie sur le champ de bataille numérique en info-centrant toutes les fonctions élémentaires du fantassin à savoir : sa protection, ses capacités d’observations, d’attaque, de mobilité et de communication. En situation de combat direct avec l’ennemi, le système FELIN permet à tout soldat de devenir un soutien tactique à part entière par la capacité de ce dernier à informer en temps réel les autres combattants de son groupe, les localiser et leur apporter un feu y compris en configuration indirecte ou déportée.

Capteur et maillon situé au centre des flux d’informations de son groupe de combat, le FELIN est aussi intégré dans les autres systèmes d’armes présents sur le champ de bataille : blindés Leclerc, VBCI, canon CAESAR, hélicoptère Tigre, drone, avion Rafale qu’il peut directement renseigner. Capable de combattre de jour comme de nuit, il renseigne également la chaîne de commandement à tous ses échelons, du chef d’équipe au général. C’est cette faculté d’agir en réseau sur le terrain, comme de pouvoir s’intégrer dans un réseau tactique plus large, qui fait désormais entrer le fantassin français dans la dimension véritablement info-centrée de la guerre moderne. À ce titre, le FELIN constitue un élément d’un ensemble technologique et tactique plus vaste : le programme Scorpion.

Fantassin mécanisé évoluant sous blindage à la vitesse d’un VBCI, le FELIN est destiné au combat débarqué à proximité de l’objectif. À l’origine, le programme avait lancé un autre sous-programme concernant la mise au point d’une nouvelle arme : la PAPOP ou Poly-Arme Poly-Projectile. De conception bullpup (1) comme le FAMAS, la PAPOP (dont il a existé deux versions) devait pouvoir traiter tout objectif masqué ou non. Le poids de l’arme et la bonne évolutivité du FAMAS ont finalement conduit à l’abandon de la PAPOP. C’est donc un FAMAS de nouvelle génération qui a équipé le FELIN dans un premier temps, dans l’attente du remplacement de ce FAMAS félinisé par le HK 416.

Le programme FELIN a permis de grandes avancées technologiques et ergonomiques. Pour communiquer, le combattant dispose d’un système d’ « ostéo-communication » où micros et écouteurs transmettent les messages par vibration au contact des os du crâne. Le RETEX a fait intégrer les commandes radio ainsi que le terminal informatique à la poignée du FAMAS qui, pour se faire, a été allongée au-delà de la poignée pistolet. Il est vrai que le casque à tendance à s’alourdir avec les systèmes optiques et de communication qu’il centralise désormais. Si l’US Army travaille, actuellement, sur des concepts d’exosquelettes pouvant permettre de soulager le portage du soldat et d’augmenter l’endurance de ce dernier, d’autres recherches en matière d’électro-textiles et d’armes plus légères pourraient alléger dans un avenir proche l’actuel FELIN.

Un point faible : le poids de la tenue

La question du poids de la tenue peut être nuancée à l’aune du paradigme de l’infanterie occidentale, où le fantassin a toujours été un combattant chargé que ce soit les « mules » de Marius, les gens d’armes du XVe siècle ou les grognards de Napoléon. Le FELIN a pour lui une recherche de pointe en matière d’ergonomie, d’optronique et de liaisons radio qui intègre au combattant une large panoplie de moyens permettant une protection et une polyvalence tactique que l’on ne trouve pas dans les anciens équipements. Pensons, par exemple, à ce que pouvait peser une paire de jumelles, un poste radio TRPP 13 ou TRPP 11 pour une efficacité bien moindre aussi bien à l’échelle du combattant que du groupe.

Cependant, l’un des reproches majeurs adressé au fantassin info-centré - hormis son coût - reste néanmoins la question du poids d’ensemble. Celui-ci a été initialement déterminé à 30 kg avec une dotation réglementaire en munition de 6 chargeurs et 4 grenades. L’expérience en Afghanistan montre, cependant, que les combattants n’hésitent pas à emporter avec eux davantage de chargeurs et de grenades augmentant sensiblement le poids de la tenue. Toutes les configurations FELIN que nous avons pu observer jusqu’à présent, montrent effectivement un combattant lourdement équipé, voire encombré par la taille de certains appareils optiques… Le système n’échappe pas à cette recherche permanente du compromis entre la mobilité et la protection, cette dernière représentant 40% du poids total de la tenue. L’actuel FELIN, nonobstant son appellation, n’a, donc, plus rien à voir avec les fantassins des guerres d’Indochine ou d’Algérie, qui étaient beaucoup plus « félins » au sens propre. Il représenterait un poids supplémentaire de 5 kg par rapport à une tenue de combat contemporaine classique qui en fait déjà 40...

L’actuel concept de guerre info-centrée nécessite plus que jamais une force combattante à la fois physiquement bien entraînée et bien instruite techniquement. Le fantassin d’aujourd’hui - sportif (2) - se doit de penser la bataille à la vitesse de l’INTRANET tout en restant conscient des limites de son équipement - notamment l’autonomie des batteries d’énergie (3) –, et tout en conservant la « rusticité » traditionnelle du grenadier-voltigeur. Mais au-delà de ces considérations techniques, le système FELIN est surtout représentatif d’une évolution de notre infanterie moderne où l’homme - devenu rare dans les armées de métier - doit être capable de combattre tout en étant économisé et préservé. La part de la protection – en coût comme en poids - dans de telles tenues est d’une certaine manière le sacrifice à consentir dans des conflits où une partie de la Nation ne perçoit plus l’intérêt direct des interventions militaires. La moindre perte devenant, en effet, très vite insupportable au regard de l’opinion publique.

  1. Le terme « bullpup » désigne la conception mécanique d’une arme à feu dont la culasse et le mécanisme de tir se situent très en arrière, à l’endroit qu’occupe habituellement la crosse sur les fusils d’assaut classiques. L’avantage de l’architecture bullpup est de permettre la réalisation d’armes plus courtes et plus compactes sans pour autant sacrifier la longueur du canon. Le FAMAS a été particulièrement novateur en la matière.
  2. Le fantassin FELIN ne sera pas d’un gabarit particulièrement imposant, la tenue pouvant s’adapter à différentes tailles. En revanche, il devra être particulièrement endurant et résistant ; physiquement entraîné au quotidien.
  3. Avec les tenues FELIN, SAGEM/SAFRAN fournit d’indispensables kits de rechargement. Ces kits – prévus également pour les vieux VAB - permettent aux soldats de se brancher à l’intérieur des véhicules afin de recharger leurs batteries, mais aussi de synchroniser leur système d’information.

 


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