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La bataille d’Isandhlwana (1879)
Article mis en ligne le 28 novembre 2017

par Nghia NGUYEN

La bataille d’Isandhlwana par Charles Edwin FRIPP (1885)

 

Dans la liste des rares batailles perdues par les armées européennes durant la période coloniale, Isandhlwana fut – avec Adoua en 1896 pour l’Italie – la plus lourde défaite subie par l’Empire britannique. Si, lors de cette rencontre, le rapport numérique en faveur des zoulous a pu sembler écrasant, il aurait pu être contrebalancé par la puissance de feu et la discipline des soldats du 24th Foot Regiment (les South Wales Borderers) appuyés par deux canons de la 3rd Brigade Royal Artillery, et des supplétifs (1). Malheureusement, la sous-estimation des forces zouloues par le Lieutenant-colonel Anthony W. DURNFORD et son second, le Lieutenant-colonel Henry PULLEINE, l’impréparation défensive du camp d’Isandhlwana, la dispersion des troupes anglaises – disposées en lignes trop étirées alors que des carrés défensifs eurent été plus efficaces face au déferlement zoulou –, et un ravitaillement en munitions déficient au moment critique, décidèrent du sort rapide (une demi-journée) de la confrontation.

 

Armes zouloues : sagaies et bouclier

 

L’intérêt économique porté à l’Afrique du Sud par l’Angleterre – surtout depuis la découverte de gisements diamantifères en 1868 -, sa volonté de consolider ses possessions coloniales africaines sur un axe Nord/Sud, vont d’emblée conduire au conflit anglo-zoulou de 1879. Dans leur expansion, les Anglais se heurtent en effet au royaume zoulou, dont le Roi CETSHWAYO s’appuie sur une redoutable armée. Forte d’une cinquantaine de milliers d’hommes, organisée en grandes unités (impis), constitués de guerriers bien entraînés, l’armée zouloue s’est imposée à tous les peuples de la région jusqu’à l’arrivée des Européens. C’est une force mobile et disciplinée, capable d’appliquer de véritables manoeuvres tactiques d’ensemble. Cependant, CETSHWAYO n’ignore pas la puissance dévastatrice des armes européennes, et son peuple garde en mémoire le cruel souvenir de la bataille de la Blood River (16 décembre 1838) où 500 Boers affrontèrent victorieusement les 15 000 guerriers zoulous du Roi DINGANE. Au terme de cette confrontation 3000 Zoulous furent tués alors que les Boers ne comptèrent que 3 blessés dans leurs rangs ! CETSHWAYO est resté prudent, mais la politique du Gouverneur Henry Bartle FRERE conduit au conflit et précipite son déclenchement à partir de décembre 1878.

Les Britanniques pénétrèrent dans le Zoulouland au début du mois de janvier 1879. Commandée par le Général Frederic August THESIGER - dit Lord CHELMSFORD - l’armée anglaise est scindée en trois colonnes dont celle située au centre du dispositif est la plus importante. Elle est directement commandée par Lord CHELMSFORD lui-même, et s’appuie sur le camp de Rorke’s Drift non loin d’une colline isolée au relief caractéristique : Isandhlwana. L’objectif de CHELMSFORD est d’atteindre la capitale du Zoulouland – Ulundi - et de détruire l’armée de CETSHWAYO qu’il devrait trouver durant sa progression.

Alors qu’il recherche cette armée, le 22 janvier 1879, cette dernière engage presque par surprise les troupes du Lieutenant-colonel DURNFORD restées en arrière à Isandhlwana. Les erreurs tactiques des deux commandants anglais (DURNFORD et PULLEINE) annulent l’avantage des fusils Martini-Henry dont la lourde munition causait des blessures terribles à longue distance (2). Très rapidement, les « Red coats » (3) sont submergés dans un corps-à-corps meurtrier. Armés d’une lance dont la large lame est aussi tranchante qu’un rasoir – l’assegai - les Zoulous révèlent leur supériorité sur des soldats anglais dont le lourd fusil et la baïonnette étaient inadaptés dans ce type de confrontation. Si les armes à feu existaient dans les rangs zoulous (4), la plupart des soldats britanniques furent tués à l’arme blanche ce jour-là.

 

Le champ de bataille d’Isandhlwana est, encore de nos jours, caractérisé par une grande plaine surplombée par une colline. Un mémorial (ici au premier plan) a été érigé en hommage aux combattants zoulous

 

Sur une armée de 1400 hommes quelques dizaines seulement parvinrent à rejoindre le camp de Rorke’s Drift, situés à une dizaine de kilomètres, à son tour attaqué par 4000 guerriers zoulous dans l’après-midi même de ce 22 janvier. Organisés autour de quelques bâtiments - dont un hôpital militaire - , privés de tout commandement supérieur (DURNFORD ET PULLEINE ayant été tués), les 139 soldats britanniques rassemblés à Rorke’s Drift vont opposer une résistance aussi désespérée qu’héroïque. Commandés par les lieutenants John CHARD et Gonville BROMHEAD, ils parviennent à repousser les assauts zoulous jusqu’au matin du 23, moment où les Zoulous commençèrent à se replier ayant repéré une colonne britannique en approche. Rorke’s Drift rétablissait la situation, ou du moins empêchait qu’une défaite ne se transformât en désastre. La discipline des Red Coats, regroupés dans un périmètre plus facile à défendre et dont pas un ne céda à la panique, permit de gagner un temps précieux.

Victoire la plus prestigieuse de l’histoire zouloue, la bataille d’Isandhlwana fut cependant une victoire sans lendemain. Si Lord CHELMSFORD perdait une bonne partie du 24th Foot Regiment, l’armée du Roi CETSHWAYO, quant à elle, venait de perdre dans les deux affrontements successifs près de trois fois plus d’hommes. Le prix humain d’un tel affrontement était beaucoup trop lourd pour la nation zouloue, dont la conception de la guerre était, par ailleurs, fondamentalement différente de celle des Britanniques. Alors que dans la culture guerrière zouloue, cette défaite devait entraîner la fin de la guerre et la soumission de la tribu adverse, l’Angleterre - dès l’annonce de la défaite d’Isandhlwana - organisait une nouvelle expédition pour soumettre le royaume zoulou.

  1. Notamment un parti de cavaliers basutos.
  2. Le Martini-Henry est un fusil de fabrication anglaise de 3,8 kg qui se rechargeait par la culasse. L’arme tirait au coup par coup une munition de calibre 45 et de 480 grains précise jusqu’à 1500 mètres.
  3. Surnom donné aux grenadiers britanniques du fait de leur veste d’uniforme de couleur rouge.
  4. De vieux mousquets qui n’avaient pas l’efficacité ni la portée des Martini-Henry.

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Bibliographie

  • Ian KNIGHT, Isandlwana, zulu war, Pen & Sword Books Ltd, 2001.

Le fusil britannique Martini-Henry à culasse à bloc pivotant, calibre .45

 


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