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L’insurrection d’Hanoï (1946)
Article mis en ligne le 10 décembre 2017
dernière modification le 19 décembre 2017

par Nghia NGUYEN

Hô Chi Minh (1890-1969) proclame l’indépendance du Vietnam à la radio le 2 septembre 1945

 

La fin de la Deuxième Guerre mondiale en Asie accélère la déstabilisation de l’Indochine française déjà affaiblie par le conflit qui l’a durablement coupée de la métropole. Le 9 mars 1945, quelques mois avant leur capitulation, les Japonais opèrent un coup de force qui élimine l’administration française qui demeurait encore en place. Le 2 septembre profitant du retrait japonais, et alors que la France n’est pas encore en mesure de reprendre pied dans sa colonie, Hô Chi Minh proclame l’indépendance du Vietnam.

Essentiellement implanté dans le Tonkin, le Viet Minh doit, cependant, encore composer avec la présence chinoise. S’il est devenu une force politique incontournable, il n’a pas encore la puissance qu’il lui faut pour affronter ouvertement les Français. Il est par ailleurs concurrencé par d’autres partis politiques. Cependant, la force du Viet Minh demeure sa résolution à vouloir rejeter à terme la présence française.

Certes, un corps expéditionnaire commandé par le Général Philippe LECLERC de HAUTECLOCQUE (1902-1947), débarqué en octobre 1945, a déjà entrepris la reconquête de la Cochinchine. En mars de l’année suivante, un deuxième débarquement a lieu au Tonkin. Surtout, la nomination de l’Amiral Thierry d’ARGENLIEU (1889-1964) à la fonction de Haut-Commissaire montre la ferme volonté de la France à vouloir reprendre le contrôle de l’Indochine.

Soufflant le chaud et le froid, Hô Chi Minh tente de gagner du temps et renforce le mouvement viet-minh. Durant l’année 1945/1946, il élimine les oppositions concurrentes, et - tout en laissant croire que la porte des négociations reste ouverte – il prépare systématiquement l’affrontement. La propagande anti-française bat son plein, tandis que Vo NGUYEN GIAP (1911-2013), son plus brillant collaborateur, organise méthodiquement une force militaire.

À la fin de l’année 1946, la situation est devenue explosive dans le Tonkin. La méfiance réciproque entre les deux parties est particulièrement grande en dépit de la médiation de Jean SAINTENY (1907-1978). Le Viet Minh reprochant aux Français de vouloir intensifier leur reconquête ; les Français vivant dans un sentiment d’insécurité permanente. Les incidents sont nombreux au-delà des discours officiels avec les forces du Viet-Minh et les milices populaires des villages : les Tu Vé. Ces dernières déclenchent des affrontements meurtriers dans Haiphong (20 novembre) et Lang-Son (21 novembre).

Commandés par le Colonel DÈBES, les militaires français reprennent le contrôle du port d’Haiphong après une semaine de violents combats, mais loin de contenir le Viet-Minh, les événements d’Haiphong et de Lang-Son portent la tension au point de non-retour. Après de nombreux signes annonciateurs, Hô Chi Minh et GIAP déclenchent une insurrection dans Hanoï le 19 décembre suivant. Tous les points névralgiques de la ville, ainsi que les quartiers européens sont investis par le Viet Minh. Si le Général MORLIÈRE reprend la situation en main le lendemain, les combats s’étendent rapidement à l’ensemble du Tonkin.

Avec l’insurrection du 19 décembre, la rupture est désormais entièrement consommée. La lutte est ouverte entre un chef vietnamien plus que jamais résolu à obtenir l’indépendance politique et un Gouvernement français persuadé de l’impossibilité de toute négociation avec le Viet Minh.

Le Corps Expéditionnaire Français en Extrême-Orient (CEFEO) utilisait encore des armes américaines comme la carabine Winchester 30M1 (7,62 mm), supra, et des fusils MAS 36 (7,5 mm), infra

 

 

  • Conflit largement oublié par une France absorbée dans sa reconstruction d’après-guerre, le conflit indochinois a été mené par une armée d’engagés volontaires mal équipés et privés de moyens. Faisant flèche de tout bois, l’Armée française a néanmoins fait preuve d’une remarquable adaptation aux nouveaux combats. Les Divisions Navales d’Assaut ou DINASSAUT – armées par la Marine nationale – en sont l’illustration. Constituées de bâtiments de débarquement et de barges diverses, ces unités avaient pour mission d’assurer les liaisons et la sécurité des voies de communication dans les deux grands deltas indochinois : celui du Fleuve rouge (Tonkin) et celui du Mékong (Cochinchine). Adaptation ingénieuse à la guerre amphibie, les bâtiments des DINASSAUT étaient protégés par des plaques de blindage additionnelles, et ils emportaient un armement capable de soutenir directement l’infanterie à terre. Formant la « Marine kaki », avec les Commandos marine qui leur étaient attachés, les DINASSAUT ont été organisées en dix unités sur toute la durée du conflit. L’US Army reprendra le concept de ces forces fluviales avec les Mobile Riverine Forces durant la Guerre du Vietnam.

Insigne de la 1re DINASSAUT

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Bibliographie

  • CADEAU (Ivan), La Guerre d’Indochine. De l’Indochine française aux adieux à Saigon 1940-1956, Tallandier, 2015, 624 p.
  • DALLOZ (Jacques), La Guerre d’Indochine (1945-1954), Seuil, 1987, 320 p.


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