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La chute de Grenade (1492)
Article mis en ligne le 14 décembre 2017

par Nghia NGUYEN

"La reddition de Grenade" (1882) par Franscico PRADILLA y ORTIZ (1848-1921)

 

La présence musulmane dans la péninsule ibérique remonte au VIIIe siècle de notre ère lorsque, à la suite de la prédication de Mahomet, la religion musulmane se diffuse dans toute l’Afrique du Nord et prend pied en Europe (1). Cette diffusion s’appuie sur un élan guerrier sans précédent face auxquels les Chrétiens situés au sud des Pyrénées faillirent succomber. Repoussés sur une étroite frange septentrionale, ces derniers s’organisent en petits États eux-mêmes divisés (royaume des Asturies, plus tard appelé royaume de Leon, royaume de Navarre et d’Aragon…). Cette division est, pendant longtemps, une source permanente de faiblesse face à l’ennemi musulman qui, à l’occasion, peut aussi se transformer en allié de circonstance dans les luttes entre Chrétiens.

Le renouveau démographique, économique et religieux de l’Occident aux alentours de l’An Mil, fit de cette partie de l’Europe un des fronts de la croisade. Alimentée par des renforts venus du royaume de France et d’ailleurs, la Reconquista chrétienne s’amorce à partir du Xe siècle. Certes, les défaites chrétiennes peuvent encore être retentissantes, mais les différentes dynasties musulmanes (omeyyade jusqu’au XIe siècle, almoravide jusqu’au XIIe, almohade jusqu’au XIIIe…) qui se succèdent sont elles-mêmes divisées.

Unis, les royaumes chrétiens écrasent le calife almohade à la bataille de Las Navas de Tolosa en juillet 1212. Cette grande victoire consolide le mouvement de Reconquista, et ouvre la porte du Sud de la péninsule. Désormais, les musulmans sont sur la défensive : Cordoue tombe aux mains des Chrétiens en 1236, Séville en 1248 et Cadiz en 1261.

Avec les « guerres de Grenade », l’Al-Andalus est dorénavant sur le déclin. En mars 1483, une armée chrétienne est à nouveau défaite à l’Axarquia, mais cette bataille est la dernière grande victoire musulmane. La défaite de Lucena, quelques semaines plus tard voit la capture de l’Émir Boabdil. Cette prise a de lourdes conséquences sur l’Émirat de Grenade qui bascule dans une querelle dynastique mais, surtout, oblige Boabdil à prêter allégeance à la Castille pour prix de la récupération de son trône.

Son retour à Grenade en 1487 ne change cependant rien à la situation. Grignoté et privé de renforts en provenance d’Afrique du Nord, l’émirat est en sursis. Le rapport de force est désormais en nette faveur des Rois catholiques, qui viennent mettre le siège devant Grenade au printemps 1491. L’artillerie chrétienne, l’épuisement de la garnison comme les négociations viennent à bout de la volonté de résistance de Boabdil le 2 janvier 1492. Exilé en Espagne même, l’Émir déchu est contraint de fuir en Afrique du Nord l’année suivante. C’est la fin de l’Espagne musulmane.

  1. Sans oublier que, dans la même période, l’expansion militaire de l’Islam se poursuit dans deux autres directions continentales : l’Europe balkanique (par l’Asie mineure) et l’Asie centrale.

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Bibliographie

  • Pierre GUICHARD, Al-Andalus. 711-1492, une histoire de l’Espagne musulmane, Fayard, 2011, 272 p.
  • Adeline RUCQUOI, Histoire médiévale de la péninsule ibérique, éditions du Seuil, 1993, 442 p.

Homme d’armes de la fin du XVe siècle

 


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