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La création de l’OTAN (1949)
Article mis en ligne le 19 décembre 2017

par Nghia NGUYEN

Deux blindés américains M60A3 en Allemagne durant l’exercice Reforger 85 (1)

 

La défense américaine de l’Europe

L’OTAN est une alliance politique et militaire. Son objectif est d’assurer la paix et la sécurité sur le continent européen. Politiquement, cela passe par la promotion de la démocratie ainsi que par une consultation permanente et une coopération entre les États membres sur les questions de défense. L’alliance est défensive, et stipule qu’une agression armée contre l’un de ses membres entraînerait une riposte militaire de l’ensemble dans un cadre de légitime défense (article 5).

Militairement, l’OTAN ne dispose pas d’armée en tant que telle. Elle est davantage un état-major multinational constitué de plusieurs grands commandements intégrés. C’est cette structure de commandement militaire intégré que la France quitte en février 1966 - sans pour autant quitter la structure politique de l’OTAN - et qu’elle réintègre en avril 2009.

L’alliance atlantique reste, en effet, une organisation dominée par les Etats-Unis. Ces derniers constituent la force militaire sans laquelle elle ne pourrait être crédible, et ce sont des procédures opérationnelles comme des normes américaines qui s’imposent. Durant la Guerre froide, l’OTAN se confond avec le « parapluie nucléaire » américain et un lien transatlantique qui finit par se substituer à l’idée même d’une Défense proprement européenne. Les pays européens membres de l’organisation y trouvent également un intérêt, à pouvoir ainsi déléguer un effort budgétaire essentiellement américain.

Dans le contexte de l’immédiat après-guerre et de durcissement des relations entre Moscou et Washington, l’OTAN est d’emblée tournée contre l’URSS et l’alliance rivale : le Pacte de Varsovie (1955-1991). La fin de la Guerre froide cependant voit la dissolution de ce dernier, à qui l’OTAN survit tout en s’adaptant à un nouvel ordre international où les menaces ne sont plus de même nature. Les lourds dispositifs élaborés dans la perspective d’un conflit de haute intensité en centre Europe ont désormais laissé la place à des forces de réaction rapides, modulaires, projetables, bien plus souples d’emploi. Les brigades ont remplacé les divisions et les missions se sont étendues à l’Asie centrale, à l’Afrique et au Moyen-Orient.

Permanences et mutations sur fond d’affaiblissement du lien transatlantique

Aujourd’hui, l’OTAN est à la croisée des chemins. L’alliance reste le témoin fort d’un atlantisme de plus en plus rejeté par les Européens, alors qu’au même moment les Etats-Unis privilégient une bascule stratégique vers le Pacifique. Défensive en sa nature, l’OTAN n’en est pas moins perçue par l’ancienne ennemie – la Russie – comme l’émanation de la puissance et de l’influence étatsunienne. Une puissance d’autant plus insupportable – du point de vue de Moscou – qu’elle fait irruption dans son « proche étranger » à la faveur des bouleversements géopolitiques nés de la chute du Rideau de fer.

En effet, l’entrée dans l’Union européenne (UE) de nombre d’anciens États satellites de l’ex-URSS s’est souvent accompagnée d’une adhésion à l’OTAN en réaction à la dictature et à la terreur de l’époque communiste. Les crises estonienne (2007), géorgienne (2008) et ukrainienne (2014) ne sont finalement que les répliques à cet élargissement de l’OTAN sur fond d’autres problèmes géopolitiques spécifiques à ces trois États. En 2015/2016, on a donc assisté à un regain de tension inédit depuis la fin de la Guerre froide entre les Etats-Unis, l’UE et l’OTAN d’un côté, et la Russie de l’autre.

Avec l’élection de Donald J. TRUMP à la présidence des Etats-Unis (janvier 2017), la situation de l’OTAN pourrait connaître un bouleversement majeur. Qualifiant l’organisation d’ « obsolète » (2), le nouveau président américain pourrait en transformer à terme le statut avec pour conséquence de laisser l’UE devant ses responsabilités en matière de défense. À l’heure actuelle, seule la France et la Grande-Bretagne sont encore capables de mener des opérations extérieures du fait, notamment, d’une interopérabilité particulièrement maîtrisée avec les Etats-Unis et l’OTAN.

Ces capacités restent cependant fragiles, et elles ont été particulièrement usées ces dix dernières années par les réductions budgétaires et d’effectifs, la multiplication des conflits et des OPEX, et les engagements de sécurité intérieure pour la France. Nul doute que dans un contexte de négligence budgétaire endémique et de désengagement des Etats-Unis, une disparition de l’OTAN, telle que nous la connaissons aujourd’hui, placerait la question d’une défense européenne au cœur du débat avec une urgence jusqu’à présent inconnue.

  1. L’exercice Reforger était un exercice annuel organisé par l’OTAN durant la Guerre froide. Il avait lieu en Allemagne et avait pour objectif de contrôler les capacités de déploiement des forces alliées en cas d’attaque du Pacte de Varsovie.
  2. Interview donnée aux journaux The Times et Bild, publiée le lundi 16 janvier 2017.

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Bibliographie

  • KEMPF (Olivier), L’OTAN au XXIe siècle. La transformation d’un héritage, Éditions du Rocher, 2e éd. 2014, 614 p.
  • ZORGBIBE (Charles), Histoire de l’OTAN, Éditions Complexe, 2002, 300 p.

 


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