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Création de la GESTAPO (1933)
Article mis en ligne le 23 décembre 2017
dernière modification le 25 avril 2018

par Nghia NGUYEN

  • C’est au 8 Prinz-Albrecht Strasse à Berlin que se situait le bâtiment qui abritait le siège de la GESTAPO. Le 7 mai 2010, a été inauguré sur ce même site un musée dédié aux victimes de la terreur nazie. Portant le nom de « Topographie de la Terreur », ce musée se veut aussi centre de documentation.

Origine et finalité

Par décret du 26 avril 1933, Hermann GOERING (1893-1946) créait la Geheime Staatspolizei - plus connue sous la forme de son adresse postale GESTAPO -, qui allait bientôt devenir en Allemagne, mais aussi dans toute l’Europe, le symbole de l’État policier nazi. Geheime Staatspolizei signifie « police secrète », l’adjectif « secrète » pouvant aussi être traduit par « privé ». De fait, la GESTAPO fut, dès ses origines, une police spécifiquement politique (et non criminelle) au service du parti national-socialiste, si ce n’est au service de son seul maître.

En charge de la traque et de l’élimination de tous les opposants au régime nazi, la GESTAPO élargira son champ d’action durant la guerre en participant directement à la Solution finale. L’Amt IV B 4 - sous la direction du SS-Obersturmbannführer Adolf EICHMANN (1906-1962) - en charge de la traque des Juifs dans toute l’Europe occupée, de leur arrestation et de leur acheminement en Pologne, était un service de la GESTAPO à part entière.

Intégration à la SS

En 1933, la création de la GESTAPO ne concernait que l’État et la police les plus importants d’Allemagne : la Prusse. Son premier directeur fut Rudolf DIELS (1900-1957), un protégé de GOERING qui fit rapidement les frais de la rivalité entre ce dernier et le puissant chef de la SS, Heinrich HIMMLER (1900-1945). À partir d’avril 1934, la GESTAPO entre dans l’orbite de la SS et installe son siège au 8 Prinz-Albrecht Strasse à Berlin. À partir de cette date, le Reichsführer-SS HIMMLER devait faire de la GESTAPO l’instrument d’une répression impitoyable et de la plus redoutable efficacité. Étendant désormais son champ d’action à l’ensemble de l’Allemagne, il l’organise selon le modèle de la SS, et l’intègre au sein de l’Office central de la sécurité du Reich (Reichssicherheitshauptamt ou RSHA). Cette intégration est d’importance, car le RSHA va permettre l’unification de l’ensemble des polices allemandes aux côtés de la GESTAPO : KRIPO (Kriminalpolizei), ORPO (Ordnungspolizei), SIPO (Sicherheitspolizei).

 

Reinhard HEYDRICH à son bureau

 

Le RSHA - dont la GESTAPO est l’un des sept départements (Amt IV) - est dirigé par le SS-Obergruppenführer Reinhard HEYDRICH (1904-1942), un homme aussi intelligent que froid et dénué de tout sens moral. Placée sous le commandement du SS-Gruppenführer Heinrich MÜLLER (1900-1945), subordonné direct de HEYDRICH, la GESTAPO reçoit pour missions d’éliminer toute opposition politique en Allemagne et dans les territoires occupés, de s’occuper de la « Question juive » (1), d’assurer le contre-espionnage et la police des frontières. HEYDRICH était donc à la tête d’un immense empire policier, que ses talents d’organisateur rendirent redoutable à tous les ennemis réels et supposés du Reich nazi. Éliminé par la résistance tchèque en mai 1942, il fut remplacé par le SS-Obergruppenführer Ernst KALTENBRUNNER (1903-1946) qui, sans égaler son intelligence, hérita de ce terrible instrument de répression.

Symbole de la terreur absolue qu’un État peut imposer à sa (aux) population(s), la GESTAPO a permis la « mise au pas » (Gleichschaltung) rapide de la société allemande, ainsi que l’instauration d’une répression suffisamment efficace pour empêcher toute résistance – hormis de rares exceptions – jusqu’à la fin de la guerre. Surtout, son nom est resté synonyme dans toute l’Europe d’arrestations, de disparitions, de tortures et de meurtres pour des millions de personnes de 1939 à 1944.

  1. La responsabilité des territoires occupés et de la « Question juive » faisait que la GESTAPO contrôlait en grande partie les Einsatzgruppen : ces quatre unités de tuerie mobile responsables de ce que le Père Patrick DESBOIS a appelé la « Shoah par balles ». Les 3000 hommes des Einsatzgruppen A, B, C et D étaient essentiellement issus des rangs de la GESTAPO, de la KRIPO et du SD, tous trois appartenant au RSHA et dépendant plus largement de la SS. S’ajoutaient des éléments de l’ORPO (la police régulière allemande) et des auxiliaires locaux.

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Bibliographie

  • ARNAUD (Patrice) et THÉOFILAKIS (Fabien) (dir.), GESTAPO et polices allemandes. France, Europe de l’Ouest 1939-1945, CNRS, 2017, 400 p.
  • DELARUE (Jacques), Histoire de la Gestapo, Nouveau monde Éditions, 2011, 623 p.
  • KERSAUDY (François), Hermann Goering, Tempus Perrin, 2013, 984 p.
  • LONGERICH (Peter), Himmler (11 septembre 1939-mai 1945), Tempus Perrin, 2013, 696 p.​

 

  • Affiche de propagande nazie exaltant le « Jour des policiers allemands » (année 1941). Les membres de la GESTAPO n’avaient pas d’uniforme ni d’insigne de reconnaissance particuliers contrairement aux autres branches de la police comme, ici, la 4e SS Polizei Division et le SD.

 


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