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L’armement des forces de sûreté intérieure
Article mis en ligne le 24 décembre 2017
dernière modification le 22 mai 2018

par Nghia NGUYEN

Source - CORNEVIN (Christophe), « Violences contre les forces de l’ordre : 38 blessés par jour », in Le Figaro, 23 octobre 2012.

 

Du pistolet FN mod. 10/22 cal 7,65 au SIG Sauer SP 2022 on mesurera l’évolution sensible de la manière dont nos Forces de Sûreté Intérieure (FSI) (1) sont aujourd’hui équipées et armées. Une protection balistique renforcée est apparue alourdissant la tenue générale du policier et nécessitant un équipement ergonomique de plus en plus proche de celui du soldat. Si l’armement s’est diversifié, et est devenu plus puissant, on a également assisté au développement de toute une gamme d’armements non létaux.

L’ensemble de ces matériels fait l’objet de RETEX comme de recherches scientifiques (2) au même titre que les matériels militaires. Surtout, leur évolution témoigne de l’évolution même des menaces : une délinquance plus diffuse, une criminalité plus violente, des niveaux de violence urbaine (émeutes et mouvements sociaux) pouvant rapidement évoluer vers le seuil de la guerre civile, mais aussi une société plus sensible à la violence institutionnelle, c’est-à-dire celle dont use le représentant de la force publique face au désordre de la rue.

Le matériel policier répond à une équation complexe, qui le différenciera sensiblement du matériel militaire. Les forces de l’ordre doivent ainsi pouvoir utiliser un armement suffisamment puissant pour pouvoir arrêter efficacement une menace dans les espaces public et privé, mais dans des conditions qui nécessiteront une plus grande précision (environnement urbain, lieux confinés). Depuis 2015, la nécessité d’équiper les FSI de fusil d’assaut répond aussi au besoin de pouvoir faire face au terrorisme islamiste et aux tueries de masse qu’il cherche à perpétrer.

Il est à noter que la part de la population atteinte de schizophrénie est, aujourd’hui, estimée à 1% de la population totale, et que l’action de schizophrènes armés n’est pas théorique du point de vue des différents groupes d’intervention (3). Une autre réalité est à souligner avec le fait qu’il y a de plus en plus de personnes armées au sein de la population, et que des interventions considérées jusqu’à présent comme "banales", incluent de nos jours systématiquement le risque de tirs.

Par ailleurs, les émeutes de Clichy-sous-Bois (novembre 2005) et, surtout, de Villiers-le-Bel (novembre 2007) ont montré le potentiel explosif de certaines banlieues où des tirs contre les policiers ont eu lieu dans un contexte de guérilla urbaine. Dans cet ordre d’idée, les FSI sont de plus en plus amenés à faire face à des groupes ultra-violents de type «  antifa  », qui maîtrisent de plus en plus les techniques et tactiques du combat en milieu urbain. Il faut pouvoir les contenir sans pour autant aller jusqu’à un affrontement mortel, qui comporterait une dimension médiatique et politique susceptible de transformer un événement ponctuel en crise majeure. Une crise majeure dont le seuil critique serait un embrasement des banlieues. Ici, on sera davantage dans la tenue à distance et la neutralisation non létale, quitte à laisser se développer un chaos ponctuel dont les citoyens seront toujours les victimes (destructions sur la voierie, atteintes aux biens particuliers...).

__________

  1. Plus particulièrement la Police nationale mais on incluera aussi dans ce propos général la Gendarmerie nationale, les polices municipales, les administrations des douanes et pénitentiaires.
  2. Tous les deux ans se tient à Paris le salon MILIPOL. Installé depuis 1984, MILIPOL se tient à Paris lors des années impaires et à Doha (Qatar) lors des années paires. Il s’agit d’un salon officiel, réservé aux professionnels et dédié à la sûreté intérieure. On y trouvera les matériels les plus récents proposés à la vente dans tous les secteurs intéressant la sécurité intérieure : l’armement, la police scientifique, la télésurveillance, le maintien de l’ordre, l’intelligence économique, les risques majeurs, etc. MILIPOL est une vitrine technologique où les États et les acteurs étatiques se rencontrent et échangent sur ces questions.
  3. Cf. Conférence de Jean-Michel FAUVERGUE, "L’intervention opérationnelle sur le territoire", Paris, IHEDN, 27 avril 2016.

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ARMEMENTTAL

 

  • C’est la firme belge FN Herstal qui produisit ce pistolet en 1922 à partir du Browning M1910 d’où le nom FN modèle 10/22. Cette arme d’un calibre de 7,65 mm a équipé les forces de police et de gendarmerie de la fin de la Deuxième Guerre mondiale jusqu’en 1970. Le chargeur contient 9 coups mais la munition manque de puissance d’arrêt.

  • Les revolvers Manurhin (MR 73 à gauche et MR 88 à droite en canon 4 pouces) ont remplacé le FN modèle 10/22, et peuvent encore être utilisés de nos jours par des unités spéciales. Ce sont des armes à barillet 6 coups fiables et précises, qui utilisent des munitions puissantes de 9 mm : .357 Magnum (9 x 33 mm) et .38 spécial (9 x 29 mm). En adaptant le barillet, elles peuvent également tirer du 9 mm parabellum (9 x 19 mm) moins puissant. À l’emploi, il s’est avéré que le .357 Magnum était une munition trop puissante et qu’elle pouvait toucher deux personnes en un même tir : la balle traversant la cible pour atteindre une deuxième personne derrière. Le .38 spécial fut pour cela mis au point, étant un peu moins puissant. Emportant beaucoup moins de coups qu’un pistolet, les revolvers Manurhin n’en sont pas moins des armes très appréciées pour leur grande précision, notamment les modèles ayant un canon allongé de 8/10 pouces (le standard police est un canon 4 pouces).

  • Le SIG Sauer SP 2022 est l’arme de poing qui équipe la Police, la Gendarmerie et les douanes depuis fin 2003. Conçu par les firmes suisse (SIG) et allemande (Sauer), c’est un pistolet semi-automatique chambré en 9 mm parabellum (9 x 19 mm). Compact (18,5 cm) et léger (moins de 1 kg avec ses munitions), il emporte un chargeur de 15 coups.

  • L’Armement Moyen de Défense 556 ou mousqueton AMD 556 est un dérivé du premier fusil d’assaut américain, le M 14 fabriqué par la firme Ruger, plus exactement du Mini-14 dont il en est la version police (AC-556). Chambré en 5,56 x 45 mm (norme OTAN), c’est un fusil d’assaut qui tire en automatique, en semi-automatique et au coup par coup. Il tire avec des chargeurs de 5, 10, 20, 30 coups. En dotation jusqu’en 2008 - notamment dans les CRS -, il est aujourd’hui remplacé par le HK G36.

  • Pistolet mitrailleur avec deux poignées de tir qui lui assurent une bonne stabilité, le Beretta M 12SD est chambré en 9 mm parabellum. C’est une arme en métal, courte, compacte et maniable à laquelle peut être ajoutée une crosse repliable. Avec un chargeur de 32 coups, le M 12SD peut tirer en semi-automatique et en automatique, et donne sa pleine mesure entre 100 et 200 m. Il est remplacé à partir de 2016.

  • La réputation de la firme allemande Heckler & Koch n’est plus à faire en matière de pistolets mitrailleurs. Au succès mondial du MP5 succède celui de l’Universal Machinenpistol (UMP) 9 qui équipe depuis 2008 la Gendarmerie nationale et - à partir de 2017 - la Police nationale en remplacement du Beretta M12SD. Le HK UMP9 est conçu en polymère, ce qui le rend plus léger que le MP5 : 2,8 kg avec un chargeur de 25 ou 30 coups selon le calibre. Le recul est donc plus important notamment avec les versions chambrées en .45 ACP ou .40 S&W ; ces munitions ayant cependant une capacité d’arrêt plus puissante que le 9 mm parabellum. En interchangeant le canon, la culasse et le chargeur, le HK UMP9 peut tirer ces trois munitions en automatique, en semi-automatique et en "double shot" (deux coups). Le tir en "double shot" permet d’augmenter la puissance de feu en milieu confiné (une pièce par exemple) à courte distance, sans sacrifier la précision du tir et en économisant les munitions. Arme de combat rapproché, le HK UMP9 est conçu pour un tir à distance pratique de 100 m, et est adapté au tir police en milieu urbain dense. La version en 9 mm parabellum est reconnaissable à son chargeur courbe.

  • Conçu par Heckler & Koch, le HK G36 est un fusil d’assaut en calibre 5,56 x 45 mm OTAN. Doté d’une crosse rabattable, il emporte un chargeur de 30 coups transparent qui permet de contrôler en un coup d’oeil le nombre de munitions restantes. Léger (3,6 kg sans les munitions) du fait de l’emploi de plastique polymère, le HK G36 est décliné en plusieurs versions plus ou moins raccourcies pouvant tirer au coup par coup, en semi-automatique et en automatique. Apprécié pour sa puissance de feu et son efficacité dans les 500 m, il équipe depuis longtemps les unités d’intervention (RAID, GIPN, GIGN, etc.). Depuis 2015, son usage s’est étendu aux BAC, PSIG, PAF, CRS, douanes... L’administration pénitentiaire en est aussi équipée de nos jours.

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ARMEMENT NONTAL

Par "non létal", on comprendra une gamme d’armements conçu à l’origine pour neutraliser un agresseur ou un fauteur de trouble à l’ordre public en l’immobilisant, en le paralysant ou en le rendant incapable de poursuivre une action. Par leur puissance, ces armements peuvent cependant grièvement blesser voire tuer dans certaines conditions d’emploi.

 

  • La matraque - ou bâton - télescopique est une arme blanche d’une grande efficacité. Discrète et facile à intégrer dans une tenue, elle se déploie en un mouvement de poignet sec. Instrument qui se manie instinctivement pour frapper (de taille, d’estoc ou avec le talon) quelle que soit l’expérience de l’utilisateur, cette matraque obtient des effets immédiats : micro-fractures, fractures importantes, destructions diverses (fenêtres, portes...). Il est vivement déconseillé de frapper la tête, le cou ou la colonne vertébrale avec cette arme sous peine de tuer ou d’occasionner des handicaps irréversibles. En situation de corps à corps, elle permet de repousser un adversaire ou de le tenir à distance.

  • Les flash-balls désignent plusieurs modèles de lanceurs de balle de défense. Les FSI sont équipés du flash-ball super pro bitube de 44 mm, conçu par l’entreprise Verney-Carron. Arme de maintien de l’ordre, le flash-ball peut être employé pour un usage lacrymogène, un marquage visuel (peinture) ou pour un tir d’arrêt. Dans ce dernier cas, il tire une munition souple et non métallique de 28 gr. La force de celle-ci équivaut à l’impact d’un .38 spécial autrement dit d’une munition de 9 mm. Il s’agit donc d’un coup très puissant qui ne pénètre cependant pas la cible du fait de la forme du projectile (une balle en caoutchouc) mais dispersera l’énergie cinétique en surface autour du point d’impact. Le flash-ball est ainsi conçu pour arrêter de manière non létale. Il n’en reste pas moins une arme dangereuse qui a grièvement blessé et déjà tué.

  • TASER est l’acronyme de "Thomas A. Swift’s Electrical Rifle", Thomas A. Swift étant un personnage de roman. Le terme désigne un pistolet à impulsion électrique mis au point en 1972 aux États-Unis par Jack COVER (1920-2009), fondateur de la société TASER. L’arme tire, à moins de dix mètres, deux électrodes qui se plantent à travers les vêtements et déchargent 50 000 volts pendant 5 secondes. Le TASER agit comme un paralyseur du système nerveux, neutralisant instantanément et à distance l’agresseur. L’arme est régulièrement accusée d’avoir provoqué la mort en dépit de son caractère non létal affirmé. Les associations de défense des droits de l’homme soulignent également la possibilité de pouvoir se livrer à des actes de torture avec. Le modèle X26 est en usage dans les FSI depuis 2004.

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ÉQUIPEMENT DE PROTECTION


La problématique de la protection balistique est aussi complexe que celle de l’armement dans la mesure où il existe une très grande variété de munitions avec autant d’effets recherchés. Une protection pourra s’avérer efficace face à un type d’arme et de munition, mais inadaptée pour d’autres types d’armes et de munitions.

Les armes de chasse et les fusils à pompe sont très répandus. Ils peuvent tirer des munitions poly-projectiles (chevrotines de grains différents) comme des munitions à projectile unique (de type « slug »). C’est dans cette catégorie que l’on trouve la famille des « calibres 12 » (18,5 mm) : des munitions puissantes, destinées à arrêter à courte portée (40/50 m).

En ce qui concerne les armes de poing (revolvers et pistolets), les principaux calibres sont le .357 Magnum, le .44 Magnum, le .38 spécial, le 9 mm parabellum, le .45 ACP et .40 S&W. Le 9 x 19 mm parabellum est la munition la moins puissante tout en conservant un bon pouvoir de pénétration. Toutes les autres ont à la fois une bonne force de pénétration et une bonne capacité d’arrêt à courte portée (15/25 m).

Il en est différemment pour les fusils d’assaut utilisant des munitions de 5,56 mm ou de 7,62 mm. Ces armes, essentiellement destinées à un usage militaire, utilisent des munitions dont les charges de poudre sont plus importantes. La portée du tir est donc plus grande, la vitesse des balles plus élevées ainsi que leur pouvoir de pénétration.

La classification des Gilets Pare-Balles (GPB) s’aligne sur les normes américaines du National Institute of Justice (NIJ). L’augmentation de la puissance de feu, qu’elle soit criminelle ou terroriste, fait que de nos jours les GPB de niveau NIJ 2 – qui arrêtaient encore les munitions des armes de poing – sont dépassés. Le standard actuel dans les forces de police et de gendarmerie est désormais le NIJ 3A, qui normalement arrête le .44 Magnum, le .357 Magnum, tous les 9 mm, mais également les calibres 12 et les munitions russes de type 7,62 x 25 (pistolet Tokarev) et 7,62 x 39 (AK-47).

Ces considérations restent cependant générales, et concernent surtout les GPB lourds renforcés par des plaques balistiques en acier, en céramique, en polyéthylène ou autres composants. Les structures plus légères - ne disposant pas de ces plaques incorporées en insert - n’arrêtent pas les coups des fusils d’assaut. Le principe d’un GPB n’est pourtant pas d’arrêter purement et simplement un projectile, mais de le déformer aussi tout en dispersant son énergie cinétique sur l’ensemble de la structure de protection. Cette dernière ne pourra néanmoins résister à plusieurs coups aux mêmes endroits. Par ailleurs et quand bien même le coup ne pénétrerait-il pas, les "effets arrières" demeurent douloureux et dangereux (lésions et hémorragies internes). À partir de 20 mm, une déformation dans une protection balistique est ainsi considérée comme critique.

 

  • Tous les policiers et gendarmes reçoivent un GPB léger (type Verseidag 2005), qui peut se porter discrètement.

  • Les GPB Verseidag GK font partie de tenues de protection en dotation collective. Aux normes NIJ 3A et 3+, ils reçoivent des plaques balistiques devant et derrière et peuvent résister à un tir de Kalashnikov. S’il existe un standard NIJ 4, il va de soi que le poids du GPB augmente de manière sensible avec l’augmentation de la protection.

  • Le bouclier balistique souple (BBS) est un autre équipement de protection permettant d’abriter un policier. D’une hauteur de 1,30 m et d’une largeur de 65 cm, il pèse environ 8 kg et peut être renforcé d’une plaque balistique, ce qui augmente son poids à 13 kg.

  • Le bouclier balistique lourd est ce qui se fait de plus dur en matière de protection individuelle ou collective à l’échelle des hommes de terrain. De grandes dimensions, porté par l’homme de tête, il permet de protéger l’ensemble de la surface du corps de celui-ci mais aussi la colonne d’assaut qui le suit. L’avantage de ce matériel est qu’il ne transmet pas l’impact du coup contrairement au gilet pare-balles. Il est en revanche pesant (7/9 kg en plus de la tenue de combat) et se tient à deux mains avec un arceau en U inversé ou avec deux poignées selon les modèles. Capable d’arrêter du 44 Magnum à courte distance, il peut affronter des tirs de 7,62 mm dans sa version la plus lourde (jusqu’à 36 kg) : le bouclier Ramsès ou "sarcophage" monté sur un châssis roulant.

Source - CORNEVIN (Christophe), « Violences contre les forces de l’ordre : 38 blessés par jour », in Le Figaro, 23 octobre 2012.

 

Du pistolet FN mod. 10/22 cal 7,65 au SIG Sauer SP 2022 on mesurera l’évolution sensible de la manière dont nos Forces de Sécurité Intérieures (FSI) (1) sont aujourd’hui équipées et armées. Une protection balistique renforcée est apparue alourdissant la tenue générale du policier et nécessitant un équipement ergonomique de plus en plus proche de celui du soldat. Si l’armement s’est diversifié, et est devenu plus puissant, on a également assisté au développement de toute une gamme d’armements non létaux.

L’ensemble de ces matériels fait l’objet de RETEX comme de recherches scientifiques (2) au même titre que les matériels militaires. Surtout, leur évolution témoigne de l’évolution même des menaces : une délinquance plus diffuse, une criminalité plus violente, des niveaux de violence urbaine (émeutes et mouvements sociaux) pouvant rapidement évoluer vers le seuil de la guerre civile, mais aussi une société plus sensible à la violence institutionnelle, c’est-à-dire celle dont use le représentant de la force publique face au désordre de la rue.

Le matériel policier répond à une équation complexe, qui le différenciera sensiblement du matériel militaire. Les forces de l’ordre doivent ainsi pouvoir utiliser un armement suffisamment puissant pour pouvoir arrêter immédiatement un agresseur, mais dans des conditions (environnement urbain, lieux confinés) qui nécessiteront une plus grande précision. Depuis 2015, la nécessité d’équiper les FSI de fusil d’assaut répond aussi au besoin de pouvoir faire face au terrorisme islamiste et à aux tueries de masse qu’il cherche à perpétrer.

Il est à noter que la part de la population atteinte de schizophrénie est, aujourd’hui, estimée à 1% de la population totale (3), et que l’action de schizophrènes armés n’est pas théorique du point de vue des différents groupes d’intervention. À côté de cette réalité, il est également le fait qu’il y a de plus en plus de personnes armées au sein de la population, et que toute intervention de nos jours inclut systématiquement le risque de tirs.

Par ailleurs, les émeutes de Clichy-sous-Bois (novembre 2005) et, surtout, de Villiers-le-Bel (novembre 2007) ont montré le potentiel explosif de certaines banlieues où des tirs contre les policiers ont eu lieu dans un contexte de guérilla urbaine. Dans cet ordre d’idée, les FSI sont de plus en plus amenés à faire face à des groupes ultra-violents de type «  antifa  », qui maîtrisent de plus en plus les techniques et tactiques du combat en milieu urbain. Il faut pouvoir les contenir sans pour autant aller jusqu’à un affrontement mortel, qui comporterait une dimension médiatique et politique susceptible de transformer un événement ponctuel en crise majeure. Une crise majeure dont le seuil critique serait un embrasement des banlieues. Ici, on sera davantage dans la mise à distance et la neutralisation non létale, quitte à laisser se développer un chaos ponctuel dont les citoyens seront toujours les victimes (destructions sur la voierie, atteintes aux biens particuliers...).

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  1. Plus particulièrement la Police nationale mais on incluera aussi dans ce propos général la Gendarmerie nationale, les polices municipales, les administrations des douanes et pénitentiaires.
  2. Tous les deux ans se tient à Paris le salon MILIPOL. Installé depuis 1984, MILIPOL se tient à Paris lors des années impaires et à Doha (Qatar) lors des années paires. Il s’agit d’un salon officiel, réservé aux professionnels et dédié à la sécurité intérieure. On y trouvera les matériels les plus récents proposés à la vente dans tous les secteurs intéressant la sécurité intérieure : l’armement, la police scientifique, la télésurveillance, le maintien de l’ordre, l’intelligence économique, les risques majeurs, etc. MILIPOL est une vitrine technologique où les États et les acteurs étatiques se rencontrent et échangent sur ces questions.
  3. Cf. Source RAID 2016.

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ARMEMENTTAL

 

  • C’est la firme belge FN Herstal qui produisit ce pistolet en 1922 à partir du Browning M1910 d’où le nom FN modèle 10/22. Cette arme d’un calibre de 7,65 mm a équipé les forces de police et de gendarmerie de la fin de la Deuxième Guerre mondiale jusqu’en 1970. Le chargeur contient 9 coups mais la munition manque de puissance d’arrêt.

  • Les revolvers Manurhin (MR 73 à gauche et MR 88 à droite en canon 4 pouces) ont remplacé le FN modèle 10/22, et peuvent encore être utilisés de nos jours par des unités spéciales. Ce sont des armes à barillet 6 coups fiables et précises, qui utilisent des munitions puissantes de 9 mm : .357 Magnum (9 x 33 mm) et .38 spécial (9 x 29 mm). En adaptant le barillet, elles peuvent également tirer du 9 mm parabellum (9 x 19 mm) moins puissant. À l’emploi, il s’est avéré que le .357 Magnum était une munition trop puissante et qu’elle pouvait toucher deux personnes en un même tir : la balle traversant la cible pour atteindre une deuxième personne derrière. Le .38 spécial fut pour cela mis au point, étant un peu moins puissant. Emportant beaucoup moins de coups qu’un pistolet, les revolvers Manurhin n’en sont pas moins des armes très appréciées pour leur grande précision, notamment les modèles ayant un canon allongé de 8/10 pouces (le standard police est un canon 4 pouces).

  • Le SIG Sauer SP 2022 est l’arme de poing qui équipe la Police, la Gendarmerie et les douanes depuis fin 2003. Conçu par les firmes suisse (SIG) et allemande (Sauer), c’est un pistolet semi-automatique chambré en 9 mm parabellum (9 x 19 mm). Compact (18,5 cm) et léger (moins de 1 kg avec ses munitions), il emporte un chargeur de 15 coups.

  • Pistolet mitrailleur avec deux poignées de tir qui lui assurent une bonne stabilité, le Beretta M 12SD est chambré en 9 mm parabellum. C’est une arme en métal, courte, compacte et maniable à laquelle peut être ajoutée une crosse repliable. Avec un chargeur de 32 coups, le M 12SD peut tirer en semi-automatique et en automatique, et donne sa pleine mesure entre 100 et 200 m. Il est remplacé à partir de 2016.

  • La réputation de la firme allemande Heckler & Koch n’est plus à faire en matière de pistolets mitrailleurs. Au succès mondial du MP5 succède celui de l’Universal Machinenpistol (UMP) 9 qui équipe depuis 2008 la Gendarmerie nationale et - à partir de 2017 - la Police nationale en remplacement du Beretta M12SD. Le HK UMP9 est conçu en polymère, ce qui le rend plus léger que le MP5 : 2,8 kg avec un chargeur de 25 ou 30 coups selon le calibre. Le recul est donc plus important notamment avec les versions chambrées en .45 ACP ou .40 S&W ; ces munitions ayant cependant une capacité d’arrêt plus puissante que le 9 mm parabellum. En interchangeant le canon, la culasse et le chargeur, le HK UMP9 peut tirer ces trois munitions en automatique, en semi-automatique et en "double shot" (deux coups). Le tir en "double shot" permet d’augmenter la puissance de feu en milieu confiné (une pièce par exemple) à courte distance, sans sacrifier la précision du tir et en économisant les munitions. Arme de combat rapproché, le HK UMP9 est conçu pour un tir à distance pratique de 100 m, et est adapté au tir police en milieu urbain dense. La version en 9 mm parabellum est reconnaissable à son chargeur courbe.

  • Conçu par Heckler & Koch, le HK G36 est un fusil d’assaut en calibre 5,56 x 45 mm OTAN. Doté d’une crosse rabattable, il emporte un chargeur de 30 coups transparent qui permet de contrôler en un coup d’oeil le nombre de munitions restantes. Léger (3,6 kg sans les munitions) du fait de l’emploi de plastique polymère, le HK G36 est décliné en plusieurs versions plus ou moins raccourcies pouvant tirer au coup par coup, en semi-automatique et en automatique. Apprécié pour sa puissance de feu et son efficacité dans les 500 m, il équipe depuis longtemps les unités d’intervention (RAID, GIPN, GIGN, etc.). Depuis 2015, son usage s’est étendu aux BAC, PSIG, PAF, CRS, douanes... L’administration pénitentiaire en est aussi équipée de nos jours.

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ARMEMENT NONTAL

Par "non létal", on comprendra une gamme d’armements conçu à l’origine pour neutraliser un agresseur ou un fauteur de trouble à l’ordre public en l’immobilisant, en le paralysant ou en le rendant incapable de poursuivre une action. Par leur puissance, ces armements peuvent cependant grièvement blesser voire tuer dans certaines conditions d’emploi.

 

  • La matraque - ou bâton - télescopique est une arme blanche d’une grande efficacité. Discrète et facile à intégrer dans une tenue, elle se déploie en un mouvement de poignet sec. Instrument qui se manie instinctivement pour frapper (de taille, d’estoc ou avec le talon) quelle que soit l’expérience de l’utilisateur, cette matraque obtient des effets immédiats : micro-fractures, fractures importantes, destructions diverses (fenêtres, portes...). Il est vivement déconseillé de frapper la tête, le cou ou la colonne vertébrale avec cette arme sous peine de tuer ou d’occasionner des handicaps irréversibles. En situation de corps à corps, elle permet de repousser un adversaire ou de le tenir à distance.

  • Les flash-balls désignent plusieurs modèles de lanceurs de balle de défense. Les FSI sont équipés du flash-ball super pro bitube de 44 mm, conçu par l’entreprise Verney-Carron. Arme de maintien de l’ordre, le flash-ball peut être employé pour un usage lacrymogène, un marquage visuel (peinture) ou pour un tir d’arrêt. Dans ce dernier cas, il tire une munition souple et non métallique de 28 gr. La force de celle-ci équivaut à l’impact d’un .38 spécial autrement dit d’une munition de 9 mm. Il s’agit donc d’un coup très puissant qui ne pénètre cependant pas la cible du fait de la forme du projectile (une balle en caoutchouc) mais dispersera l’énergie cinétique en surface autour du point d’impact. Le flash-ball est ainsi conçu pour arrêter de manière non létale. Il n’en reste pas moins une arme dangereuse qui a grièvement blessé et déjà tué.

  • TASER est l’acronyme de "Thomas A. Swift’s Electrical Rifle", Thomas A. Swift étant un personnage de roman. Le terme désigne un pistolet à impulsion électrique mis au point en 1972 aux États-Unis par Jack COVER (1920-2009), fondateur de la société TASER. L’arme tire, à moins de dix mètres, deux électrodes qui se plantent à travers les vêtements et déchargent 50 000 volts pendant 5 secondes. Le TASER agit comme un paralyseur du système nerveux, neutralisant instantanément et à distance l’agresseur. L’arme est régulièrement accusée d’avoir provoqué la mort en dépit de son caractère non létal affirmé. Les associations de défense des droits de l’homme soulignent également la possibilité de pouvoir se livrer à des actes de torture avec. Le modèle X26 est en usage dans les FSI depuis 2004.

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ÉQUIPEMENT DE PROTECTION


La problématique de la protection balistique est aussi complexe que celle de l’armement dans la mesure où il existe une très grande variété de munitions avec autant d’effets recherchés. Une protection pourra s’avérer efficace face à un type d’arme et de munition, mais inadaptée pour d’autres types d’armes et de munitions.

Les armes de chasse et les fusils à pompe sont très répandus. Ils peuvent tirer des munitions poly-projectiles (chevrotines de grains différents) comme des munitions à projectile unique (de type « slug »). C’est dans cette catégorie que l’on trouve la famille des « calibres 12 » (18,5 mm) ; des munitions puissantes, destinés à arrêter à courte portée (40/50 m).

En ce qui concerne les armes de poing (revolvers et pistolets), les principaux calibres sont le .357 Magnum, le .44 Magnum, le .38 spécial, le 9 mm parabellum, le .45 ACP et .40 S&W. Le 9 x 19 mm parabellum est la munition la moins puissante tout en conservant un bon pouvoir de pénétration. Toutes les autres ont à la fois une bonne force de pénétration et une bonne capacité d’arrêt à courte portée (15/25 m).

Il en est différemment pour les fusils d’assaut utilisant des munitions de 5,56 mm ou de 7,62 mm. Ces armes, essentiellement destinées à un usage militaire, utilisent des munitions dont les charges de poudre sont plus importantes. La portée du tir est donc bien plus grande, la vitesse des balles plus élevées ainsi que leur pouvoir de pénétration.

La classification des Gilets Pare-Balles (GPB), au sein des FSI, s’aligne sur les normes américaines du National Institute of Justice (NIJ). L’augmentation de la puissance de feu, qu’elle soit criminelle ou terroriste, fait que de nos jours les GPB de niveau NIJ 2 – qui arrêtaient encore les munitions des armes de poing – sont dépassés. Le standard actuel dans les forces de police et de gendarmerie est désormais le NIJ 3A, qui normalement arrête le .44 Magnum, le .357 Magnum, tous les 9 mm, mais également les calibres 12 et les munitions russes de type 7,62 x 25 (pistolet Tokarev) et 7,62 x 39 (AK-47).

Ces considérations restent cependant générales et concernent, surtout, les GPB lourds renforcés par des plaques balistiques en acier, en céramique, en polyéthylène ou autres composants. Les structures plus légères - ne disposant pas de ces plaques incorporées en insert - n’arrêtent pas les coups des fusils d’assaut. Le principe d’un GPB n’est cependant pas d’arrêter purement et simplement un coup, mais de déformer un projectile tout en dispersant son énergie cinétique sur l’ensemble de la structure de protection. Cette dernière ne pourra quand bien même résister à plusieurs coups aux mêmes endroits.

 

  • Tous les policiers et gendarmes reçoivent un GPB léger (type Verseidag 2005), qui peut se porter discrètement.

  • Les GPB Verseidag GK font partie de tenues de protection en dotation collective. Aux normes NIJ 3A et 3+, ils reçoivent des plaques balistiques devant et derrière et peuvent résister à un tir de Kalashnikov. S’il existe un standard NIJ 4, il va de soi que le poids du GPB augmente de manière sensible avec l’augmentation de la protection.

  • Le bouclier balistique souple (BBS) est un autre équipement de protection permettant d’abriter un policier ou la tête d’une colonne d’assaut. D’une hauteur de 1,30 m et d’une largeur de 65 cm, il pèse environ 8 kg et peut être renforcé d’une plaque balistique, ce qui augmente son poids à 13 kg.


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