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C’est l’heure des décisions

(Pierre) MANENT, « C’est l’heure des décisions », in Le Figaro, 19 novembre 2015.

Article mis en ligne le 9 juin 2018

par Nghia NGUYEN

Le philosophe appelle à des « mesures significatives contre l’ennemi intérieur ». Et s’élève contre le manque de préparation des actions menées en Syrie et en Irak.

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Le carnage de novembre, venant après les massacres de janvier et les meurtres de Toulouse, ne laisse plus de place au doute. Nous sommes en proie à une mortelle défaillance collective, incapables de rien changer à la conduite de notre vie même pour la sauver. Alors que les services de l’Etat s’épuisent pour nous protéger, ils s’en montrent de plus en plus incapables. Le gouvernement perdra les derniers lambeaux de son crédit, et livrera au sort le régime auquel les Français se sont confiés, s’il ne prend pas dans les semaines qui viennent des décisions qui changent les conditions de notre action intérieure et extérieure.

Quelles décisions ? La première de toutes est évidemment l’augmentation massive du budget militaire et des ressources de nos services de sécurité et de renseignement. Tous ces personnels sont soumis depuis des mois et même des années à un régime qui n’est plus tenable. On s’étonne que les différents partis politiques n’aient pas fait une proposition commune en ce sens. Une telle augmentation de nos moyens, et non pas simplement l’annulation des diminutions prévues, s’impose. Cette augmentation de nos moyens ne sera salutaire que si nous en faisons un usage judicieux. L’action diplomatique et militaire en Afrique de l’Ouest a été conduite impeccablement.

On ne saurait dire la même chose sur les autres théâtres d’opérations. Nos forces ont été engagées en Irak et en Syrie avec une désinvolture choquante. Notre action s’y réduit à la mise en scène prétentieuse de moyens bien modestes. Nous nous sommes fort imprudemment déclarés à l’ennemi sans nous mettre en état de lui faire grand mal. Il vient de nous faire beaucoup de mal. Alors que les Etats-Unis laissent aller et que la Turquie poursuit une politique erratique et suspecte, l’Europe se découvre devant la nécessité de rétablir un certain contrôle sur cette région sous peine de se voir aspirer par le tourbillon. Elle a peu de cartes et moins de moyens. Un usage extrêmement judicieux et prudent de ceux qui nous restent est indispensable. Nous n’aurions pas dû convoiter comme un badge d’honneur le titre de « petit Satan ».

Oser déplaire

S’il est nécessaire de brider un certain aventurisme extérieur, il est urgent de prendre enfin des mesures significatives contre ceux que le Premier ministre a désignés depuis longtemps comme l’ennemi intérieur. Ces mesures incluront nécessairement expulsions, déchéances de nationalité, dissolutions d’associations cultuelles et culturelles. Pour avoir l’effet escompté, elles devront toucher un nombre important de personnes coupables ou seulement suspectes.

Ces mesures ne seront acceptables et d’ailleurs vraiment salutaires que si elles sont rigoureusement et étroitement ciblées. S’il faut fermer une mosquée salafiste ou expulser un prédicateur wahhabite, on mettra un point d’honneur à ne pas entraver l’ouverture d’une mosquée dont les fidèles méritent confiance. Ces mesures susciteront le mécontentement de certaines puissances arabo-musulmanes auxquelles nous sommes ordinairement très soucieux de plaire. Il faudra leur déplaire.

Pierre MANENT

 


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