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Passation de commandement sur la BA 709
Article mis en ligne le 8 septembre 2018
dernière modification le 14 septembre 2018

par Nghia NGUYEN

Les colonels Arnaud GARY et Vincent COSTE (source - Sud-Ouest)

 

Jeudi 6 septembre 2018 se déroulait sur la Base aérienne 709 Commandant Ménard de Cognac-Châteaubernard la passation de commandement du Colonel Vincent COSTE dont le nom restera attaché à la mise en place de la Formation Modernisée et Entraînement Différencié des Équipages de Chasse (FOMEDEC). Parmi les nombreux invités, étaient présents M. Patrick MARCUZZI, Proviseur du Lycée Jean Monnet et Nathalie MARC, Principale du collège Claude Boucher.

Le programme FOMEDEC

FOMEDEC est un programme qui vise à rationaliser et à rendre plus performant la formation des pilotes de chasse. Supprimer les échecs d’une formation longue et coûteuse, en réduire la durée, mettre en place de nouveaux critères de sélection davantage tournés vers la détection et la mise en valeur des qualités individuelles des futurs pilotes (1), telles sont les grandes articulations de FOMEDEC s’inspirant de ce qui se fait outre-Atlantique en la matière.

Plus concrètement, le programme s’appuie sur le déploiement de nouveaux appareils d’instruction - les Pilatus PC-21 – dont les deux premiers exemplaires sont arrivés sur la BA 709 dans la dernière semaine du mois d’août. Appareil récent dont le premier vol a été effectué en 2002, conçu et fabriqué par la firme suisse Pilatus Aircraft, le PC-21 est déjà en service dans plusieurs armées de l’air. Motorisé par le canadien Pratt & Withney, doté d’un turbopropulseur, l’ensemble étant couplé à une hélice à 5 pales, le Pilatus PC-21 vole jusqu’à 685 km/h à une altitude maximale de 11 600 m. Sa vitesse ascensionnelle est de 1219 m/mn contre les 550 m/mn du SOCATA TB-30 Epsilon qu’il va bientôt remplacer.

Surtout, le PC-21 dispose d’un habitacle biplace qui tient davantage d’un avion de combat à réaction. Conçue pour résister aux impacts aviaires, sa verrière abrite un cockpit pressurisé avec un générateur d’oxygène intégré, un double siège éjectable de type zéro-zéro (2), et un système anti-G. Les commandes essentielles sont concentrées sur le manche (système Hands On Throttle And Stick dit HOTAS), et l’environnement du pilote reproduit celui d’un Rafale ou d’un F-18 Hornet (3). Une telle conception permet au PC-21 de reproduire les sensations d’un avion de chasse à réaction. Quant à son avionique, elle accélère incontestablement la formation des élèves pilotes : ces derniers étant – dès l’école – davantage familiarisés avec les différents systèmes informatiques qu’ils retrouveront non seulement sur les Rafales Air ou Marine mais aussi sur les avions transporteurs de dernière génération (A400M Atlas et C-130J Super Hercules).

 

Pilatus PC-21

 

FOMEDEC induit aussi une transformation structurelle de la BA 709, que prend en charge le groupe britannique Babcock. Au programme, on trouvera la modernisation numérique des infrastructures, la réorganisation de l’espace aérien du fait des performances supérieures du PC-21, celle des hangars, la rénovation des pistes, l’accueil de nouveaux simulateurs. Deux d’entre eux ont déjà été installés ces derniers mois. Se présentant comme des cabines montées sur vérins, ils sont enfermés dans des « boules » permettant une simulation sur 360°. Devant à la fois permettre le perfectionnement des élèves pilotes tout en économisant les heures de vol, ces simulateurs peuvent interagir avec les PC-21 et réciproquement.

C’est donc un système véritablement innovant qui se met en place en cette fin d’année 2018, dans lequel les futurs pilotes de chasse français pourront s’entraîner au pilotage mais aussi à des exercices de combat - tirs canon, tirs missiles, largages de bombes... - en simulateur ou en mode simulation à bord des avions. Le PC-21 remplacera donc à terme l’Epsilon, le Grob et l’Alpha Jet. Les deux premiers seront définitivement retirés du service actif en juin 2019. Quant à l’École de chasse - actuellement basée à Tours -, elle viendra s’installer prochainement sur le site de la BA 709 troquant à cette occasion ses Alpha Jet pour des PC-21.

Plus qu’une base école

La BA 709 n’est donc plus seulement une base école dédiée à la seule formation générale des pilotes comme c’était le cas jusqu’à présent. Désormais tous les futurs pilotes de chasse (la première promotion devant s’installer en mai 2019) y achèveront leur spécialisation avant de partir en unité.

Plus encore, la base accueille depuis 2010 l’Escadron de drones 1/33 Belfort : une unité opérationnelle qui, elle aussi, monte en puissance. C’est sur le site de la BA 709 que l’on trouvera, en effet, les infrastructures permettant à nos drones d’opérer dans le monde entier quand bien même l’actuelle doctrine privilégie l’immersion des pilotes de drones (4) sur – ou à proximité - du théâtre d’opération. Si l’essentiel de notre flotte de drones est actuellement en opération au sein du dispositif Barkhane, un drone reste présent sur la BA. Depuis le début de l’année 2018, les drones Harfang ont laissé la place à des drones General Atomics MQ-9 Reaper. 6 nouveaux Reaper devraient arriver en 2019. Ils seront tous au standard Block V c’est-à-dire la version de l’appareil capable d’emporter et d’utiliser des armements, le pas étant désormais franchi au sein de l’Armée de l’Air. C’est le Lieutenant-colonel Romain DESJARS de KERANROUË qui, à l’occasion de la prise de commandement du Colonel Arnaud GARY, a pris aussi le commandement de l’Escadron de drones.

 

 

C’est donc en ce 80e anniversaire de l’installation de la base à Cognac-Châteaubernard que le Colonel COSTE quitte ses fonctions, ayant posé le socle d’une véritable rénovation avant d’aller rejoindre l’État-Major des Armées (EMA) à Paris. Son successeur ne manque pas d’atouts pour poursuivre le programme FOMEDEC. Officier dans l’ordre de la Légion d’Honneur, le Colonel Arnaud GARY fut d’abord un pilote expérimenté à bord du SEPECAT Jaguar et du Mirage 2000 D totalisant plus de 2500 heures de vol. Il a également à son actif 124 missions de guerre au-dessus de l’ex-Yougoslavie et de l’Afghanistan mais aussi dans le ciel libyen. Familier des OPEX, le nouveau commandant de la BA 709 est également un grand connaisseur de la plus puissante armée de l’air actuelle, ayant récemment séjourné deux années aux États-Unis où il a travaillé au sein du Strategic Studies Group du Chef d’État-major de l’US Air Force...

C’est donc une très belle cérémonie qui s’est tenue ce jeudi en présence du Major général de l’Armée de l’Air, le Général Olivier TAPREST, du Préfet de la Charente, Marie LAJUS, du député Sandra MARSAUD, du Maire de Châteaubernard, Pierre-Yves BRIAND entre autres invités. À l’issue d’une remise de distinctions, le défilé militaire - accompagné par la Musique de l’Air - fut survolé à basse altitude par une escadrille de 4 Epsilon. Un Rafale Air ainsi qu’un Mirage 2000 D opérèrent également un survol en guise d’adieu au Colonel COSTE.

__________

  1. Ce que l’Armée de l’Air appelle « la formation par le succès et par l’individualisation ».
  2. Se dit de modèle de sièges éjectables capables d’être déclenchés au sol, à l’arrêt ou sous l’eau pour les pilotes de l’aéronavale en cas d’accident ou de raté d’un catapultage.
  3. De conception numérique, l’environnement du PC-21 intègre de nombreux équipements électroniques dont un HUD (Head-Up Display) et un UPFC (Up Panel Front Control).
  4. On parlera de « pilotes déportés » car pilotant du sol sans être directement installés dans un cockpit.

Mirage 2000 D et SOCATA TB-30 Epsilon

 


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