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Yves MAMOU, Le grand abandon
Article mis en ligne le 19 novembre 2018

par Nghia NGUYEN

 

Le grand abandon de Yves MAMOU est une étude fouillée de la société française par le haut, c’est-à-dire à travers ses élites politiques, économiques, culturelles et leurs représentations institutionnelles. Pour le journaliste, celles-ci ont pratiqué (et continue de le faire) une politique islamophile systématique dont les conséquences, de nos jours, menacent directement la cohésion de la Nation. Alors que les conflits reflètent en général des frontières qui se cherchent entre des communautés coexistant de fait, nous assistons en France à la construction artificielle d’une nation islamique aux côtés de la Nation française. C’est cette juxtaposition des deux nations qui, aujourd’hui, risque de faire exploser le pays, et que dénonce Yves MAMOU.

Une politique globale et préméditée

Le grand abandon c’est celui du peuple français et de son héritage culturel par ses élites, que ce soit au nom de la « solidarité », de la promotion de la « diversité » elle-même produit d’un soi-disant idéal de « tolérance » ou d’une « paix sociale » à acheter. Quelles sont ces élites que M. MAMOU a suivi durant des années à travers leurs politiques, leurs discours, et les faits d’actualités ? La largeur du spectre impressionne, l’auteur ayant interrogé les partis politiques, les grands corps de l’État, la Magistrature, les lobbies, l’Éducation nationale, les médias, la sphère économique… D’aucuns y verraient peut-être une démarche conspirationniste, si ce n’est que les faits rapportés sont d’une grande diversité, sourcés, référencés et aisément vérifiables. Beaucoup sont, par ailleurs, connus depuis longtemps et nullement remis en cause.

Ce Grand abandon trouve aujourd’hui son écho dans le fossé abyssal qui se creuse entre les élites et le peuple. Les baromètres de confiance du CEVIPOF n’en sont finalement qu’une expression statistique, qui se confirme d’année en année avec l’immigration comme point de cristallisation des rejets, ainsi qu’un dégoût qui va bien au-delà du vote Marine LE PEN et rejette les soi-disant bienfaits économiques de cette immigration. C’est que cette dernière – essentiellement musulmane - met en péril la société en remettant en cause le principe même de laïcité. Encouragée et favorisée sur la durée par diverses politiques économiques, sociales et culturelles, elle a permis l’émergence d’une véritable contre-société musulmane sur le territoire français.

Le plus grave réside, cependant, dans une véritable entreprise d’islamisation des esprits que M. MAMOU appelle la « réinitialisation des consciences ». Il dégage ainsi une tendance de fond dont l’islamo-gauchisme d’un Edwy PLENEL n’est que la crête d’écume. Analysant les arrêts du Conseil d’État, l’auteur montre combien cette institution demeure sensible aux revendications identitaires de la communauté musulmane du voile islamique à la polygamie en passant par l’affaire des menus sans porc dans les cantines scolaires, du burkini et de bien d’autres exemples. Il pointe également l’aveuglement idéologique d’institutions tels que l’Observatoire de la Laïcité présidé par le socialiste Jean-Louis BIANCO, ainsi que la complaisance du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, qui ont fini par vider de sa substance le concept de laïcité républicaine au profit de l’Islam.

La responsabilité des partis politiques dans la destruction de la Laïcité est immense à commencer par ceux de gauche, notamment le Parti socialiste. En relation avec l’ancienne élue PS Céline PINA, Yves MAMOU montre que l’antiracisme au PS n’est qu’une pétition de principe destinée, en fait, à occulter une idéologie particulièrement favorable à l’Islam. Celles et ceux osant critiquer en interne, comme en externe, ce dernier sont rapidement stigmatisés comme étant « islamophobes », « racistes » ou alliés objectifs du FN/RN.

Cette instrumentalisation de la religion musulmane par la gauche n’épargne pas non plus une droite inhibée par la menace permanente d’accusation de xénophobie, et jusqu’au FN/RN que l’auteur n’épargne pas. En effet, le parti de Jean-Marie puis de Marine LE PEN a indirectement contribué à la montée de l’Islam en France par la contre-productivité de sa rhétorique et le rôle de repoussoir qu’il a joué et continue de jouer. L’Église, quant à elle, est accusée de tenir un discours systématique en faveur des migrants (en grande majorité musulmans), qui désarme ses propres fidèles en les enfermant dans une culpabilisation permanente. Distinguant le pontificat de Benoît XVI sur la question, M. MAMOU met aussi en exergue le fait que les différents papes ont, de fait, accepté que les racines chrétiennes de la civilisation européenne s’effacent au sein de la nouvelle Europe.

La menace d’une guerre civile

La situation est d’autant plus grave qu’elle a installée au cœur de la société française une véritable dictature de la pensée qui – après la Laïcité – vide de sa substance notre Démocratie. Yves MAMOU met ainsi en évidence l’indignation à géométrie variable de nos élites lorsque le syndicat SUD Éducation introduit par exemple la notion de « racisés » dans le débat publique, et qu’il promeut des stages de « non-mixité raciale »… Il en est de même à l’endroit des excès des rappeurs Nick CONRAD ou Médine, etc. Inversement, des personnalités comme Éric ZEMMOUR ou Georges BENSOUSSAN sont juridiquement exposées lorsqu’elles émettent des critiques objectives à l’encontre de l’Islam.

Enfermer l’homme blanc dans la culpabilité devient habituel dans notre environnement politico-culturel. Désirant justifier les programmes des chaînes publiques en 2015, la présidente de France Télévisions, Delphine ERNOTTE, affirmait que lesdits programmes reflétaient « une télévision d’hommes blancs de plus de 50 ans » signifiant par là qu’il fallait introduire davantage de « diversité » dans les représentations culturelles (1). En 2018, les services du Premier Ministre relayés par ceux de l’Éducation nationale présentaient un clip contre le harcèlement sexuel à l’École dans lequel l’agresseur était un jeune blanc et son dénonciateur un jeune noir (cf. infra).

M. MAMOU démontre ainsi que l’antiracisme n’est plus une vertu de nos jours ; qu’il est surtout devenu une stratégie destinée à museler, à désarmer et à neutraliser les esprits face à l’Islam. Une stratégie dont l’arme la plus efficace est l’accusation d’« islamophobie » qui sous-entend immédiatement le racisme supposé de l’accusé (2). Le discours diversitaire n’a ainsi pas pour objectif de lutter contre le racisme, mais de substituer à ce dernier une autre intolérance, voire un autre racisme mais à front inversé cette fois.

Le grand abandon est une critique sans équivoque de la trahison des élites françaises envers la Laïcité et le peuple français. Une trahison qui ouvre un boulevard à un multiculturalisme dissolvant, et expose l’ensemble de la société à un dangereux communautarisme musulman. Cette orientation politique et culturelle en faveur de l’Islam - systématique depuis des décennies - a, in fine, créé une véritable nation islamique qui est aujourd’hui une entrave à la Nation française. Pire, cette nation dans la Nation est encouragée par des élites qui, elles, ne veulent plus faire nation se coupant ainsi d’une partie du peuple. Et l’auteur du livre de démontrer, sans annoncer quoi que ce soit, que le préalable essentiel à une guerre civile est déjà en place à savoir une fracturation rédhibitoire au sein de notre société.

On ne pourra pas accuser Yves MAMOU - dont l’ouvrage est préfacé par Pierre-André TAGUIEFF - de collusion avec l’extrême-droite ni d’être représentatif de la « fachosphère ». Ancien journaliste du quotidien Le Monde, il a aussi été un collaborateur des journaux Libération, La Tribune et Le Canard enchaîné. Son livre s’inscrira dans une réflexion déjà menée par Alain FINKIELKRAUT, Georges BENSOUSSAN, Barbara LEFEBVRE et de bien d’autres qui décrivent – à juste titre – l’Islam comme étant le moteur de l’antisémitisme contemporain (le « nouvel antisémitisme »). On aurait cependant tort de réduire le point de vue de Yves MAMOU à celui de la communauté juive de France, si l’on comprend que c’est l’ensemble de la société française qui, aujourd’hui, est au bord du chaos (3).

 

 

  1. Invitée de Jean-Pierre ELKABBACH sur Europe 1 le mercredi 23 septembre 2015.
  2. On rappellera ainsi que l’Islam est une confession religieuse et non une race au sens biologique du terme. Vouloir donner à cette religion un caractère racial reviendrait à reprendre le raisonnement des nazis à l’endroit des Juifs…
  3. Le jeudi 4 octobre 2018, Gérard COLLOMB, Ministre de l’Intérieur, remettait sa démission au Premier Ministre Édouard PHILIPPE. À cette occasion, il prononça un discours où, affirmant son pessimisme devant « une situation très dégradée », il redoutait le pire dans un avenir proche : « Aujourd’hui, on vit côte à côte, je crains que demain on puisse vivre face à face. » Cette périphrase émane d’une personnalité représentative, selon Yves MAMOU, de ces élites islamophiles. Élu socialiste de premier plan, M. COLLOMB a été le mentor politique de Najat VALLAUD-BEKACEM. Rallié à Emmanuel MACRON – un autre adversaire affirmé du nationalisme -, il abandonne sa fonction ministérielle après un bilan mitigé, non sans annoncer l’imminence d’une guerre civile.

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  • MAMOU (Yves), Le grand abandon. Les élites françaises et l’islamisme, L’Artilleur, 2018, 576 p.

 


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