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11 novembre 2011
Article mis en ligne le 12 janvier 2017
dernière modification le 29 mars 2018

par Nghia NGUYEN

 

Emma, Ufkun, Clara, Alexis, élèves de la 2nde 6. Sébastian et Aleksander élèves de la Terminale S2. Entourés de délégations officielles et en présence d’élus et de représentants des administrations, ces six adolescents ont représenté le Lycée Galilée de Combs-la-Ville (Seine-et-Marne) lors de la commémoration du 11 septembre 2011. Les lycéens ont déposé une gerbe de fleurs aux pieds du soldat français sculpté par Paul Landowski (rue Sommeville) avant de s’incliner. D’une tenue exemplaire, ils ont bravé le froid durant plus d’une heure, affirmant par leur présence le lien intergénérationnel ainsi que l’indispensable souvenir qui donne sens à l’histoire de notre pays.

Le 11 novembre 1918 : la fin d’une guerre

Le 11 novembre 1918, dans la forêt de Compiègne, à Rethondes, le Ministre allemand Matthias ERZBERGER - représentant la toute jeune République allemande de Weimar - et le Généralissime Ferdinand FOCH signaient l’armistice qui mettait fin à la Première Guerre mondiale. Un conflit dont les destructions humaines, morales et matérielles furent sans commune mesure avec les guerres précédentes.

Par son extension géographique – quand bien même les théâtres d’opérations furent-ils essentiellement européens -, par sa dimension industrielle et l’acharnement des combats, la Première Guerre mondiale fut la matrice de ce que le Général Erich LUDENDORFF devait bientôt appeler une « guerre totale ». Dans cette guerre d’un type à la fois ancien et nouveau, préfigurant le déchaînement hors-normes de ce que sera la prochaine guerre mondiale, la France a particulièrement souffert. Sur les 10 millions de morts et les 8 millions d’invalides qu’a fait le conflit, notre pays a perdu 1 400 000 jeunes hommes sans parler des mutilés : les « gueules cassées » de l’après-guerre.

Dans les années qui suivirent la fin du conflit, la France se couvrit de monuments aux morts, quasiment un par commune. L’ossuaire de Douaumont - non loin de la ville de Verdun - reste encore de nos jours le lieu témoin le plus symbolique de ce que fut cette hécatombe humaine. La quasi-totalité des communes françaises furent touchées par la terrible saignée, et ce sont 10% de notre population masculine qui disparurent en 1918.

Les combats les plus violents eurent lieu sur le front Ouest, dans la partie nord-est du territoire français. Les destructions matérielles furent immenses. Villes, voies de communications, mines, infrastructures industrielles, terres agricoles, furent en grande partie dévastées. Des villages entiers disparurent des cartes, et jusqu’à nos jours se pose encore le problème du déminage et de la neutralisation d’anciennes munitions dans ces régions. Le 11 novembre 1918 marque donc la fin de cette catastrophe pour l’humanité européenne.

Une date marquante dans la mémoire collective des Français

À bien des égards, la Première Guerre mondiale marque la fin d’une époque et l’entrée de l’Europe et du Monde dans le XXe siècle. L’ampleur du sacrifice consenti appelle rapidement une volonté de commémoration et de refus de l’oubli. Dans l’immédiat après-guerre, il n’y a cependant pas de date particulièrement arrêtée pour rappeler le souvenir de tant de morts. Les hommages se confondent entre la fête nationale du 14 juillet, la fête de la Toussaint et le 11 novembre. C’est que la France est un pays profondément traumatisé, où la douleur et le spectacle des invalides est alors permanent. Vétérans et blessés de guerre sont visibles partout et dans toutes les couches de la société. Ils se rassemblent dans d’importantes associations d’anciens combattants, qui demandent un hommage désormais officiel et spécifique à cette guerre.

L’idée d’un hommage rendu à un « soldat inconnu », symbole de la masse héroïque des combattants et du sacrifice militaire, naît durant la guerre même. En novembre 1916, Frédéric SIMON, Président du Souvenir Français de la ville de Rennes, en fait la proposition pour la première fois. Il faut cependant attendre 1920 pour qu’une loi décide d’un hommage national à ce soldat inconnu, ainsi que la translation de ses restes du Panthéon à l’Arc de Triomphe. Désormais, se mettent en place les éléments de ce qui devait devenir une tradition jusqu’à nos jours. L’inhumation définitive du soldat inconnu sous la voûte de l’Arc de Triomphe a lieu en janvier 1921. En octobre 1922, la date du 11 novembre devient une véritable fête nationale. En novembre de l’année suivante la Flamme du Souvenir est allumée pour la première fois par le Ministre André MAGINOT.

 

 

Le 11 novembre hier, aujourd’hui et demain

Date anniversaire qui marque durablement la mémoire collective de la France dès l’entre-deux-guerre, le 11 novembre connaît une évolution qui va en élargir la portée symbolique. Si la souffrance et les sacrifices des générations de 1914-1918 demeurent au premier plan, dès 1940 la fête nationale se transforme en symbole de résistance à l’occupant et au Nazisme. La Libération accentue cette tendance. Désormais, le 11 novembre remplit une fonction davantage mémorielle qu’historique au sens strict, et le jour se voit associer à de grands événements de notre Histoire n’ayant pas forcément de rapports directs avec la Grande Guerre (1).

En 2009, pour la première fois, l’Allemagne fut associée à la commémoration du 11 novembre en la personne de sa Chancelière -Angela MERKEL -, accueillie et accompagnée par le Président de la République, Nicolas SARKOZY. 46 élèves du Lycée Galilée étaient alors présents dans la foule, autour de leur Proviseure, Madame Marie-Martine SALLES. Dans un discours solennel, Mme MERKEL reconnut les fautes du nationalisme allemand. « Les Français pendant cinquante ans ont beaucoup souffert à cause des Allemands. Nous commémorons aujourd’hui la fin d’une terrible guerre qui a apporté une souffrance incommensurable. Je m’incline devant toutes les victimes » a t-elle dit. « Je sais que ce qui s’est passé ne peut pas être effacé. Cependant il y a une force qui peut nous aider à supporter ce qui s’est passé. Cette force, c’est la réconciliation. » Mme Merkel poursuivit sur les menaces contemporaines, laissant entendre qu’au moment où elle parlait soldats français et allemands étaient frères d’armes en Afghanistan, et qu’ils couraient les mêmes risques. Ce 11 novembre 2009 fut ainsi un symbole d’unité et de fraternité où « l’amour de son pays ne devait plus conduire à la haine de l’autre » (2).

D’ores et déjà le 11 novembre entre dans le XXIe siècle avec la disparition des derniers témoins et acteurs de la période. Le dernier « poilu », Lazare PONTICELLI, est ainsi décédé le 12 mars 2008. Le dernier « tommy », Harry PATCH, s’en est allé en juillet 2009, ainsi que le dernier Gi, Frank BUCKLES le 27 février 2011 (3). La commémoration du 11 novembre est-elle désormais devenue sans objet ? Le penser serait oublier que l’Histoire comme la Vie ne sont pas des « tables rases du passé ». Qu’elles sont héritages fondateurs d’une filiation qui nous précède et nous transcende.

En ce vendredi 11 novembre 2011, c’était le sens qu’il fallait donner à la présence des lycéens de Galilée qui renouvelaient l’hommage de leurs aînés de 2009. Au-delà des noms lus sur les stèles du monument de Paul Landowski, c’était un hommage désormais rendus à tous les soldats morts pour la France, et non plus exclusivement à ceux tués durant la Première Guerre mondiale. Le courage et le sacrifice militaires étaient reconnus comme des valeurs universelles transcendant les périodes et les conflits, faisant désormais du 11 novembre une commémoration d’hier et d’aujourd’hui : un hommage plus que jamais vivant, ancré dans l’Histoire mais regardant aussi les sacrifices du présent (4).

 

 

  1. En 1989 l’association a été faite avec la Révolution française.
  2. Extrait du discours du Président Nicolas SARKOZY.
  3. En fait, le tout dernier combattant de la Première Guerre mondiale est Charles CHOULES qui meurt le 4 mai 2011 en Australie. Il avait servi dans la Royal Navy.
  4. Le 11 novembre 2011 fut marqué au plan national par l’hommage rendu par le Président de la République aux soldats tombés en OPEX, plus particulièrement ceux tués en Afghanistan. La loi du 28 février 2012 étendra officiellement l’hommage du 11 novembre à tous les soldats français morts dans toutes les guerres.

__________

Références

  • Dominique DELORT, « 11 novembre : commémoration de tous les morts pour la France ! », in La Saint-Cyrienne, 22 mai 2011.
  • Charles JAIGU, « 11 novembre, memorial day à la française », in Le Figaro, 11 novembre 2011.


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