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Ghadir et Corsair USV (juillet 2026)
Article mis en ligne le 16 juillet 2026
dernière modification le 8 septembre 2026

par Nghia NGUYEN

Sous-marins de poche Ghadir dans la base navale de Bandar Abbas le 8 août 2010 (sources - AFP/Vahidreza Alali)

 

D’une longueur de 29 mètres et 3 de large, les sous-marins de la classe Ghadir sont représentatifs de cette flotte sous-marine spécifique, particulièrement adaptée aux eaux peu profondes du Golfe Persique (90 m de profondeur maximale), que l’Iran a développé. Lancés dans les années 2000, les Ghadir sont des sous-marins de poche diesel-électrique armés par un équipage de 7 marins. Si leurs caractéristiques techniques sont mal connues, ce sont des bâtiments filant à 10 nœuds en surface et pouvant tirer des torpilles lourdes de 533 mm ainsi que des missiles de croisière à partir de leurs deux tubes lance-torpilles. Ils peuvent aussi mouiller des mines navales : une arme également très adaptée à l’environnement géographique du Golfe Persique. Petits, d’une autonomie limitée mais maniables dans un environnement contraint, les sous-marins de la classe Ghadir sont des menaces à ne pas sous-estimer.

Avant l’opération Epic Fury (28 février 2026), la flotte de Ghadir était estimée entre 16 et 20 unités. Aujourd’hui, le nombre d’unités encore opérationnelles est inconnu mais il est vraisemblable que dans leur grande majorité elles aient été coulées par l’US Navy. Quant aux rares sous-marins encore en service, ils sont traqués et détruits comme le montre l’attaque du dimanche 12 juillet 2026 où un Ghadir a été détruit dans la base navale de Bandar Abbas. Située à l’entrée du détroit d’Ormuz dont elle en est la gardienne, la base de Bandar Abbas a déjà subi d’importantes frappes et plusieurs bâtiments de la Marine iranienne ont été coulés à quai.

Alors que se développe désormais une véritable bataille pour le détroit d’Ormuz, les frappes américaines se poursuivent sur ce point névralgique. Posé en cale sèche sur un portique, le sous-marin Ghadir détruit ce dimanche était particulièrement visible et vulnérable. C’est cependant le moyen utilisé pour le neutraliser qui est intéressant. Pour la première fois, les Américains ont utilisé un navire robot Corsair qui a anéanti le sous-marin mais aussi l’infrastructure sur laquelle il se trouvait.

Inspiré du Sea Baby ukrainien en Mer Noire, le Corsair est un drone naval de surface (Unmanned Surface Vessel ou USV) fabriqué par la firme texane Saronic Technologies. D’une longueur de 7,3 mètres, le Corsair peut être facilement déployé de la terre comme en pleine mer. Pouvant atteindre une vitesse de 35 nœuds, il emporte une charge utile de 450 kg sur un rayon d’action de 1000 nautiques. L’engin peut être affecté à des missions de renseignement comme de surveillance et d’attaque. Lors de la destruction d’un AH-64 Apache par les Iraniens au-dessus du détroit (lundi 8 juin 2026), c’est un Corsair de la Task Force 59 qui a repéré et récupéré l’équipage de l’hélicoptère abattu. C’est donc un drone naval polyvalent, déjà opérationnel, produit en série et combat proven que les Américains déploient désormais dans le Golfe Persique. Nul doute que les RETEX des engagements du Corsair sont d’emblée scrutés dans la perspective d’une confrontation sur le théâtre Indo-Pacifique.

 

USV Corsair (source - Saronic Technologies)

 

Le US CENTCOM a diffusé la vidéo montrant l’attaque menée par un USV Corsair le dimanche 12 juillet 2026 (source - Defense update)