Depuis 2024, le Ministère de l’Éducation nationale réalise un effort de visibilité inédit en matière d’Éducation à la Défense. La situation internationale avec une guerre aux portes de l’Union européenne et sur l’autre rive de la Méditerranée, l’état de déliquescence de la société française ainsi qu’une interrogation fondamentale à l’endroit de sa capacité de résilience expliquent cette prise de conscience bien tardive. Cette dernière a-t-elle cependant les moyens de son ambition ? La multiplication de pages académiques relatives à l’Éducation et à l’enseignement de défense pourrait faire croire à une inflexion majeure dans la culture même de l’École. Dans les faits, ce ne sont que quelques académies qui franchissent le pas, souvent portées par des classes défense qui doivent davantage au Ministère des Armées qu’à l’institution scolaire. Le plus grand nombre des académies demeure encore en retrait. Surtout, l’Éducation à la Défense est toujours noyée dans des thèmes parasites et hybrides (civisme, mémoire, éducation contre les inégalités...) qui l’éloigne de sa spécificité. Le jeu des moteurs de recherche pouvant faire croire à la montée en puissance d’une Éducation à la Défense ne changera pas grand chose aux problèmes de fond, à savoir que l’École rencontre une grande difficulté à disposer des ressources humaines et culturelles pour animer un véritable Esprit de défense.
Article mis en ligne le 10 janvier 2017
dernière modification le 6 novembre 2025
par
Nghia NGUYEN