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L’Édit de Nantes (1598)
Article mis en ligne le 20 décembre 2017
dernière modification le 26 avril 2025

par Nghia NGUYEN

Portrait d’Henri IV (détail) par Frans II POURBUS (1569-1622)

 

Le 30 avril 1598, le Roi de France Henri IV (1553-1589-1614) signe l’Édit de Nantes. Cet important acte politique a longtemps été considéré comme un geste de tolérance envers les Protestants à qui il accordait, effectivement, la liberté de conscience comme celle de l’exercice public de leur culte. 151 places fortes à travers le royaume leur étaient également concédées ce qui en faisait un État dans l’État. Cette concession majeure était, cependant, le prix à payer pour la pacification du royaume au terme d’une guerre civile de près de quarante années entre Catholiques et Huguenots.

Si la religion catholique demeure la religion officielle, l’édit reconnaît cependant la coexistence, sur un même pied d’égalité, entre sujets catholiques et sujets protestants. En fait, la brutalité des guerres de religion ne peut être effacée d’un trait de plume, ni les rancoeurs ni le fanatisme qui se sont accumulés de part et d’autre durant des décennies. Henri IV n’a fait qu’imposer l’arbitrage d’une monarchie en quête d’autorité, bien plus qu’il n’a su instaurer un climat de tolérance véritable.

De 1562 à 1598, ce furent huit guerres qui ensanglantèrent le royaume de France. Guerres dites de religion, elles furent surtout politiques compte tenu du caractère intrinsèquement religieux de la monarchie française : la foi des sujets conditionnant leur loyauté ou non au Roi. Premier souverain capétien de la Maison de Bourbon - lui-même de confession protestante à l’origine -, Henri de Navarre s’est donc converti au catholicisme pour pouvoir accéder au trône en 1589. De fait, si les Protestants ne pouvaient plus être ignorés, le royaume demeurait encore majoritairement catholique mais cette majorité ne pouvait espérer la paix civile sans reconnaître officiellement le culte réformé ce dont Henri IV était pleinement conscient lorsqu’il promulgua l’Édit de Nantes. La paix religieuse était, donc, la première étape de la reconstruction de l’État monarchique.

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Bibliographie

  • Cf. BABELON (Jean-Pierre), Henri IV​, Fayard, 2009, 1120 p.
  • Cf. GARRISSON (Janine), L’Édit de Nantes et sa révocation, Seuil, 1987, 309 p.