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Les jeunes, l’engagement militaire et la guerre
Article mis en ligne le 21 mai 2024
dernière modification le 11 juillet 2025

par Nghia NGUYEN

Sociologue et directrice déléguée du CEVIPOF/Sciences Po, Anne MUXEL est une spécialiste de la jeunesse française et de ses évolutions contemporaines. Dans une étude réalisée pour l’IRSEM (1), elle s’intéresse au rapport des 18-25 ans à la guerre et à l’engagement militaire dans le contexte international mais aussi national actuel. Les principaux points révélés par son étude sont les suivants :

  • Les dispositions des jeunes à l’engagement militaire sont réelles en cas de mobilisation dans un conflit de haute intensité.
  • Les jeunes ne se sentent pas coupés de l’Armée nonobstant l’absence de service militaire mais ce lien emprunte différents chemins (famille, école, univers cinématographique et des jeux).
  • Ils ont une perception collective pessimiste de l’avenir dans laquelle la menace d’une guerre reste identifiée quand bien même les enjeux écologiques leur paraissent plus forts.
  • La Deuxième Guerre mondiale reste, pour eux, un cadre de représentation majeur du phénomène guerrier.
  • Les clivages sociaux, culturels et idéologiques continuent de distinguer les orientations selon que l’on soit de CSP+ ou CSP-, de gauche ou de droite, catholiques ou musulmans, diplômés ou non… Les jeunes de gauche ne témoignent cependant plus de l’hostilité des générations précédentes envers l’Armée.
  • Sans être souhaitée, une guerre serait perçue comme «  un élément fédérateur d’une appartenance commune  ».

En tenant compte des précautions d’usage liées à ce genre d’étude, ces différents points paraissent plutôt positifs. Ils n’en demeurent pas moins théoriques et spéculatifs quant à une résilience réelle.

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  1. Cf. MUXEL (Anne), «  Les jeunes et la guerre. Représentations et dispositions à l’engagement  », Étude n° 116, IRSEM, mai 2024, 50 p.