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The Last Ship (2014)

KANE (Steven) et STEINBERG (Hank), The last ship, 2014-2018. Une série en cinq saisons, qui met en vedette un destroyer Arleigh Burke et son équipage.

Article mis en ligne le 7 mai 2025
dernière modification le 30 septembre 2026

par Nghia NGUYEN

The Last Ship - Le dernier navire - est une série américaine créée par Hank STEINBERG et Steven KANE dont la première saison est diffusée en 2014. Elle se prolonge jusqu’en 2018 avec une cinquième et dernière saison.

 

Le commandant Tom Chandler (Eric DANE) et le docteur Rachel Scott (Rhona MITRA)

 

Les saisons

L’histoire nous plonge dans un monde contemporain post-apocalyptique que parcourt un destroyer de l’US Navy : le USS Nathan James DDG-151. Le bâtiment de guerre est commandé par le commander (1) Thomas Chandler assisté de son commandant en second : le commander Mike Slattery. Le scénario est d’autant plus intéressant qu’il précède de quelques années l’épidémie mondiale de COVID-19 qu’il projette, certes, de manière beaucoup plus catastrophiste.

Le USS Nathan James est ainsi envoyé en soutien d’une mission scientifique en Arctique. Il emmène à son bord un laboratoire dirigé par le docteur Rachel Scott. Chandler qui ne connaît pas le détail de la mission de Scott se méfie d’elle d’autant plus que cette mission lui impose de ne pas communiquer et de rester isolé pendant plusieurs mois. D’emblée, les rapports entre les deux personnages sont distants jusqu’à ce qu’une attaque russe inattendue oblige le bâtiment à revenir vers les Etats-Unis.

C’est à ce moment que Chandler et son équipage perçoivent une situation anormale, n’arrivant plus à joindre la chaîne de commandement, et captant des messages laissant entendre que la société telle qu’ils l’avaient connue n’existe plus. C’est qu’entre temps un virus mortel s’est répandu dans le monde entier à très grande vitesse, éradiquant une grande partie de l’humanité. Se présentant comme une fièvre hémorragique extrêmement contagieuse, cette « grippe rouge » a, en quelques mois, transformé la planète. Des guerres ont éclaté, les États ont disparu et ont été remplacés par des entités : gouvernement locaux, cités-États, groupes sectaires et criminels…

Rachel Scott avoue alors que sa mission était effectivement de retrouver la souche originelle du virus, laissant penser que ce dernier aurait été libéré par le dégel du permafrost. Plus que jamais, le USS Nathan James est transformé en laboratoire de recherche mobile où le docteur Scott poursuit ses expériences afin de mettre au point un vaccin contre la grippe rouge. Quant au commandant Chandler, il lui faut dans le même temps pouvoir ravitailler son bâtiment en vivres et carburant, entrer en contact avec ce qu’il reste d’autorités politiques, et surtout expliquer à l’ensemble de son équipage une situation complètement nouvelle dans laquelle de nombreuses familles de ses marins ont déjà péri.

Tout devient désormais course contre la montre dans un monde complètement disloqué où le destroyer américain est pris en chasse par le croiseur lance-missiles russe Kirov dont le commandant, ancien vice-amiral de la Flotte du Nord, cherche à mettre la main sur le docteur Scott et ses travaux… Si cette dernière parvient finalement à aller au-delà d’un simple vaccin, mettant au point un véritable remède, l’histoire ne s’arrête pas là. Ce succès suscite toutes les convoitises dans un monde complètement disloqué où différents groupes tentent de mettre la main sur le remède afin d’en faire soit un moyen de contrôle des populations survivantes (saison 4), soit d’établir un pouvoir personnel voire de créer une société totalitaire à commencer aux Etats-Unis (saisons 2 et 3).

Protégeant le docteur Scott, tout en cherchant à porter assistance aux populations infectées, le commandant Chandler et ses marins tentent de rétablir une forme de légalité en établissant un nouveau président des Etats-Unis en la personne de Jeffrey Michener. Dernier survivant de l’ancien gouvernement légal, Michener joue le jeu mais est assassiné au cours d’un complot orchestré par sa cheffe de cabinet Allison Shaw. Tout en tentant de prendre le contrôle de ce qui reste des Etats-Unis, celle-ci complote également avec le nouveau président chinois, Peng, qui empêche l’introduction en Asie du remède contre la grippe rouge provoquant un nouveau génocide. Shaw et Peng sont ainsi amenés à vouloir se débarrasser de Chandler, devenu entre-temps Chef des opérations navales et homme de confiance de Michener.

 

Le commandant Mike Slattery (Adam BALDWIN)

 

Avec la saison 4, Chandler refait sa vie. Quittant la Marine, il s’occupe désormais de ses enfants et s’est installé en Méditerranée sur une île grecque isolée. Il est cependant rattrapé par les activités mafieuses d’un savant psychopathe, le docteur Paul Vellek (Peter WELLER), dont les travaux visent à hybrider une drogue avec les cultures. C’est que la grippe rouge infecte les plantes du monde entier. Protégée du virus grâce au remède du docteur Scott, l’Humanité est désormais menacée de mourir de faim et la lutte se concentre autour des dernières graines encore saines qu’il faut pouvoir récupérer et sauvegarder. Chandler reprend le commandement du USS Nathan James et affronte Vellek.

Avec la saison 5, on se situe trois années après ces évènements. Chandler et Slattery sont devenus amiraux et travaillent au sein du South Command à Mayport en Floride. L’Armée américaine qui n’est plus que l’ombre d’elle-même subit une attaque aérienne précédée par une cyberattaque qui paralyse les défenses du SOUTHCOM et anéantit ce qui restait de l’orgueilleuse US Navy. Seul le USS Nathan James échappe à la destruction de la flotte. L’attaque, qui rappelle celle de Pearl Harbor en 1941, est menée par le dictateur de la Grande Colombie, Gustavo Barros Tavo. Cette entité, née sur les décombres de l’épidémie de grippe rouge, prend la tête d’une coalition latino-américaine désireuse d’en finir avec les Etats-Unis.

Une série réussie mais une saison 5 décevante

The Last Ship est une série réussie sur les quatre premières saisons. Le spectateur y est très rapidement projeté dans un scénario où action et suspense ne manquent pas. La vie à bord d’un destroyer de l’US Navy est décrite avec les dilemmes liés au commandement d’un équipage de plusieurs centaines d’hommes et de femmes isolés de tout. Les personnages sont attachants et une véritable trame se tisse autour de destins individuels. Sur un second degré, la série met également en scène la confrontation du modèle présidentiel et démocratique américain avec une catastrophe planétaire et face à des adversaires géopolitiques clairement désignés - la Russie, la Chine les États sud-américains -, du moins ce qu’il en reste également.

La série souffre cependant de deux grands défauts : le raté de la dernière saison et le manque de moyens. La saison 5 est décevante à la fois dans son scénario et sa mise en scène. Un certain simplisme et des fragilités scénaristiques apparaissent ; les personnages principaux ne retrouvent pas le dynamisme des saisons précédentes. Le conflit avec la Grande Colombie ainsi que la surprise stratégique infligée aux Etats-Unis paraissent peu crédibles. La quasi disparition de ce qui fut l’armée la plus puissante du monde l’est également. Désormais ne reste que le USS Nathan James dont on se demande, au fond, comment il parvient encore à se ravitailler, à se réparer et à utiliser ses armements ultra-modernes pour affronter une armée de guérilleros qui semble bien mieux organisée et plus puissante, capable de monter une action commando au coeur même du SOUTHCOM…

À cela s’ajoute un manque de moyens. La saison 5 s’essouffle et ce qui pouvait passer dans les précédents scenarii l’est beaucoup plus difficilement dans les épisodes les plus guerriers de la série où un parallèle peu convaincant est fait avec la Deuxième Guerre mondiale (attaque de Pearl Harbor et débarquement du 6 juin). L’attaque de la base navale de Mayport comme l’utilisation d’un seul hélicoptère UH-1 Huey (qui apparaît comme étant le seul hélicoptère restant de toute l’armée américaine…) en dit long sur le petit budget de la production. Il en est de même pour la scène du débarquement.

Un destroyer Arleigh Burke en vedette

En fait, et au-delà du commandant Tom Chandler et des principaux protagonistes, le point focal de la série demeure le bâtiment de guerre lui-même à savoir le destroyer USS Nathan James. Parcourant le monde qu’il sauve à plusieurs reprises, ce puissant bâtiment de guerre est à la fois un refuge et une formidable ressource permettant à son équipage de se protéger, de survivre, de porter secours et d’agir efficacement.

La série met ainsi en scène des combats en mer et à terre contre un croiseur russe (saison 1), un SNA britannique Astute (saison 2), des pirates et des destroyers chinois (saison 3), des frégates grecques Hydra (saison 4), des corvettes colombiennes et un cuirassé de la classe Iowa (saison 5)… Les combats navals sont autant d’occasions de montrer la puissance de feu d’un destroyer Arleigh Burke : du canon de 127 mm aux missiles SM-3 en passant par les canons mitrailleurs de 25 mm et les CIWS. Dans la saison 4, une frégate Hydra est torpillée par le Nathan James. Les capacités de furtivité, de guerre électronique et de défense à partir du système Aegis sont également mises en scène, et le centre des opérations du destroyer devient un lieu familier d’épisode en épisode.

Le destroyer USS Nathan James DDG-151 n’a cependant jamais réellement existé. Pour les besoins de la série, l’US Navy a prêté deux de ses bâtiments pour « faire vivre » le Nathan James : le USS Halsey DDG-97 et le USS Dewey DDG-105. Le premier, dont la devise est « Hit Hard ! Hit Fast ! Hit Often ! », a essentiellement tenu le rôle du destroyer à la mer lui donnant le profil d’un Arleigh Burke Flight IIA (reconnaissable notamment à son hangar hélicoptère) (2).

Qu’est-ce qu’un destroyer Arleigh Burke ?

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  1. Cf. Équivalent du grade de capitaine de frégate (lieutenant-colonel) dans la Marine nationale.
  2. Cf. Pourtant, et comme cela a été souligné supra, les hélicoptères, du fait du coût de l’heure de vol, sont l’un des grands points faibles de la série. Normalement, un Arleigh Burke Flight IIA embarque deux hélicoptères SH-60 Seahawk. Or, ce n’est que dans la saison 1 seulement qu’apparaît un de ses hélicoptères. Par la suite le seul appareil militaire accompagnant le bâtiment est un vieux UH-1 Huey.